‹ La seconde jeunesse: comédie en quatre actes et en proseChapitre 63 sur 88 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

ment^ il y a cette maudite réalité qui vient à chaque instant troubler les romans les mieux arrangés.

LIRMAY.

Qtoe voulez-vous dire ?

ROBERT^ toujours souriant et trës-amicalement.

Je laisse de côté la morale prêcheuse. Vous êtes amoureux, c'est votre affaire ! . . . Mais entre nous, cher beau-père. . . il y a daûs la vie des questions matérielles... auxquelles il faut toujours en arriver. Répondez-moi franchement... si, entraîné par une passion invincible, je dissipais ma fortune et celle de votre fille, quel serait votre devoir... hein?... Dé me faire séparer de biens... de me donner un joli conseil judiciaire.

LIRMAY, devenant sérieux.

Ah çàl Robert, VOUS oubliez à qui vous parlez!... Mais moi, j'agirais comme père et comme chef de famille.

ROBERT

Je ne Toublie pas... Mais enfin, si vous êtes père de famille je le serai bientôt, moi ; cela m'oblige à sauvegarder nos intérêts communs... et j'en veux causer avec vous.

• LIRMAY.

Nos intérêts communs?.. Vous avez reçu une dot.«. Je ne vous dois rien que je sache.

ROBERT^ d'un ton plaisant.

C'est vrai!... Seulement, il y à une chose qui vous échappe... A l'heure qu'il est, moi, je redois à votre succès-» sion une partie de cette dot.

LIRMAYi

Comment cela?

i08 LÀ SECONDE JEUNESSE

ROBERT

C'est fort clair... J'ai reçu trois cent mille francs^ et si vous vous ruiuez entièrement... je devrai les rendre à vos héritiers... Comprenez-vous? .

LIRMàY^ sévèrement.

Je ne comprends pas encore oii vous voulez en venir... Me demanderiez-vous des comptes^ par hasard?

ROBERT

Dieu m'en garde! ce serait insensé, cher beau-père. Vous avez disposé de ce qui vous appartenait, cela ne regarde personne. Mais entre nous... vous avez le cœur trèsjeune... vous aimerez longtemps... je crois qu'il serait utile de mettre à Tabri... la fortune de ma belle-mère.

L IRMA Y, d'un Ion irrité.

Mettre à l'abri la fortune de votre belle-mère?... Mais vous êtes fou I... Auriez-vous la prétention. .. de me retirer la gestion de mes biens?

ROBERT, soupirant, le sourire sur les lèvres.

S'il le fallait absolument...

LIRMAY. ♦

Quoi 1 vous oseriez me faire un procès scandaleux?

ROBERT

Oh! quelle idée!... Je m'adresse à vous pour arranger cela.

LIRMAY, s'emporlanl.

Comment ! vous me demandez à moi d'abdiquer ma dignité, mon autorité?... que je me mette en tutelle... que je me déshonore?...

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