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MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATILES

RECUEILLIS À L'ÉTAT FOSSILE DANS LA PARTIE INFÉRIEURE DES DILUVIUMS DES ENVIRONS DE PARIS.

Ce catalogue des mollusques fossiles d'une des époques les plus anciennes des dépôts de la Seine et de la Marne, ainsi que les réflexions qui l'accompagnent, sont extraits d'un travail beaucoup plus considérable que je prépare sur l'ensemble des faunes préhistoriques de notre pays.

Ce catalogue, rédigé sur la demande expresse de M. Belgrand, comprend les espèces recueillies dans la partie inférieure des diluviums;

i° De Joinville-le-Pont;

2° De Montreuil;

3° De Canonville, près de Vincennes;

h° De la sablière Deligny (chemin du Landot), à Clichy-la-Garenne.

C'est à l'obligeance de MM. Belgrand, Deshayes, Desnoyers, Louis Lartet, Jules Manille, Radiguel etRoujou, que je dois la connaissance des espèces dont je vais présenter la liste.

MOLLIISCA GASTEKOPODA.

GASTEROPODA INOPERGULATA.

§ 1. PULMONACEA.

HELIGID/E.

VlTRINA ANTEDILUVIANA.

Testa minima, transverse ovato-oblonga, supra léviter convexa, fragillima, argute striatula; — spira brevissima, vix prominula; apice exiguo; anfractibus i i/a, celerrime crescentibus; ultimo maximo. (lilalato, compresso; — apcrlura perobliqua, (ransveise oblonga, parutn luiiata; peristomate recto, acuto. margine supero membranaceo, antrorsum provecto; margine columellari arcuato. — Ail. ■>. Diam. '.'> i ■■ millim.

Cette vitrine du groupe de la Vitrina elongata (l) a été recueillie à Joinville-le-Pont. '' Draparnaud, Hist. Moll., Franco, p. iao, pi. VII, I. 'io-'i>. i8o5.

SuCCINEA PUTRIS.

Hélix putris, Lin.n.eus, Syst. Nat. (éd- x), p. 77/i, 1758.

Succinea putris, de Blainville, in Dict.sc. nal., vol. Ll, p. -ihh, pi. XXXVIII, f. h , 1827. Sablière de Canomille. — A. R.

Succinea italica.

Succinea italica, Jan. in Sched. Mediol.

Forme alpique interme'diaire entre Yochracea^ et la PfeiJJ'eri^. Canonviile. — H.

Succinea Jounvillensis.

Testa oblongo-lanceolata, acuminata, rustice striatula"; — spira elongata , acula, non conforta; apice obtuso, lœvigato; — anfractibus h 1/2 convexis, celeriter crescentibus, sutura profunda separatis; ultimo oblongo-convexo , lente ad aperturam descendente , dimidiam allitudinis exacte œquante ; — apertura vix obliqua, oblonga, superne angulata, infra rotundata; peristomate recto, crassiusculo; columella non conforta, leviter arcuata. Alt. g. Diam. 3 1/2 millim.

Espèce du groupe de la Succinea oblonga '3), caractéristique de la partie inférieure des diluviums de la Seine. — A. C.

Montreuil, Joinville-le-Pont, Canonviile, sablière Deligny à Clichy-la-Garenne.

ZONITES ELEPHANTIUM.

Testa profunde sal pervio-umbilicata , depressa , supra satconvexa, fragili, supra rustice striatula prœsertim adsuluram, subtus parum striatula aut sublœvigata, ac spiraliter 8 lineolis impressis eleganter sulcata; — spira convexa; apice minuto, obtuso, lœvigato, nitido; — anfractibus 5 1/2 ad 6 convexiusculis, regulariler lenteque crescentibus, sutura impressa separatis; — prioribus subcarinatis (carina in penullimo evanescens); ultimo compresso, subrotundato, ad aperturam recto; — apertura parum obliqua, lunata, oblongo-rotundata; peristomate recto, acuto; margine supero antrorsum leviter provecto; margine columellari paululum expanso; marginibus sat approximatis , tenuissimo callo junctis. — Alt. 5. Diam. 9 millim.

Joinville, sablière Deligny à Clichy-la-Garenne. — R.

Hélix nemoralis.

Hélix nemoralis, Linn/eus, Sysl. Nat. (éd. x), I, p. 778 , 1758.

Montreuil, Joinville-le-Pont, sablière Deligny à Clichy-la-Garenne. — A. R. Échantillons à spire un peu plus convexe et dont le dernier tour est généralement un peu plus dilaté que celui de nos nemoralis modernes.

Hélix arbustorum.

Hélix arbustorum, Linn.-eos, Syst. Nat. (éd. x), I, p. 771, 1758. Montreuil, Joinville, sablière Deligny à Clichy-la-Garenne. — R.

<■> De Betta, Mal. dell.valle diNon, pi. 1, f. 1, i85a. "' Draparnaud, Hist. Moll, p. 5g, pi. III, f. 2 4-20.

fi) Rossmassler, Iconogr. I, fig. 46, 1 835 . i8o5.

ELIX LAPIC1DA.

Hélix lapicida, Linnj:us, Syst. Nat. (éd. x), I, p. 768, 1758.

Sablière Deligny à Clichy-la-Garenne. — R. Echantillons à spire moins déprimée.

Hélix

PULCHELLA.

Hélix pulchella, Muller, Verni. Hist., II, p. 3o, 177^1.

Un seul individu provenant de Joinville-le-Pont. — RR.

Hélix costata.

Hélix costata, Muller, Verm. Hist., II, p. 3i, 177 k.

Montreuil, Joinville-le-Pont, Canonville, sablière Deligny.

Espèce fort abondante.

Cette Hélice fossile diffère de la costata actuellement vivante à Paris par sa coquille plus déprimée, plus volumineuse, par son dernier tour un peu plus développé.

Ces signes différentiels sont les résultats de l'extrême humidité du climat au milieu duquel ces échantillons ont vécu.

Hélix celtica.

Testa auguste pervieque umbilicata , supra subtusque compressa , planorbifonni , fragili , argute striatula ; — spira plana; apice minute; — anfractibus 6 supra convexiusculis, subangulatis, lente crescentibus. sutura parum impressa separatis; ultimo vix majore, declivi, subtus compresso, planiusculo ad aperluram recto; — apertura parum obliqua, lunata, trigonali; peristomate recto, acuto, intus ad marginem oolumellarem incrassato; margine superiore recto; margine columellari leviter expansiusculo; marginibus tenuissimo callo junctis. — Alt. k. Diam. 9 millim.

Joinville-le-Pont. — R.

Hélix Boucheriaw.

Hélix hispida, var. Bouclieriana , Mortillet, Coq. lerr. et d'eau douce des sables blancs à Elephas primig. età silex tailles d'Abbeville; in Bull. Soc.géol., p. 296 et 5g2, t. XX (2e série), i863.

Montreuil, Joiax illc-le-Pont, sablière Deligny.

Espèce commune.

Hélice caractérisée par un enroulement spiral excessivement lent, par le dernier lour peu développé, par une ouverture trigonale, etc.

