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La Seine et ses bords

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rue da Gaiiran ,10.

VIGHBTTES^MffiVILLE ET FOUSSIiRSAU.

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f 'bistoibe de la SEiSB.est, beaucoup plus qu'on ne rjniBg)noraït au premier abord , l'hîstoîre de la France elle-même. Il en est des fleuves comme des nations.

Inconnus à Jeur ongiiie , rien ne

révèle , dans la source obscure d'où ils s'échappent , la portée de l'espace qu'ils vont parcourir, et les dif«férentes vicissitudes de leurs cours. Faibles a leurs commencements , ils coulent cependant au gré de la pente qui les entraîne, approfondissant peu a peu leur lit, reculant peu k peu leurs rivages, portant avec eux des désastres ou des bienfaits, la fertilité ou la terreur , jusqu'à ce que , parvenus au plus haut degré d'étendue, de richesse et de splendeur qu'il leur soit permis d'atteindre, et poussés à son terme par leur propre violence, ils se précipitent et disparaissent pour toujours dans l'abhne des mers. Ainsi apparaissent et s'accroissent et finissent les empires. L'histoire de l'homme est tracée partout dans le tableau magique de la nature*

Ajoutons quelque chose k cette comparaison; c'est qu'il serait également téméraire de mesurer la grandeur des peuples k la durée de leur prospérité politique, et de mesurer l'illustration des fleuves a la longueur de leur trajet. Les cent cinquante années d'Athènes laisseront plus de glorieux souvenirs k l'histoire que les siècles innombrables de la Chine ; et la Seine, dont le voyageur peut parcourir les bords enpeudeJQurs, réveille plus d'idées imposantes et rappelle plus de grands événements k la mémoire des

âges , que ce fleuye immense de rAmérique septentrionale dont le cours embrasse la moitié d'un monde. La Seine! le fleuve roi de la reine des cités, le fleuve français qui n'a pas appuyé son urne sur une terre étrangère , comme le Rhône et comme le Rhin ; qui ne va pas en transAige enrichir nos voisins du trésor de ses eaux, comme PEscaut et comme la Meuse ; qui descend de nos montagnes et se perd dans notre Océan, sans avoir'fecondé d'autres plaines, sans avoir baigné d'autres villes, sans avoir miré d'autre ciel !

Que manque-t-il a sa beauté ? La nature végétale a prodigué sur ses rives fleuries toutes les richesses de sa corbeille ; il a visité en passant les plaines riantes de la Bourgogne; il a bercé sur son cristal fidèle le front doré de ses coteaux chargés de pampres ; il s'est enorgueilli sous la pompe royale des vieux marronniers des Tuileries. Vous le verrez , plus loin , suspendre comme à dessein ta rapidité de ses flots pour rafraîchir de vapeurs salutaires les magnifiques ombrages qui séparent le berceau de Louis XTV de celui de saint Louis. Le voilà bientôt qui enveloppe Mantes comme une ceinture; ou qui se déroule comme un ruban sous les agrestes collines de Vemon. Cette ville aux flancs boisés , aux frais boulevarts , au

vaste port, c^est Rouen , le Paris du vieux Rollon. La Seiite flédnt pour la première fois sous le poid& d^ vaisseaux. Elle s'enfle d'oi^pieil y elle accélère sa course , elle est impatiente de sentir les eaux de la mer se confondre avec les siennes. Rioi ne peut la retenir, ni les jardins déUcieux de la Meilleraie, ni les ruines pittoresques de Tancar ville ^ ni les doux paysages aux frondes verdoyantes gui se pressent sur ses bords. Elle a entendu la grande voix du flux gui l'appelle et qui la repousse. Elle «'élance ^ elle bondit , elle lutte , elle triomphe , elle se perd dans le reflux qui remporte.

