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épreuve. Il y a loin, l'expérience l’a maintes fois prouvé, de ce qui se passe in vitro aux phénomènes de la vie, de la veine de la femme enceinte de FARAHEUS au tube d’expérience où nous projetons notre sang. Dans une épreuve où tout est arbitraire, la seule ambition que nous devrons avoir est d’uniformiser nos méthodes de mesure, pour en obtenir des résultats comparables. Et elles sont nombreuses, ces méthodes, depuis celle de WESTERGREEN et son tube capillaire de 30 centimètres dont il fallait contrôler la rigoureuse verticalité, en passant par le petit tube de LINZENMEYER pour revenir enfin au tube de 11 centimètres de long par 6,5 mm. de CÉSARI, dont l’emploi tend de plus en plus à se généraliser et que nous adopterons pour notre part.
Or, que va-t-il se passer dans le tube d’expérience une fois qu’on l’aura rempli d’une colonne de sang citraté de 10 centimètres de hauteur ? les hématies vont se séparer du plasma, et « sédimenter » au fond du tube. Le résultat de notre épreuve sera l’espace en millimètres que parcourra le niveau globulaire dans l'unité de temps, l'heure, en l’espèce. Si nous avons par exemple une colonne de plasma surnageant de 35 millimètres de hauteur, nous dirons que la vitesse de sédimentation horaire est de 35 millimètres ou de 35 %, par rapport aux 100 % que représentent nos 10 centimètres initiaux.
Nous n’aurons pas la prétention d'émettre une théorie personnelle quant au mécanisme physico-chimique du phénomène, qu’il nous suffise de rappeler ici que c’est à l'agrégation des hématies en flocons plus ou moins gros, et à des variations de la viscosité plasmatique que nous devons la plus ou moins grande vitesse de leur chute. Le processus intime de cette agrégation, est encore assez mal
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connu. La plupart des auteurs, parmi lesquels nous citerons MM. JAYLE et BRISSAUD, FRIMBERGER, FARAHEUS et BADIN, s'accordent pour en voir la cause dans un déséquilibre protéique au sein du plasma pathologique. Nous rappellerons plus loin les expériences du Professeur Jos- SERAND quant au parallélisme vitesse de sédimentation taux de fibrinogène, l’augmentation de cete fraction protéique du plasma pouvent confirmer ces théories.
Quoi qu’il en soit, il est une vérité d’expérience irréfutable : les hématies sédimentent beaucoup plus rapidement au sein d’un plasma pathologique que dans un plasma normal. Alors qu’au bout d’une heure, il surnage à peine 8 ou 10 millimètres de plasma physiologique, on aura une colonne plasmatique de 50 ou 69 millimètres chez un pneumonique par exemple. Or quelques auteurs, dont les plus connus sont FUENTE-HITA et BARBIER, avaient pensé que la sédimentation globulaire resterait une épreuve de laboratoire et n’entrerait pas dans la pratique courante tant que son évaluation serait assujettie à ce délai d’une heure. FUENTE-HITA, en inclinant le tube à 45°, BARBIER, en centrifugeant le même tube à 500 tours, peuvent obtenir respectivement en 15 et 10 minutes des résultats comparables aux chiffres horaires.
Intérêt clinique.
Nos connaissances, tout empiriques, ne sont dans le fond pas tellement éloignées des conclusions de GALIEN, qui voyait dans le « Crusta phlogistica sanguinis », c’est-à-dire le plasma surnageant, la cause des maladies alors que nous y voyons, nous, la conséquence. Il semblerait, au premier
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abord que l’anémie soit un facteur important de sédimentations mauvaises. Les hématies, moins nombreuses, tomberont d'autant plus vite et le plasma surnageant sera d'autant plus augmenté que la couche globulaire sera plus mince. L'expérience ne le confirme que pour des anémies déjà importantes, au-dessous de 3.000.000 de globules rouges. Quant aux autres branches de la pathologie, il faut placer au premier rang des triomphes de la vitesse de sédimentation les pneumopathies et le Rhumatisme. Nous savons d'expérience, pour avoir été lyonnais adoptif une huitaine d'années, ce que peut receler pendant l’hiver le poumon lyonnais en fait de germes de bronchites aiguës ou chroniques. Les Médecins le savent aussi, qui ne s’étonnent guère de trouver des vitesses de sédimentation pas toujours bien explicables autrement. Nous pouvons généraliser et dire que toutes les pneumopathies, aiguës ou chroniques, affectent la vitesse de sédimentation, la vogue dont elle jouit dans les sanatoriums en est la meilleure preuve. Quant au rhumatisme, si les processus articulaires aigus inflammatoires provoquent des chutes globulaires impressionnantes, les rhumatismes chroniques se comportent de façon moins schématique. Elle garde un intérêt certain dans les processus arthritiques mais sa faillite est non moins évidente dans les arthroses, affections dystrophiques.
De très nombreux travaux ont voulu trouver en elle un test du cancer à son début, à une époque où la clinique est si avare de ces renseignements. Bornons-nous à les résumer en disant, avec Messieurs JOSSERAND et DALAISE, que la vitesse de sédimentation dans le cancer est touchée au prorata de l’infection et de l’état général, et qu’au mo-