Cette coquille se distingue :

i° De la celtica par sa forme moins déprimée, surtoul pour sa spire plus convexe;

2'1 De la concinna1* par son dernier lour comprimé et aplati en dessous, par son ouverture trigonale, par son bord columellaire rectiligne, fortemen! bordé à l'intérieure, etc.

UHelix Boucheriana doit être l'ancêtre de forme de la concinna actuelle.

(,) Jeffrcys, Sijn. test, in Tram. Linn.,t. XVI, p. •î-'î*i. Le bord columellaire de la concinna •■si arrondi el

1 83o. i'i peine bordé.

Hélix Ldtetiana.

Testa auguste urnbilicala, conofdea, fragili, striatula; — spira conica; apice exiguo, obtuso, lœvigato;

— anfractibus 7 1/2 convexis, lente crescentibus, sutura bene impressa separatis ; ullinio vix majore. rleclivi, supra convexo, subtus compresse, leviter planiusculo, ad aperturam recto; — apertura porum obhqua, lunalo-trigonali; peristomale recto, acuto; margine columellari intus labiato; marginibus tenui callo junclis. — Alt. 5 1/2. Diam. 10 millim.

Joinville-le-Pont. — R.

Celle Hélice se distingue des celtica et Boucheriana par sa coquille conoïde et par ses tours plus nombreux, dont l'enroulement est encore plus serré. — Comme aspect, cette espèce, bien qu'appartenant au groupe de la Boucheriana, ressemble assez, par sa forme conoïde et par le mode d'enroulement de ses tours, à YHelix depilala ^ des Alpes.

Hélix Belgrandi.

Testa imperforata aut subobtecte perforala, conoidea, subangulata, sat fragili, slriatula; — spira conicoconvexa; apice minulo, prominente, lœvigato; — anfractibus 7 convexiusculis, lente crescentibus, sutura parum impressa separatis ; ultimo parum majore, angulato, ad aperturam subito leviter dellexo, subtus ad peristoma scrobiculis externis dentium aperturœ profunde sulcalo; — apertura obliqua, valdelunata. transverse angustala, trisinuata; peristomale labiato, reflexiusculo; margine columellari valde reflexo, intus bidentato (dentés validae accrassœ); marginibus callo junctis. — Alt. 7 1/2. Diam. 11 millim.

Joinville-le-Pont, Canonville. — R.

Celte magnifique espèce, que je dédie à M. Belgrand, ne peut être comparée qu'avec une bélice actuelle, YHelix bidens^, qui habite la Transylvanie ou les parties orientales de l' Allemagne.

Hélix Dumesmliana.

Testa anguste profundeque umbilicala, depressa, sat cretacea, rustice rugoso-striatula; — spira convexa; apice obtuso, lœvigato; — anfractibus 5 1/2 convexis, regulariler ac sat celeriter crescentibus. sutura impressa separatis; ullinio paululum majore, rolunclato, lente ad aperturam subdescendente ; — apertura leviter obliqua, parum kmata, fere rotundata; peristomale recto, subacuto aut incrassalulo; margine columellari paululum expanso; — marginibus valde approximatis, callo junclis. — Alt. 10. Diam. 1 5 millim.

Celle Hélice, que je me fais un plaisir de dédier à M. Armand Du Mesnil, chef de division au ministère de l'Instruction publique, a été recueillie à Joinville-le-Pont. Espèce raie.

Hélix Richetiana.

Testa profunde umbilicala (ad ullimum anfractum umbilicus aperlus et dilatatus), compressa, sat cretacea, striatula; — spira vix convexa ; apice minuto, obtuso, lœvigato; — anfractibus 5 supra vix convexiusculis, lente crescentibus, sicut subamplectantibus, sutura impressa separatis; ultimo rotundatosubangulato (angulus superior validior, angulus inferior mediocris circa umbilicum), ad aperturam recto;

— apertura parum obliqua, lunato-semirotundala; peristomale recto, acuto, intus incrassalo; margine

' Draparnaud, Tahl. MolL, p. 72, 1801 (non C. nilz, 1786. — Hélix bidenlata, de Graelin, 1789, el

Pfeiffer). Hélix diodon, de Parreyss.)

Hélix /miens, L. Pfeiffer. ( Traduis bidens de Chem-

columellari leviter expansiusculo ; marginibus approximatis, tenui callo junctis. — Alt. k 1/2. Diam. 1 0 raillim.

Joinville-le-Pont.

Espèce rare.

Cette Hélice, que je de'die à M. Louis Ruchet, ressemble, par l'ensemble de ses caractères, à une énorme Hélix apicina '*' des Alpes.

Hélix diluvu.

Celte espèce, découverte par A. Braun dans les diluviums de la vallée du Rhin, parait assez abondante à JoinvilIe-ie-Pont, à Canonville, ainsi qu'à la sablière Deligny à Clichy-Ia- Garenne.

Les échantillons de YHclix diluvii des diluviums de la Seine sont un peu moins rugueux que ceux que l'on trouve dans la vallée du Rhin. Cette particularité est tout simplement due aux différences de niveau des contrées où ont vécu les individus de ces provenances diverses.

Parmi les coquilles vivantes qui, par leurs caractères, sont un peu voisines de YHclix diluvii, je citerai, pour donner un exemple d'une semblable particularité, YHclix unifasciata '2>, qui est lisse aux environs de Paris, tandis qu'elle est rugueuse, sillonnée de côtes, dans le Jura et dans les Alpes suisses et françaises.

Hélix Kadigueli.

Testa anguste umbilicata, parum depressa, ruslicc costulato-striata , sal cretacea; — spira convexa; apice obtuso, lœvigato; — anfractibus 5 convexis, regulariter erescenlibus. sutura impressa separatis; ullimo exacte rotundalo, ad aperturam recto; — apertura parum obliqua, vi\ lunata, rotundata; peristoraate acuto, recto, intus incrassato; margine columellari expansiusculo; marginibus valde approximatis callo junctis, Alt. h 1/2 Diam. 7 1/2 millim. — Var. minor. Alt. 3 1/2. Diam. 5 1/2 millim.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny. — A. G.

Cette Hélice appartient au groupe de YHelix costulata (3), espèce particulière au nord de la France et au nord de l'Allemagne.

BULIMUS MONTANUS.

Bulimus montanus, Draparnaud, Tabl.Moll., p. G5, 1801. elHist. Moll., p. 76, pi. IV, f. 22, i8o5.

Joinville-le-Pont, Canonville. — R.

Les échantillons de cette espèce sont plus allongés que ceux du type actuel qui vivent en France. Ils imitent la l'orme lancéolée du montanus des Alpes de la Croatie, de la Transylvanie, etc.

Bulimus Rayanus.

Bulimus Rayanus, Bourguignat, in Amén. Malac, t. I . p. 50, pi. II, lig, 10. i5, i854.

Canonville.

Espèce raie.

1 I, .1111.1 il, An. S. Vert., t. VI, acpartie, p. 93, 1822. Ziegler, in ('.. Pfeiffer, Deulschl. Moll. , III , |

W Poiret, Prodr., p. ht, 1801. (Ilcli.r candidula de pi. VI, f. 21-22, 1828. (Non Helù costulata de Fe- Studer, îHao). russac.)

La Skine. — Conchyliologie.

BuLlML'S TRIDENS.

