LIR&IAY
RENÉE
LIRMAY.
Eh bien ! que le malheur retombe sur toi I... Tu me repousses?... Ah ! tu fais bien^car j'allais fuir devant un homme qui me demande raison de ta faute. Je reste> et je lui répondrai.
Monsieur I... Ah ! nous avons bien ce que nous méritons dans cet indigne débat où la honte se rejette de l'un à l'autre... Vous regrettez votre amour, moi je pleure ma vie perdue... Je ne vous accuse pas 1... mais interrogez- vous> et dites si je n'ai pas le droit de vous défendre de consommerina perte par un éelat.
LIRMAY.
Cet éclat> ce n'est pas moi qui l'ai cherché.
RENÉE
Eh bien! laissez moi parler à Jalieji avant vous; qu'il soit préparé... que^ dans la colère^ ni vous ni lui ne laissiez tomber un de ces mots qui tuent. Laissez-moi m'accuser moi-même ; oserezvous me refuser cette grâce ?
LIRMAY.
J'y consens^ voyez-le avant moi ; mais réfléchissez. Renée; si vous restez ici, quoi qu'il arrive, je ne puis me soustraire à cette loi de l'honneur vulgaire : je dois offrir ma vie pour payer ma dette...
RENÉE
Oh I quand Julien m'aura entendue, il ne vous demandera plus rien. Maintenant, je vous en conjure, partez !...
LIRMAY.
C'est votre dernier mot ? ni mes pleurs, ni la pensée que je deviendrai fou de douleur ne peuvent vous toucher ?...
RENÉE, avec amerlume.
Oh ! depuis hier, mes yeux sont dessillés. A présent, je sens ma honte ! Épargnez-moi !
Vous ne m'aimez plus ?
RENÉE
Non.
LIRMAY, d'un ton acerbe.
C'est bien ! que notre sort s'accomplisse. Je reviendrai ; mais, songez-y... si je le tue... c'est vous, vous qui l'aurez
tué ! (Il sort.)
RENÉE, seule.
Mon Dieu! que faire? Comment oserai-je dire à Juli^?.. Il veut me venger !... Ils vont se battre I... Ah ! je dois prévenir ce malheur ! (voyant entrer Julien.) Julien I...