Tel est l'aspect sous lequel la Seiitb se présente à la poésie y spectacle toujours nouveau ^ toujours divers y qui se modifie pour s'embellir a tous les détours du fleuve^ et qui réunit toutes les grâces à toutes les magnificences, comme ce tableau qif Apelles suq^dit aux rivages de Neptune. H ne semit pas besoin d'un autre cbarme pour la rendre chère aux Muses de la patrie ; mais c'est peu de tant 'de mehi^illes qui endiantent les yeux, si elle ne manifeste son passage par des bienfaits plus sensibles à tous les hommes. Féconde auxiliaire de l'agriculture, véhicule obéissant du commerce^ elle multiplie lesréooltes'des champs qu'dle arrose , elle les reçoit^ die les trans-

porte, elle les dUstribue ai» populations dont elle- a de toutes parts appelé le concours^ sur ses grèves hospitalières et favorables V nourrice de nos provinces les plus opulentes y die en répartit les produits entre elles avee la prudente latéralité d'une bonne mère ; elle les améliore ou les varie par rechange ^ et en livre enfin les trésors a cette glorieuse capitale de la civilisation , qui n'a pas cru trop honorer la navigation de la Seihe en prenant un vaisseau poiu^ son insigne. Ce n'est pas tout cependant, car elle .n a donné jusqu'ici a sa ville suzeraine que les richesses naturelles qui relèvent de son territoire ; elle va , tout en continuant ses distributions accoutumées parmi ses heureux riverains y demander d'autres richesses a la mer , où le Havre et Honfleur s'étendent en avant comme les deux mains du fleuve pour recevoir les tributs du monde. Elle enlève le superflu de Tutile pour ramener celui du luxe ; elle abandcmne aux besoins des nations éloignées les productions surabondantes et sans cesse renouvelées de notre sol et de notre industrie , pour se charger de biens plus rares que notre soleil n'a point mûris ou que nos artisans n'ont poiiit élaborés*, et, semblable a un conquérant qui traîne après lui les dépouilles de l'univers, vous la verrez arrêter sous vos murs son convoi triomphal ,

€t contribuer de c^s dons précieux a la décoration de vos fêtes et a Pillustration de tos monuments.

Les délice pastorales des belles vallées de ta Seike ont-eUés assez longtemps flatté Vos regards? étes-^TOus las (et qui pourrait s'en lasser jamais ! ) de tous éga> rer sur ses tapis de pelouse et dans la fraîcheur de sesboGages?Neseriez-vous sensibles^ ni aux hasards d'une navigation pacifique, sans aventures , sans cond)ats et presque sans tempêtes , ni aux ambitions innocentes de Pindustrie ëtdu commerce , ni à leurs conquêtes faciles qui n'ont pas coûté de larmes et que le sang n'a pas souillées? Hélas! puisse l'histoire des nations , pour leur repos et pour leur bonheur , ne point présenter d'autres images et ne point rappeler d'autres souvenirs! Mais la SsiKECstun fleuve français/ et par conséquent aguerri au bruit des armes. Aucune des rivières qui baignent les contrées les plus célèbres par leurs fastes militaires, n'a mêlé plus souvent la rumeur de ses ondes à celle des combattants V aucune n'a vu arborer dans ses plaines dévastées plus de trophées de bataSles ; aucune n'a fourni plus d'eau lustrale aux sacrifices sanglants de la guenre! Devant elle ont campé tour a tour Jules-César , 0)nstantin , Julien y Attila y Clovis y Charlemagne > RoUon . Sur une de ses rives , l'Europe s'est arrêtée presque