Hélix tridens, Muller, Verm. Hist., II, p. 106, 1 7 7 A .

Bulinius tridens. Brcguières, in Encyelop. méth. vers., I. II, p. 35o, 1799.

Canonville.

Espèce rare.

Ferussacia subcylindrica.

Hélix subcylindrica (1), Linn.eus, Syst. Nat. (éd. xn), p. 12/18, 1767. Ferussacia subcylindrica, Bourguignat, in Amen. Maine, t. 1, p. 209, 1 856.

Canonville.

Espèce peu commune.

ClAUSlLIA JoiNVlLLENSlS.

Testa vix riinata, l'usiformi, ventricosa, eleganter costulata; — spira lanceolato-acuminata; apice producto, mamillato, obtuso, lœvigato; — anfractibus \h convexiusculis, lente crescentibus , sutura parum impressa separatis; — ultimo ad basin bicarinato (carinae cervicales subparallelae ; — carina rimalis, sat acuta, validior; — carina superior obscura; — aperlura piriformi, basi subcanaliculata; peristomale solulo, continuo, undique expansiusculo; — lamella superiore valida; lamella inferiore stricla, cum précédente confluente; lamellis interlamellaribus duabus (una inter lamellas, altéra subeolumellaris); — plica palatali una, superiore, valderemota. — Alt. \!\. Diani. 3 1/2 millim.

Montreuil, Joinville-le-Pont, Canonville. — A. C.

PlJPA MUSCORLM.

Turbo muscorum, Linn^us, Syst. Nat. (éd. x), I, p. 7G7, 17.58.

Pupa muscorum, C. Pfeiffer, Deutsch. Moll. , I, p. 57, pi. III, f. 17-18, 1821.

Canonville.

Assez rare.

Pupa pal^ea.

Testa rimata, exigua, cylindraceo-oblonga , obeso-ventricosa, oblique striatula; — apice lasvigato, rotundato-obtusissimo; — anfractibus 6 sat convexis, lente crescentibus, sutura impressa separatis; — ultimo vix majore, ascendente, i/3 allitudinis œquante, ante marginem peristomalem labro circumcincto et ad medianam partem scrobiculo externo, elongatissimo, dentis aperturœ profunde sulcato; — apertura vix obliqua, parum lunata, rolundala, bidentata (una in convexitate penultimi; altéra, elongata, intus remotissima in margine externo: — peristomate expansiusculo, inerassato; marginibus approximatis. Alt. 3 Diam. 2 millim.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny. — A. R.

AURICULID/E.

Caryciiium tridentatum.

Saraphia tridentata, Bisso, Hist. Nat., Nice, t. IV, p. 8i, 1826.

Caryciiium tridentatum, Bourguignat, in Amén. Malac, t. 11, p. hh, pi. XV, f. i2-i3. 1857. Joinville-le-Pont. — R.

'' Non Hclix subcylindrica de Monlagu, l8o3.

§ 2. PlJLMORRANCHIATA.

LIMN/EIDiE.

Planorbis complanatus.

Hélix complanata, Linn^os, Syst. Nat. (éd. x), p. 769, iy58.

Planorbis complanatus, Studer, in Coxe. trav. Scltw., t. III, p. 435, 1789.

Montreuil. — A. C.

Planorbis dubius.

Planorbis dubius , Hartmann , Wurm. in N. A Ip. , I , p. 2 5 h , n° 1 1 9 b , et Erd- und Sùssw. Gaster. Schwcit , p. 3, pi. XXXII, 1 844.

Canonville, près de Vincennes. — R.

Planorbis albus.

Planorbis albus, Miller, Verni. llist., II, p. 1G/1, 177/1.

Joinville-le-Pont, Canonville, sablière Deligny.

Espèce assez abondante.

Les divers écbantillons' que Ton a recueillis de cette espèce ne sont pas typiques, attendu que tous présentent, à un degré plus ou moins prononcé, une légère carène qui s'émousse sur le dernier tour.

Planorbis Radigueli.

Testa exigua, fragili, complanata, supra profonde centro-concava , subtus late concaviuscula. striolis Iransversalibus spiralibusque eleganter tessellata; — anfraclibus h 1/2 convexis, celeriler crescenlibus sutura impressa separatis; ullimo maximo, rotundato,ad aperturam dilatalo ac expanso; — apertura obliqua, fere rotundala; peristomate acuto, leviter expansiusculo; marginibus valde approximatis, tenui callo junctis. Crass. 1 \/h. Diam. 3 1/2 millim.

Canonville.

Espèce raie.

LlMN/EA AURICULARIA.

Hélix auricularia, Linn/eus, Syst. Nat. (éd. x), I, p. 77/1, 1758.

Limnœa auricularia, Dupuy, Hist. Mu/1. France (5 fasc), p. 48o, pi. XXII, f. 8. 1 85 1 .

Le type actuel de cette Limnée n'a pas éléencore rencontré, du moins à notre connaissance au niveau des anciens graviers dont je présente le catalogue des espèces. Les variétés les plus intéressantes qui ont été recueillies sont les suivanles :

Var. Hartmanni. (Limn. ovata var. Hartmanni, Charpentier, Cat. Suisse, p. 90, pi. II, ('. 17, 1837. — Gulnaria Hartmanni, Hartmann, Erd- und Sùssw. Gaster., p. 79, pi. XIX, 18V1.) — Montreuil, Ca nonville.

Var. ampla. (Gulnaria ampla, Hartmann, Erd- und Siissir. (lus!., p. Cy. pi. Wll. iH'i'i.) — Canon ville, sablière Deligny.

Var. Lutetiana. — Coquille à bords légèrement épaissis et parfaitement renversés. — Joinville-le-Pont, Montreuil.

Var. minor. — Coquille de petite taille ressemblant jusqu'à un certain point à certaines variétés de la Limnœa limosa. — Joinville-le-Pont.

LlJIN^A ROUJOUI.

Testa minima, fragili, ventricoso-oblonga, slriatula; spira obtusa, exigua; apice minuto; — anfractibus 3 1/2 convexis, celerrime crescentibus , sutura impressa separatis; ultimo maximo, dilatato, convexo, dimidiam altitudinis superanle; — apertura verticali, oblonga; columella recta; margine externo exacte convexo; peristomale recto, acuto; marginibus valde approximalis. — Alt. 3 1/2. Diam. 3 millim.

Celte petite Limne'e, du groupe de Yauricularia, a été recueillie à Canonville et à la sablière Deligny à Clichy-la-Garenne.

ANCYLIDjE.

Ancylus simplex.

Lepas simplex, Buc'hoz, Aldrov. Lolhar., p. 236, n° 1 i3o, 1771.

Ancylus simplex, Bourguignat, Cat. Ane. in Journ. conch., t. IV, p. 187, i853. et in Spicil. Malac, p. i5i et 198, 1862.

Canonville, Joinville-le-Ponl.

Peu abondante.

Ancylus gibbosus.

Ancylus gibbosus, Bourguignat, Cal. g. Ane. in Journ. conch., t. IV, p. 186, i8Ô2. Monlreuii, Joinville-le-Pont. — A. R.

Ancylus antediluvianus.

