INTRODUCTION
C’est le sort de la plupart des épreuves de laboratoire de se voir reprocher, tôt ou tard, leur manque ou leur excès de spécificité. Dans un domaine où nous nous débattons au milieu d’un fatras d'épreuves concurrentes, parce qu'aucune ne donne satisfaction, la vitesse de sédimentation globulaire est irremplaçable. Elle a en effet toutes les qualités requises pour demeurer ce que FORESTIER appelait, déjà en 1931, « le test sanguin du praticien ». Elle ne réclame ni un appareïillage compliqué, ni des dons de médium pour l’interprétation de ses résultats, et nous avons de plus un recul suffisant pour la juger à sa valeur réelle. La meilleure preuve de cette valeur n'est-elle pas qu’elle a aujourd’hui sa place sur nos feuilles de température aux mêmes titres que les recherches de sucre et d’albumine urinaires.
Or on avait fixé arbitrairement la lecture de son premier chiffre à l’heure suivant la mise au repos du sang dans le tube. Monsieur le Professeur JOSSERAND, dès 1945. signalait que cette façon de faire négligeait délibérément la manière dont se passait le phénomène, pour ne chiffrer souvent que sa terminaison. D’où la méthode, créée par lui, de relever les chiffres de quart d'heure en quart d’heure, méthode dont la plus grande sensibilité a déjà fait ses preuves, grâce à plusieurs travaux réalisés depuis
dix ans.
L’on sait d’autre part l’importance capitale de cette sédimentation globulaire dans la surveillance de lévolution du rhumatisme articulaire aigu. Aussi lorsque le Professeur JOSSERAND nous proposa une « étude comparative des sédimentations au premier quart d'heure et à l’heure dans 14 cas de maladie de Bouillaud », avons-nous accepté sans hésitation, avec, sinon la certitude d’y réussir, du moins celle d'essayer de faire œuvre utile.