effrayée de ses TÎetoiies ; sur Tautre était Napoléon. Si ces campagnes > aujourd'hui chargées de moissons, venaient a s'ouvrir à Tappel de la trompette du jugemoit, elles ne suffiraient plus a porter les guerriers qui ont tïouvé de siècle en siècle un tombeau dans leurs sillons ^ tant seraient épais les rangs accumulés de cette armée de cadavres. On j distinguerait à leurs vêtements^ a leurs armes^ au type étrange* ment varié de leur ]^y»onomie nationale, le Gaulois, le Romain , le Franc , le Normand , le Bourguigaon , l'Anglais, le Germain des bords du Rhin , du Danube et du Weser, le Croate de la Saxe, le Cosaque du Nieper, le Baskîr des déserts d'Ufa , et surtout le Français ; car le poignard de la guerre civile a creusé ici plus de fosses que Tépée de l'étranger. Oh ! ne redoutez pas que cette célébrité funeste manque aux fastes de la Seihe ! Vous ferez a peine un pas sans rencontrer quelques vestiges tragiques de ces gloires farouches qui rendent un peujJe redoutable et femeux parmi tous les autres. Partout où s'élève une cité, vit la mémoire d*un fait de guerre. Rar-sur- Seine , forte et belliqueuse encore du temps de Froissart , vous rappellera sa lutte contre Troyes , si fière de la ceinture de ses fortifications et du triple château qui la ridaient imprenable. Troyes à son tour,

Châtillon , Melun , Corbeil , Pont-de-l' Arche , Harfleur , le Havre, vous parleront de kurs sièges et de leur généreuse résistance. Rouen vous dira les assauts qu'elle a subis , et dont Tun coûta la vie a ce roi de Navarre qui fut le père d'Henri IV. Votre guide vous montrera l'embovcliure de l'Epte , rivière aux bords riants dont Thuiiible cours ne promettait rien d'illustre, mais qui s'enorgueillit d'avoir été disputée par Philippe- Auguste et Richard Cœur-de-Lion. Sous les restes délabrés d'un château antique, il vous fera voir Tendroît d'où partit la petite embarcation de Guillaume-Ie-Conquérant , quand ce héros alla re^ joindre la flotte qui lui soumit l'Angleterre ; et sur votre passage , vous aurez salué d'un regard la gracieuse solitude du Mesnil , où la tradition veut que les conseils d'Aguès Sorel aient animé, plus tard, le courage de Charles VII a la conquête de son propre royaume. Nous voyageons en France où les souvenirs de l'amour et de la volupté se mêlent toujours a ceux de la gloire. Avec ces hautes impressions de l'épopée, viendront se confondre partout sur votre route celles du drame et de la romance. C'est au pont de Montereau que Jean-sans-Peur tomba sous la hache d'armes de Tanneguy du Châtel ; c'est au pont du Louvre que le maréchal d'Ancre tomba sous le

pistolet de Vitry; c'est sur le Poat-Neuf que ses membres sanglants furent dévorés par une populace d'anthropophages^ a l'endroit même où s'était allumé , trois siècles auparavant, le bûcher de Jacques Molay. Plus loin s'élevait la tour, de Nesie , et vous croirez entendre encore sortir du sein des ondes, au milieu des rafales d'ime nuit orageuse , ces paroles formidables qui privilégiaient l'assassinat : Laissez passer la justice du roi j a moins qu'elles ne soient couvertes par les gémissements des victimes de la Saint-Barthélemi, égorgées à la même place. Au pied de cette colline charmante où la nature sourit avec tant de grâce , et qui avait cependant offert autrefois une retraite austère à saint Clodoald, Henri ni fut frappé du poignard d'un fanatique. Le château de la Roche- Guyon vous rappellera le meurtre impuni d'un comte d'Enghien ; Rouen, le suplice impie de Jeanne d'Arec Jumiéges, l'exil des eVi^rpe?'/. Mais ce n'est pas tout encore, et dans ces régions poétiques, les forêts, les rochers, les montagnes ont un langage. Celle-ci qui dessine a Thorizon son profil net et rapide, c'est la côte des Deux-Anumls. kulïtioismit chapelle construite k son sommet, vous aurait montré le lieu où le fiancé s'arrêta pour mouiir. Quant k la jeune châtelaine , elle redescendit jusqu'à l'Andelle ,

oh elle vint ensevelir son deuil et ses douleurs, et la petite rivière qui se jette à vos peds danis lé grand fleuve avec un sourd gémissement, y apporta jadis ses rubans et son bouqiiêt nuptial .