Testa crepiduliformi , valde gibbosa, leviter concentrice radiatimque slriatula ; — antice gibbosoperconvexa; postice valde arcuala; dextrorsus sinistrorsusque convexiuscula ; — apice acuminalo, producto, valde recurvo, superpendente, ac margineni posteriorem omnimo superante; — depressione apicali minuta, rotundata, mediana, ad partem superiorem verticis sita; — apertura oblonga. — Alt. 3 1/2. Long. 5 1/2 millim.

Joinville-le-Pont. — B.

Ancylus Desnoyersi.

Testa valde crepiduliformi, gibbosa ac retrorsum maxime provecta, concentrice sulcala ac passim ad margines radiatim malleata; — antice gibbosa; postice recto antroacta; dextrorsus sinistrorsusque subconvexiuscula; — apice acuminalo, producto, recurvo, marginem posteriorem superanle ac laie retrorsum superpendente; — depressione apicali oblonga, mediana, ad partem superiorem verticis sita; — apertura oblonga, antice dilatata, postice sat coarctata. — Alt. 3 i/k. Long. 5 1/2 millim.

Joinville-le-Pont. — B.

GASTEROPODA OPE11CULATA.

S 1. PULMONACEA.

CYCLOSTOMIDjE.

Cyclostoma elegans.

Nerita elegans, Mpller, Verni. Hist., II, p. 177, 177^1. Cyclostoma elegans, Draparnaud, Tabl. MolL, p. 38, 1801.

Montrcuil, Joinville-le-Pont, Canonville, sablière Deligny. — A. C.

Cyclostoma subelegans.

Testa lïmato-perforata, ovato-conoidea , lineis spiralibus et confertioribus iongitudinalibus minutissime clathrata; — spira conoideo-obtusa ; apice lœvigato, obtusissimo, mamillato; — anfractibus 5 1/2 tumidis, celeriter crescentibus, sutura profunda separatis; penultimo valde turgido-ventroso; ultimo minore, rotundato; — apertura subverticali , subrotundata ; peristomate continuo, ferc solulo, recto, crassiusculo ,

margine columellari expansiusculo ; marginibus subangulatim junctis; — operculo — Alt. i5.

Diam. 10 millim.

Montreuil, Canonville. — A. C.

Ce Cyclostome se distingue surtout du Cycl. elegans par son avant-dernier tour plus renfle, plus globuleux, et par son dernier tour plus petit et moins développé, ce qui rend l'ouverture de cette espèce moins grande et comme contractée.

Cyclostoma Lutetianum.

Testa valde rimata, oblongo-conoidea , lineis spiralibus el confertioribus Iongitudinalibus clathrata; — spira conoidea, sat elongata, obtusiuscula; apice lœvigato, obtuso, parum mamillato; — anfractibus 6 convexis, celeriter crescentibus, sutura impressa (ad penultimum perprofunda) separatis; ultimo majore, rotundato: — apertura verticali, rotundata; peristomate continuo, soluto, recto, crassiusculo, margine

columellari expansiusculo; marginibus angulatim junctis; — operculo — Alt. 17. Diam. 9 1/2

millim.

Canonville, Joinville-le-Pont. — A. C.

Cette espèce doit être une des formes ataviques du Cyclostoma sulcatum. (Draparnaud, llisl. Moll, p. 33, pi. XIII, f. 1, i8o5.)

Le Lutetianum se distingue du sulcatum par sa forme plus allongée; par son lest non perforé, mais pourvu (Lune fente ombilicale plus large, plus prononcée; par ses striations plus serrées, plus délicates; par ses tours plus convexes, mieux arrondis, par conséquent par sa suture plus profonde; par son bord périslonial plus aminci; par son dernier tour détaché, plus dans Taxe de la coquille, ele

OMATIAS PlilM.EVUS.

Je ne connais de celte nouvelle espèce qu'un seul fragment provenanl de Canonville, près de Vincennes.

Ce fragment, composé des tours médians el d'une partie de l'ouverture, appartient par

là LA SEINE.

I ensemble de ses caractères au groupe du Pomatias patulus (n, et se rapproche assez, bien qu'il en soit distinct, des Pomatias Maresi-^ et Atlanticus® d'Algérie.

Le Pomatias primœvus est caractérise' par de fortes côtes sinueuses, obliques, régulières et espacées; par une spire acuminée, paraissant devoir être très allongée; par des tours bien convexes, s'accroissant lentement et séparés par une suture profonde; par le dernier tour peu développé, terminé par une ouverture bien arrondie.

§ -2. Branchiata.

l'ALUDLMDyE.

BïTHINIA TENTACULATA.

Hélix tentaculata, Linx^ds, Syst. Nat. (éd. x). I, p. 77/1, 1758. Bithinia tentaculata, Gray, in Turtox, Shells Brit., p. p,3, f. 20, i8'io. Bylliinia tentaculata, Steix, SchnccL DerL, p. 92, i85o.

Espèce commune a Montreuil, Joinville-le-Pont, Canonville el Clichy, dans la sablière Deligny.

On rencontre encore assez abondamment, dans ces localités, plusieurs variétés de formes de cette espèce, savoir:

Var. B. oblonga. Dans la sablière Deligny.

\ ar. G. obesa. A Canonville.

Var. D. minor. A Montreuil et à Joinville-le-Pont.

BlTIIYMA ARCHE A.

Testa rimata, oblongo-venlricosa, lœvigala, sat crassa; — spira conica, lanceolala; apice minuto. acuto; — anfractibus 6 convexis, celeriler crescentibus, sutura impressa separatis; penultimo maximo, valde turgido; ultimo leviter soluto, ad aperturam lente descendente; — apertura paululum obliqua, rotundalo-oblonga, peristomate recto, incrassato, continuo, soluto; margine columellari retlexiiisculo; — operculo — Alt. 1 1. Diam. 5 1/2 millim.

Sablière Deligny à Clicliy-la-Garenne. — A. C.

Amnicola proie va.

Testa subrimala , ventricoso-obesa, lœvigata, tenui; — spira obtuso-conoidea, parum elevata; apice obtuso, leviter maniillato; — anfractibus h ad h 1/2 convexiusculis, celerrime crescentibus , sutura impressa separatis; ultimo maximo, dilalato, rolundato-turgido; — apertura oblongo-rotundala. fere verticali, ad partem superiorem subangulata; peristomate continuo, recto, acuto, intus crassiusculo ; margine columellari expansiusculo; — operculo — Alt. 3. Diam. 2 1/2 millim.

Sablière Deligny à Clicby-la-Garenne. — li.

Amnicola Radigueli.

Testa subim perfora ta , turgido-venlricosa, tenui, lœvigata; — spira conoideo-abbreviata , obtusissima ;

" L. PfeifFer in Zeitschr.fùr Maiak., ]>. 110, 18/17. !l Lelourneux, in Bourguignat, Moll. nouv. litig. etc.

< Cycl. patuîum, Draparnaud, Tabl. Moll. , p. 3(j. 1801.) (9e décade, 1868), p. 990, pi. XL, f. i3-ib\ 2) Letourneux , Les Kab. et les coût. kab. ( Sous presse.)

apice prominente, minuto, sat acuto; — anfractibus h turgidis, circa suturam profundam planiusculis, celerrime crescentibus ; ultimo maximo, rotundato: — apertura fere verticali, rotundato-piriformi , ad partent snperiorem angulata; peristomale recto, acuto; margine externo leviter anlrorsum arcuato; mar-

gine columellari crassiusculo ac reflexiusculo; marginibus calio valido junctis; — operculo — Ail. 2.

Diani. a 1/2 millim.

Canon vil le, près de Vincennes. — R.

BELGRANDIA JoiNVlLLEXSIS.

Testa minima, rimata, obeso-elongata, sub lente fere substriatula, in ultimo anfractu prope aperturam valde gibbosa; — spira elongata, obeso-conoidea , obtusa; apice obtuso; — anfractibns 5 ad 6 tumidorotundalis, circa suturam profundam paululum planiusculis, celerrime gradatiinque crescentibus; ultimo parum majore, rotundato, leviter solulo, i/'h altitudinis œquante; — apertura fere verticali, subrotundata, ad partem snperiorem subangulata; peristomate continuo, sat solulo, acuto, intus incrassatulo , fere

undique expansiusculo, modo ad insertionem labri exlerni recto; — operculo ignoto. — Alt. 2 1/2.

Diarn. 1 \jh millim.

Joinvillc-Ie-Ponl, Canonville, sablière Deligny. Espèce assez abondante.

Belgrandia Desnoyersi.

Testa minima, subimperforala, obeso-lanceolala, lœvigata, in ultimo anfractu prope aperturam gibbosa ; — spira lonceolata, obliqua (axis coiumellaris sicut fracla, dextrorsus inclinala), obtusissime acuminata; apice obtuso; — anfractibus 6 convexo-tumidis, gradatim ac celerrime crescentibus, sutura per profunda separatis; ultimo rotundata, i/4 altitudinis œquante; — apertura verticali, oblongo-rotundala; peristomate continuo, acuto, intus labiato, undique expansiusculo, modo ad insertionem labri externi recto; — operculo .... — Alt. 3. Diam. 1 1/3 millim.

Canonville. — R.

Cette espèce diffère de la Joinvillensis par sa coquille plus allongée, caractérisée par son axe columellaire, comme brisé, incliné à droite; par son dernier tour non détaché de l'avant-dernier, pourvu d'une gibbosité plus rapprochée du bord péristomal; par ses tours de spire plus régulièrement arrondis, etc

Belgrandia Lartéttana..

Testa imperforata, lanceolala , lœvigata, in ultimo anfractu prope aperturam valde tuberculoso-gibbosa ; — spira lanceolato-elongata , sat subito subacuminala; apice obtuso; — anfractibus ("> ad 7 exacte rotundalis, regulariter ac vix celeriter crescentibus, sutura profunda separatis; ultimo vix majore, rotundato; \jk altitudinis non œquante; — apertura verticali, rotundata, minuta; peristomate continuo, acuto, fere undique expansiusculo; — operculo — Alt. 3. Diam. 1 1//1 millim.

Joinville-le-Pont, Canonville. — R.

Cette Belgrandie, que je dédie au savant M. Edouard Lartet, se distingue des deux espèces précédentes par sa coquille allongée, lancéolée, non obèse ni ventrue; par l'enroulement de ses tours plus lent, plus régulier, de telle sorte que le dernier est à peine plus grand que l'avantdernier, etc.

Belgrandia w.ui ea.

Testa rimata, oblongo-obesa , ventricosa, lœvigata, in ultimo anfractu prope aperturam gibbosa; —

spira oblongo-obesa, ad apicem obtusissima; — anfractibus 5 lurgido-rotundalis, celerrime crescenlibus i anfraclus superior exiguus, alteri maximi), sutura perprofunda separatis; ultimo rotundato, adaperturam pauluium soluto. i/o altitudinis superante; — apertura levitcr obliqua, oblongo-rolundala, ad partem superiorem subanguiata; peristomate recto, continuo, intus incrassatulo, fere undique expansiusculo; — npoi'culo — Alt. 2 1/2. Diam. 1 1/2 millim.

Joinville-le-Pont. — R.

Celle espèce diffère des coquilles précédentes par sa forme moins lancéolée, par ses tours de spire plus gonflés, à croissance excessivement rapide, à partir du tour supérieur.

Belgrandia Deshayesiana.

Testa rimata, conoidea, laevigata, in ultimo anfractu prope aperturam valde gibbosa; — spira conoideo-acuminata , sat abbreviata; apice obtuso; — anfractibus 5 convexis, celeriter ac gradatim crescentibus, sutura sal impressa separatis; ultimo rotundato, i/.'i altitudinis aequanle, ad aperturam leviter soluto; — apertura vertical!, subrotundata , ad partem superiorem subanguiata; peristomate continuo, soluto,

acuto, ad insertionem labri exlerni recto, fere undique expansiusculo; — operculo — Alt. 2 i/li.

Diam. 1 ?>/fi millim.

Joinville-le-Pont. — R.

Cette coquille se distingue des précédentes par son test conoïdal, plus gobuleux vers le dernier tour, et par ce dernier tour plus projeté en dehors de Taxe columellaire.

Belgrandia Edwardsiana.

Testa minima, oblongo-abbreviata , ventricosa, lœvigata, in ultimo anfraclu prope aperturam valde gibbosa; — spira obtusissimo-acuminata ac abbreviata; apice sat minuto, obtusiusculo; anfractibus 5 convexis, celerrime crescenlibus, sutura impressa separatis; penultimo dilalalo, maximo, turgido; ultimo fere minore, rotundato, i/3 altitudinis aequante; apertura vix obliqua, oblongo-rotimdata; peristomate continuo, acuto, intus labialo, expansiusculo prœsertim ad partem basalem, ad insertionem labri externi recto; — operculo — Alt. 2. Diam. 1 1/2 millim.

Canonville, près de Vincennes. — R.

Espèce caractérisée par sa forme écourtéeet par sou avant-dernier tour très renflé, excessivement développé par rapport au dernier tour, qui semble plus petit.

Belgrandia Dimesniliana. .

Testa minima, subrimata, oblonga, substriatula, in ultimo anfractu prope aperturam gibbosa; — spira oblonga; apice obtusissimo; — anfractibus 5 turgido-rotundatis , gradatim celerilerque crescentibus, sutura perprofunda prœsertim ad aperturam separatis; penultimo maxime ventroso ac turgido; ullimo parum dilalalo, sicul minore; — apertura fere verlicali, oblonga; peristomate continuo, recto, intus incrassatulo, fere undique expansiusculo. Alt. 2. Diam. 1 millim.

Cette espèce, la plus petite cl la plus délicate des Belgrandies, provient de Canonville, où elle est fort rare.

Le genre Belgrandia, que je viens d'établir en l'honneur de notre parent et ami, M. Belgrand, inspecteur général , directeur des eaux de la Ville de Paris, se compose de très petites espèces de Paludinidœ, dont les analogues ont été classées soit parmi les Hydrobia, soit parmi les Paludiiicll a.

Les mollusques de ce genre sont des espèces spéciales aux eaux claires et limpides. La pré-

sence de ces coquilles dans les couches inférieures des vieux graviers de la Seine, en compagnie d'espèces terrestres ou de rivière, indique que les dépouilles testacées de ces animaux ont été entraînées par les courants jusqu'aux endroits où on les retrouve actuellement.