Un intérêt plus vif, qui n'est peut-être pas moins doiut , enchainera votre attention à <;étte histoire encore vivante, dont'les^nnalés sont écrites sur les monuments du rivage. Vous le& lire^ sur ces pages de pierre qui ont défifé ^ant de siècle» pour porter a l'avenir le témoignage dupasse , et dont les révoiluti<ms des âges qui' aUèrent-et changent tout n'ont point altéré lé caractère «ôlènnel.' A peiné^ éloignés de^elqués lieues de votre point de départ, vous visiterez a Gfaâtillon les restes de Tantiqoé manoir des ducs de Botu^ogne^ a Bar, Tenceii^te'' ruinée, mais autrefois imposante, où florissaient les comtes de Barrdis. Sur votre droite, vous laisserez à Vincennés, parmi les arbres sous lesquels le saiîit roi Louis IX rendait la justice a ses sujets, le vieux château «où na^t le sage roi Charles V- A Paris toutes les époques et presque toutes les générations vous apparattnmt personnifiées «dans des édifices contemporains. Vous ne passerez pas entre la tour solitaire de Saint^Jaeques et les tours jumelles de Notre-Dame sans rétrograder parlapen- -sée sur les événements qui se sont accomplis devant

ces colosseiTi Mus loin, c'est Saint-Gennaîn-rAuxer-rois où gvonda le locfein dei» Samt^Bardtâemi. Voilà le Louvre de François I«f. Voilà les Tuileries de Latûs^XlV^ Votre-cee^a-pal(Hté tout a l'heure d'une tendre émotioii k l'aspect de la statue d^Henri IV. Quelle soit le s^timent (fxi tous anime a la vue de la ootonne de Napoléon > si ramoup de la liberté vous a ptémimi de bonne hetli*e contre les illusions de la^ gloire^ rendez hommage cependant au génie et k rinfortuile. Ne dédaignez pas de jeter up regard sur les jardins qui couronnent cette colline, ils ont prêté leur- ombrage- à Molière et à Boileau. Ici , non loin de cette machine hydraulique qui rappelle les magnifi* cc^ces du grand siècle et du grand' roi, vous auriez vu naguère^ l'élégante demeure de 6abrielle, mais elle a du céder L'espace aux buttea badigeonnées de la propriété nouvelle. Console2«-Vous en reportant vos yeux au sommet du mom voisin sur des murailles que là sape n^a pas encore ébrsuoléesr. Forteresse ou palais, c'est le séjour royal de Louis XIII, où son fils passa une vie îiiqmète et menacée sous la tutelle d'un prêtre. Assez d'autres tableaux vons occuperont encore, avant que les pentes boisées de b côte sainte Catherîne vous aient annoncé RoiieA; mais réservez un intérêt sans partkgèa cetté^nbble' ville, musée go-

thique de la patrie , Herculanum vivace et populeux du moyen âge> qui: confond de loin les flèches de ses églises avec les mâts de ses vaisseaux. Nous vous dirons à quels temples appartiennent ces ogives transparentes qu un ciseau délicat comme le buiin et sûr comme Temporte-pièce a fouillées avec tant de grâce et d'esprit^ ces tours dont la majesté n'exclut pas une certaine coquetterie d'ajustement, et qui portent jusque dans les cieux leurs fronts couronnés de dentelles et leurs campaniles brodés. Toutes ces merveilles de Tarcliitecture chrétienne ne vous abandonneront plus qu'au moment où la terre manquera elle-même sous vos pas, vers ces grèves de la Manche où la Sëutb va perdre son nom. Elles se déploieront a vos yeux dans rimposante basilique de Saint-Georges de Bocherville y dans les restes magnifiques de Tabbaye de Jumièges, sauvés de la destruction totale qui les menaçait par la sollicitude presque royale d'un propriétaire instruit et sensible ; dans les ruines moins heureuses de l'ancien monastère de Saint- Wandrille ; dans le beau clocher de Caudebec et l'élégant portail d'Harfleur. Il n'y a pas jusqu'à la petite église de Graville, ermitage décoré par la piété des peuples > et qui se. cache à moitié conune un nid d'oiseau dans les arbres de la colline, où l'on ne voie briller quelques reflets écla-

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tants de Fart sublime de^nos ancêtres, Michels-Anges sans renommée, obscurs Palladios, dont le génie longtemps méconnu avait deviné le caractère auguste et mélancolique de la demeure du vrai Dieu.