Les Bcîgrandia sont caractérisées par un ou deux gonflements sur le dernier tour de spire, sortes de gibbosités qui ne ressemblent en rien à ces gonflements ou à ces gibbosités, résultats d'un temps d'arrêt dans la croissance, que l'on remarque chez la plupart des coquilles. Les gibbosités des Belgrandia ont une tout autre importance. Elles apparaissent à l'extérieur sous la forme d'une petite éminence oblongue, subarrondie, ou sous l'apparence d'un fort bourrelet occupant quelquefois toute la hauteur du tour. A l'intérieur, ces gibbosités se dessinent en creux et ne s'encrassent pas de callosités. En un mot, elles sont, pour les Belgrandia , un signe générique aussi important que les gibbosités analogues le sont pour les genres Varigera et Pterodonta d'Alcide d'Orbigny.

11 existe en France deux Belgrandia vivantes, les Belgrandia gibba et Moitessieri.

Ces espèces habitent dans les eaux claires et limpides des environs de Montpellier. La plus anciennement connue est la gibba M. La seconde a été décrite par moi en janvier 1866 sous l'appellation d' Hydrobia Moitessieri®.

A l'époque où je décrivais cette dernière espèce, bien que les gibbosités des gibba et Moitessieri m'aient singulièrement étonné, je n'osais pas considérer ce signe distinctif comme un caractère générique, et je laissais à tort ces espèces dans le genre Hydrobia. J'avais cependant été si frappé de ces gibbosités, que j'émis l'opinion suivante :

'rLes Hydrobia Moitessieri et gibba me paraissent des mollusques spéciaux au département de l'Hérault et des coquilles caractéristiques de l'ancien centre gallique, dont les Moitessieria , Paladïlhia et Bngesia, sont les derniers représentants. Ces espèces, en effet, n'appartiennent ni au centre alpique ni au centre hispanique de création; mais sont les restes d'une ancienne faune toute particulière à presque toute la partie mon tueuse du centre de la France, qui a été successivement détruite aux diverses époques glaciaires, et surtout par les différentes débâcles du pôle boréal, dans les temps préhistoriques '3>.n

Ainsi l'on voit que, bien qu'à l'époque où j'écrivais ces lignes je n'eusse aucune connaissance des fossiles de Joinville et de Canonville, mon jugement est complètement réalisé. Les gibba et Moitessieri étaient bien des formes de l'ancien centre gallique, puisqu'on ce moment je viens de faire connaître toute une série d'espèces, contemporaines de cet ancien centre, qui toutes sont caractérisées par ces gibbosités qui m'avaient si fort frappé autrefois.

Aujourd'hui, en présence d'un aussi grand nombre de coquilles présentant toutes le même signe caractéristique, il advient que ce signe, que j'avais jadis considéré comme spécifique, ne peut plus actuellement être envisagé comme tel. Ce signe, par sa fixité, par sa présence sur toutes les coquilles, doit être regardé comme un caractère générique.

MELANID^.

Lartetia Belgkandi.

Testa sublimai,!, acuminato-elongata , solida. crassa, passim rustice substriatula; — spira lanceolata. acute acuminata; apice obtusiusculo ; — anf'ractibus-7 ad 8 convexiusculis, celeriter crescentibus, sutura

(') Hydrobia inhhd , Dupuy, llist. Moll. France, p. 557, w Bourguignat, Molî. noue, lilig., etc. (6* décade)

pi. XXVII, f. i3. C fasc. i85i.) — (Cyclostoma (pb- p. 191, pi. XXXI, fig. 8-1 1. 1866. bum, Draparnaud, i8o5. - Paludina gibba, Micnaud, t3) Bourguignat, Moll.nova>. Utig., etc., p. ig3,janv.

i83i. — Bithy nia gibba , Dupuy, 1869.) 1866.

La Seine. — Conchyliologie. 3

impressa separàtis; nltimo paululum majore, convexo, ad insertionem labri parum soluto, ac sicut in Paladilliiis leviter subrimato; — apertura leviter antrorsum provecta, elongato-oblonga , supra subtusqae subangulata; — peristomate continuo, recto intus crassiusculo, ad partem l)asalem subexpanso; iabro externo dilatato, antrorsum arcuato et provecto; — operculo. ... — Alt. G. Diam. 2 millim.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny à Clicby-la-Garenne. Espèce assez abondante.

LARTETIA JoiNVILLENSIS.

Testa vix subrimala, acuta, solida, substriatula ; — spira parum lanceolata, acuminata, conoidali; apice vix obtusiusculo aut leviler acuto; — anfractibus 7 convexiusculis, celeriter crescentibus, sutura impressa separàtis; ultimo vix majore, converso, ad insertionem labri leviter subsoluto; — apertura verticali, oblonga, ad partem superiorem angulata; peristomate continuo, recto, intus incrassatulo, ad partem basalem subexpanso; labro externo dilatato, antrorsum arcuato et provecto; operculo. ... — Alt. h 1/2. Diam. 2 millim.

Joinville-le-Pont, Canonville, Montreuil. — Assez rare.

Cette espèce se dislingue de la précédente par sa taille moindre; par sa l'orme moins lancéolée, plus conoïdale et plus aiguë; par son ouverture moins obiongue, et par son dernier tour moins développé, etc.

Lartetia Hadigleli.

Testa vix subrimata, cylindriformi, elongatissima, crassa, solida, striatula; — spira valde lanceolatoelongata, sat subito attenuata; apice obtuso; — anfractibus 8-9 convexis, lente gradatimque crescentibus, sutura profunda separàtis; ultimo rotundato, vix majore, ad insertionem labri leviter subsoluto; — apertura verticali, rotundata, ad partem superiorem subangulata; peristomate continuo, recto, crasso, intus incrassatulo, ad partem basalem expansiusculo; labro externo dilatato antrorsum arcuato et provecto; — operculo — Alt. 9. Diam. 3 millim.

Canonville. — Rare.

Cette Lartétie, la plus grande des espèces du genre, est caractérisée par une spire cylindrique. 1res allongée; par ses tours plus convexes, à croissance plus régulière; par son ouverture arrondie, au lieu d'être de forme obiongue comme celle des deux espèces précédentes.

Lartetia Roujoui.

Testa vix rimala, lanceolato-acuminata, crassa, solida, substriatula; — spira elongatissima, acuta; apice minulo; — anfractibus 8 convexiusculis, lente crescentibus, sutura impressa separàtis; ultimo paululum majore, rolundato-ventricoso, ad insertionem labri soluto; — apertura verticali vel leviter antrorsum provecta, oblongo-subrotundata , ad partem superiorem subangulata; peristomate continuo, fere soluLo, recto, crasso, intus incrassato, ad partem basalem expansiusculo; labro externo dilatato, antrorsum provecto et arcuato; operculo — Alt. (i. Diam. 2 1/2 millim.

Très-rare à Joinville-le-Pont. — Un peu plus abondante à Canonville.

Cette espèce se distingue : i° des Belgrandi et Joinvillensis par l'enroulement régulier de ses tours, ainsi que par son ouverture non obiongue, mais presque arrondie, etc.; 20 de la Radlgueli par sa taille bien plus petite, par sa spire acuminée, moins allongée et non cylindrique, etc.

Lartetia Marilli.

Testa subrimata, lanceolalo-acuminata, solida, sat crassa, striatula; — spira elongatissima, acuminata,

ad apicern obtusata ac leviter attenuata; — anfractibus 8 convexiusculis regulariter ac sat celeriter crescenlibus, sutura impressa separatis; — penultimo paululum planiusculo ; ultimo paru m majore, elongatoconi[)resso, ad insertionem labri leviter soluto, ac sicut in Paladilhiis subrimalo; — apertura autrorsum provecta, elongata, transverse coarctata, ad partem superioreiu angulata; peristomate continuo, recto inlus vix incrassalulo, ad partem basaleiu satexpanso; labro externo valde arcuato ac antrorsum provecto; operculo — Alt. 6 1/2. Diam. 2 i/A millim.

Canonville. — Espèce rare.

Espèce caractérisée par la compression du dernier tour; par une ouverture allongée, transversalement contractée; par un labre externe bien plus projeté' en avant, ainsi que par une inflexion bien plus prononcée vers l'insertion du bord externe, inflexion qui correspond exactement à la petite fente pleurotomoïdale des Paladilhia.

Laktetia sequanica.

Testa rimata, ventroso-conoidali, solida, crassa,sublœvigata; — spira conico-elongata, acuniinata; apice sat acuto; — anfractibus 6 ad 7 (prioribus convexiusculis, penultimo planiusculo) celeriter crescentibus, sutura parum impressa separatis; ultimo parum majore, rotundato, ad insertionem labri soluto; — apertura antrorsum provecta , oblongo-rotundala , ad partem superiorem subangulata; peristomate continuo, recto, crasso praesertim ad marginem externum, ad partem basalem leviter expansiusculo; labro externo arcuato . valde antrorsum provecto; — operculo — Ail. 5 i/h. Diam. 2 1/2 millim.

Canonville. — Rare.

La Lartetia sequanica est caractérisée par sa forme plus courte, plus ventrue vers la région aperturale, ce qui donne à cette coquille, dont la spire est peu lancéolée, une apparence conoïdale toute particulière.

Lartetia Nouletiam.

Testa bene rimata, parvula, oblogo-elonganta , parum crassa, late obscure subcoslata; — spira elongata, parum acuminata, ad apicem sat obtusa; — anfractibus G convexiusculis, celeriter crescentibus, sutura impressa separatis; penultimo ac ultimo convexis, valde dilatatis; ullimo ad insertionem labri leviter soluto ac sat subrimato; — apertura antrorsum provecta, oblongo-rotundala; peristomate continuo, recto, intus vix incrassatulo, ad partem basalem expansiusculo; labro externo valde arcuato et antrorsum provecto; — operculo — Alt. 3 \/k-h. Diam. 2 millim.

Joinville-le-Pont. — Rare.

Cette Lartétie, que je dédie à notre ami le docteur Noulet, de Toulouse, est la plus petite des espèces de ce genre. Cette coquille est caractérisée par un grand développement du dernier tour, développement qui s'accuse surtout, en dehors de l'axe columellaire.

Les espèces que je viens de décrire sous la nouvelle appellation générique de Lartetia, en l'honneur de notre excellent et savant ami, M. Edouard Lartet, sont des coquilles de grands cours d'eau.

Ces Lartetia, que l'on avait prises bien à tort pour des PaludestrinaW, sortes de petites palu dinidae, spéciales aux eaux salées ou saumàtres, sont, au contraire, des mollusques d'eau doua de la famille des Melanidœ, voisine des Pyrgula® et des Paladilhia f3'.

W Voy. Gli. d'Orbigny, Sur un banc de coq. jluv. que tissa, p. h, 1 83a. (Voyez, à ce sujet. Bourguignat, Wonogi

l'on remarque dans le dilnvmm des environs de Paris, du jU'nre Ptrgula, dnns Spicil. Malac, |>. 69, 1861. (Bull, de la Soc. géol. , l. XVII, i85p,). (3) Bourguignat, Monogr. du genre Paladilhia. Paris,

W De Cristofori et Jan, Conspect. melh. mollusc. man- in-8°, janvier 1 865.

Les Lartetia sont caractérisées par une coquille épaisse , solide , à spire plus ou moins lancéolée ou acuminée; par un péristome continu, libre et détaché vers l'insertion du bord externe, et surtout par une ouverture analogue jusqu'à un certain point à celle des Paladilhia.

Comme chez les Paladilhia, en effet, la base de l'ouverture est plus avancée que la partie supérieure; le bord externe se dilate, s'arque et se projette en avant de telle façon, qu'entre la dilatation de ce bord et son point d'insertion se trouve toute une partie aperturale plus ou moins creuse, comme canaliculée, qui ressemble assez à celle qui caractérise les Paladilhia. Seulement, chez les Lartetia, il n'existe pas de fente pleurotomoïdale.

De même que les Belgrandia, les Lartetia sont des espèces contemporaines des formes de l'ancien centre gallique, dont les représentants actuels sont les Bugesia, les Paladilhia et les Moitessieria.

VALVATIDjE.

Valvata OBTUSA.

Nerita obtusa, Studer, Faun.Helv. inCoxE, trav. Schw., t. III, p. 436 (sans caract.), 1789. Valvata obtusa, Brard, Coq. Paris., p. 190, pi. VI, f. 17, i8i5.

Montreuil, Joinville-le-Pont, sablière Deligny à Clichy-la-Garenne. Assez abondante.

Valvata piscinalis.

Nerita piscinalis, Mùller, Vcrm. Hist., II, p. 172, 1776.

Valvata piscinalis: Ferussac (père), Essai syst. conch., p. 75, i8o5.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny.

Assez commune.

Valvata Gaudryana.

Valvata piscinalis, Var. Gaudryana, Mortillet, Coq. terr. et d'eau douce des sables à Eleph. primig. d'Abbeville; in Bull. Soc. géoi, t. XX, p. 295, fig. p. 5g2, 1 863.

Coquille un peu plus déprimée et à ombilic un peu plus large que celui de la Valvata piscinalis.

Joinville-le-Pont, Canonville, sablière Deligny, Montreuil. Espèce peu rare.

Valvata spirorbis.

Valvata spirorbis, Draparnaud, Hist. Moll. France, p. 4i, pi. 1, f. 32-33, i8o5.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny.

Assez rare

Valvata minuta.

Valvata minuta '\ Draparnaud, Hist. Moll. France, p. £2, pi. I,f. 36-38, 1806.

Joinville-le-Pont.

Rare.

■'' Non Valvata minuta de Dupuy, Gassies, Moquin,etc.

Yalvata planorbulina.

Valvala planorbulina, Paladilhe. Nouv. Miscell. maluc. (1° fasc. mars 1867), p. 69, pi. III, f. a3-2G.

.Joinville-le-Pont, sablière Dcligny.

Espèce rare.

MOLLUSCA ACEPHALA.

LAMELLIBRANCHIATA.

SPIIjERIDjE

Spilerium corneum.

Tellina cornea, Linn/eus, Syst. Nat. (éd. x), I, p. 678, 17.58. Sphœrium corneum, Scopoli. Introd. ad. hist. nat., p. 398, 1777.