Est-il nécessaire d'ajouter après cela que la Seike a eu son hàgiologie ou son histoire sacrée, comme elle avait eu sa mythologie ou son histoire fabuleuse? Elle reconnaît pour patron auprès du Dieu des chrétiens le véritable abbé Saint -Seine, qui vécut au sixième siècle, et fonda non loin de la source du fleuve mh monastère connu sous son nom, qu'un petit bourg voisin a conservé. Saint-Seine y fut longtemps invoqué aux époques de sécheresse ou. d'inondation , car ces terribles accidents naturels étaient imputés , dans la croyance naïve des peuples , à la colère que lui causaient nos péchés. Enpai'eille circonstance, on allait en foule entendre la messe au pied d'une croix plantée auprès de la source , et au dernier évangile on plongeait par trois fois dans ce faible ruisseau la statue du saint patron. La philosophie a passé sur tout cela. La croix même a disparu et les pieuses consolations avec elle; je ne sais ce que le pays, éclairé du reflet de nos brillantes lumières , y a gagné en bonheur temporel , maïs il y a perdu le Ciel et l'espérance.

De toute cette poésie merveilleuse du moyen ège.

il 06 resie que- cto ^nulition». Vous tfrcmverfSi par-^ t(nir aur les^béf ds^e^Ia > Seiae / œliest ^ gonc- propres atiX'popcdalkniisrUttoiBles, etsuitDutie*sotiTenirTi^ vant enœi^^de'eeltir^réiatbnfaotaslâ^ doBt C 9 levmnm des) traces imcusid>Ies^ dans? lesr débris du monde ancien. Tdle«se entieautreS' l'Histoire de 1» GargcmUe àe'>Rou€ù f dragon formidable comme la ^ouifTe dof Doobs etl^TarrasfÊêeinRhàm^yqm, poursuivi- par saint Romain^ se précipita dans la Seine où; il Alt engioutii

Les fictfowi mythologiques de: oetle histoire ont

pfais de grâce. On les cnnrait détaohéei^ d'un poëme inoonnu d^Hésiode on^ni'Ovide, et cette illusion s^ex* plrquerott forthten', pui^'eUe ont été recueillies par le premier des- poètes ^dix^bnitième) siècle I Bemar* dîn de> Saint-Pierre ; mais je n'cMiblierai pas! que^c'est a lui seul qu'il iappaortient de; les: raconter.

(cLa5EiNB'^ fiUe de Baçchusret nymphe dcCérès, âme suiTt dans i les Gaules la déesse: diesî blés^f I^k^s-^ qu'elle' ehei%haiit4W[ £lle p» toi|te la. terrer. ^ Quand Gérte eut unis 'fin a' sest courses^ la SBUfs la; pria de lui donner y ai récompense^ de ) ses^ semvdces ^ ods prai** riei^^qiGeî vous^'iBOj^a )à4»8^Ii<aidéea0'3r>c0nsenlh , et accorda âe>|éus fetaifille dè^Baochus distfaitiessoitre det bl^^artoul tRir elle 'pot«erait< «ps^ foa.r Elle laissa

donc la Sfiii» ^ stir x^es ■. rivages , •et hii ^^onnar^ur compagnes let {nmit iàuivantes pliisious ;iiyin|^M8^ mUfi: autres Héra qiiî d«Yàit veiller |Mrès. d'elle^ de peur (pi'jéUa ne -fut eiikv'ée.par.qiielque dieu de la ineryooinme sa fiUe Proserpine Tavail âé:par-/ee«lui des eùft^rs. Un jour que la Seine s'amusait a couf ir sur ces sables en cherdiant des coquilles j^ et qu'elle fuyait en jetant de grands cris devant les flots de la mér, qui quelquefois lui mouillàieat la plante des pieds et quelquefois Fatteignaient Jusqu'aux genoux, tiéva, sa compagne, aperçut $o«is les ondes ks cheveux blancs, le visage empourpré et la robe bleue de Neptune. Ce dieu venait deS'Orcades après un tronfalement de terre, et il parcourait les rivages de rOcéan, eiaminant av-ec son trident si leurs fondements n'avaient pas été ébranles. A sa vue y Héva.jeta un grand cri, et avertit la Scike^ qui s^'enfuitaussttât vers les prairies. Mais le dieu^€s m^rs avait apei^u la nymphe de Gérés, et , touché de sa botme^race et de sa légèreté, il poussa sur le rivage ses chevaux marins après elle. Déjà il était près de l'atteindre , lorsqu'elle invoqua Bacchus, son père, et Cévès, sa mai^esse. L'une et l'autsre l'exaucèrent: au moment où Neptune la saisit dans ses bras, tout lecoi^s 4e la nymphe se fondit en eau ^ son

Toile et ses Tetements verts ^ que les Tents poussaient devant elle, devinrent des flots couleur d'émeraude ; elle fut changée en un fleuve de cette couleur, qui se plaît encore à parcourir les lieux qu'elle a aimés étant nymphe. Ce qu'il y a de plus remarquable , c'est que Neptune , malgré sa métamorphose , n'a cessé d'en être amoureux , comme on dit que le fleuve Alphée l'est encore en Sicile de la fontaine Aréthuse. Mais si le dieu des mers a conservé son amour pour la Sbise , la Seiiîe garde encore son aversion pour lui. Deux fois par jour , il la poursuit avec de grands mugissements, et chaque fois la Seine s'enfuit dans les prairies en remontant vers sa source , contre le coius naturel des fleuves. En tout temps ; elle sépare ses eaux vertes des eaux azurées de Neptune.

Héva mourut de regret , et on lui éleva sur le rivage ua tombeau de pierres blanches et noires. C'est la montagne escarpée qui porte toujours le nom à^Hé^^Uy et qui renferme un écho pour prévenir les marins des dangers du naufrage, comme autrefois elle avait averti la nymphe de Cérès des périls qui la menaçaient.

Les autres compagnes de la Seine furent métamorphosées comme elle aux divers lieux où elles s'arrêtèrent dans leur fuite. Ce sont l'Aube, F Yonne, la

Martini l'Oise y l'AndcjHe, et toutes le$ autres^rrvières qui viennent apporter le friimt de leuns eaiix a leur ftiusie&âe màltre^àse:

Amphitrite , k la nouvelle de ces désasti^; fit eonstruire plusieurs petites baies a Tenibouchure de la Seiite et voulut qu'elles fussent des havres assurés eontre la fureur de son infidèle époux. Ce sont les différents ports qui offrent un asile aux vaisseaux depuis Rouen jusqu'à la mer.

Notre vieille mythologie nationale ajoute quelque chose a ce délicieux récit.

Peu de temps après, Friga, la belle Thétis des Gaules, fut jalouse de voir Siofhe , la Vénus celtique, remporter la pomme, qui était le prix de la beauté , sans qu'elle eût été mise au concours ^ et résolut d'en tirer vengeance. Un jour que Siofne, descendue sur les rives de la Seine ^ visitait \es^ prairies émaillées qu'elle arrose , Friga lui déroba sa pomme , qu'elle avait déposée sur un rocher , et en sema les pépins dans les campagnes voisines pour y perpétuer le souvenir de son triomphe. De là proviennent les innombrables pommiers qui croissent dans le pays, et ^utètre aussi l'esprit de dissension que la chicane et les procès entretiennent, dit-on, parmi ses habitants.

Maintenant , Nymphe , accompagnez nos pas k

travers les riches campagnes que tous embellissez , et inspirez-notis des récits amples et sans arts , mais limpides comme vos ondes et yariés comme yos rivages.

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