Joinville-le-Pont, Montreuil, Canonville, sablière Deligny à Clichy-la-Garenne. Le type de cette espèce est assez rare, tandis que sa variété rivalis (Cyclas rivalis, Draparn un , Hist. Moll. France, p. 129, 1806) est fort abondante.

PiSIDIUM AMNICUM.

Tellina amnica, Mùller, Venu. Hi.it., II, p. <?o5, 177/1.

Pisidium amnicum, Jenyns, Monogr. Cycî. and Pisid. in Trans. Camb. phil. Soc, t. IV (2e partie], p. 309, pi. XIX, f. 2, 1 833.

Espèce commune à Joinville-le-Pont, à Canonville, à Clichy-la-Garenne dans la sablière Deligny.

Assez rare à Montreuil.

Pisidium casertanum.

Cardium casertanum, Poli, Test, utriusq. Siciliœ, t. I, p. 65, pi. XVI, f. 1, 1791. Pisidium casertanum, Bourguignat, Cat. Moll. terr. Jluv. d'Orient, in Voy. à la mer Morte, p. 80 i853.

Le type de cette espèce n'a pas encore été recueilli, mais seulement une de ses variétés, la variété pulchella (Pisidium pidchellum, Jenyns, Monogr. Cycl. and Pisid. in Traits. Camb. jilul. Soi-.. p. 3o6, pi. XXI, f. i-5, i833), à Joinville-le-Pont, Canonville et Montreuil.

Pisidium Vionianum.

Goncha valde inaequilaterali , sat compressa, rotundato-oblonga, concenlrice eleganler costulata; — antice dilatata, oblongo-provecta; postice abbreviala. rotundata; marginibus (superiore ac inferiore convexis; — umbonibus plauiusculis, compressis, sicui obtritis, ad partem posticam versis; — dentibus

cardinalibus duabus, validis, crassis, oppositis, in V everso dispositis ac ad partem posticam versis; — lamellis lateralibus elongatis, productis, acute angulatis. — Long. 5 1/2. Crass. 3 niillim.

Cette nouvelle Pisidie, caractérisée par ses sommets non proéminents ni convexes, mais aplatis et comme écrasés, a été recueillie dans la sablière Deligny à Clichy-la-Garenne, où elle parait peu commune.

Je me fais un plaisir de dédier cette espèce à M. le professeur René Vion, d'Amiens, en souvenir de l'obligeance qu'il a bien voulu me témoigner lors de ma visite à Saint-Acheul, en août 1867.

PlSIDIUM PUSILLUM.

Tellina pusilla, Gmelin, Syst. Nat., I, p. 323 1, 178g.

Pisidium pusillum, Jenyns, Monogr. Cycl. and Pisid. in Trans. Camb. phil. Soc, t. IV (2e partie), p. 3o4,tab. XX, f. 7-8, i833.

Joinville-le-Pont, Canonville, sablière Deligny.

Pisidium nitidum.

Pisidium nitidum, Jenyns, Monogr. Cycl. and Pisid. in Trans. Camb. phil. Soc, t. IV (2e partie), p. 3o4,pl. XX, f. 7-8, i833.

Sablière Deligny à Clichy-la-Garenne.

Espèce rare.

Pisidium Henslowianum.

Tellina Henslowiana. Sheppard, Desc. Prit, shells, in Trans. Linn. , t. XIV, p. i6g-i5o, 1823. Pisidium Henslowianum , Jenyns, Monogr. Cycl. and Pisid. in Trans. Camb. phil. Soc, t. IV, p. 3o8, tab. XXI, f. 6-9, i833.

Le type caractérisé par des sommets enflés, élevés, ornés d'un appendice lamelliforme, a été assez abondamment recueilli à Joinville-le-Pont, à Canonville et dans la sablière Deligny.

La variété inappendiculata (Bourguignat, in Amén. Malac, t. I, p. 5l, i85à), qui ne diffère du type que par le manque de l'appendice lamelliforme des sommets, a été trouvée dans la sablière Deligny.

Cette variété semble fort rare.

Pisidium conicum.

Pisidium conicum, Baudon, Essai monogr. des Pisidies françaises , p. 5o, pi. V, f. B, 1857.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny.

Rare.

Pisidium obtusale.

Cyclas oblusalis, Lamarck, An. S. Vert., t. V, p. 55q, 1818.

Pisidium obtusale, C. Pfeiffer, Land-und Siissw. Moll., I, p. 125, pi. V, f. 21-22, 1821.

Canonville.

Espèce rare.

UMOMDM.

Unio rhomboïdeus.

Mya rhomboïdea, Schroter, Flussconch, p. 186, pi. II. f. 3, 1779.

Unio rhomboïdeus, Moquin-Tandon, Hist. nat. Moll. France, t. II, p. 568, pi. XLVIII, f. i-9, et \LIX, f. 1-2, i855.

Echantillons bien caractérisés à Joinville-le-Pont, à Canonville, à Mon treuil, à la sablière Deligny.

Espèce assez abondante.

Unio Joinvillensis.

Concha oblongo-elongata.sal tumida, valde inœquilaterali; valvulis bene convexis, concenlrice strialis;

— antice valde exigua, rotundata; postice Mante, late dilatata, producta, elongo-rolundata ; marginibus (superiore ac infcriore) leviter arcualis; — umbonibus antice valde convexis, vix prominentibus. aient compressis, leviter rugosis; natibus acutis ad parlem anticam versis; — dente cardinali leviter stricto, producto, subtriangulari, ad summum truncato; lamella latéral) valida, crassa, leviter subarcuata, ad partem posticam praesertim producta. — bong. sq-34. Crass. i5-20 millim.

Joinville-le-Pont, sablière Deligny.

Espèce assez rare.

Unio hippopotami.

Concha minima, subangulalo-oblonga, parum tumida, valde insequilaterali , concenlrice rugosa; — antice exigua, rotundata; postice dilatata, producta, compresso-rotundata, ad partem inferiorem subangulato-roslrata; margine superiore arcuato; margine inferiorerectiusculo; — umbonibus antice valde approximatis, parum prominentibus, ad partem anticam valde rugoso-costalis, ad partem posticam modo striatis;

— dente cardinali alto, compresso, triangulari; lamella laterali arcuata , parum elongata. sat producta. — Long. i5-20. Crass. 8-10 millim.

Canonville, près de Vincennes.

Espèce rare.

Telles sont les espèces, au nombre de 76, que je connais, des comités inférieures des anciens graviers delà Seine des environs de Paris.

Sur ces 7G mollusques, 38 sont des espèces nouvelles, qui n'existent plus actuellement; enfin 3o sont terrestres et hG fluviatiles.

Voici maintenant le tableau de ces espèces classées suivant leur mode d'habitation, suivant leur manière de vivre.

Les mollusques terrestres peuvent se diviser :

i° En espèces particulières aux coteaux pierreux, maigres, non boisés :

Succinea Joinvillensis, llelix Radigueli.

Ilelix Dumesniliana , Buliraus tridens,

Ruchetiana, Carychium tridentalum,

dilu\ii. Cyclostoma Lutetianum.

2a LA SEINE.

2° En espèces particulières aux endroits humides et ombragés :

Vitrina antediluviana, Hélix Belgrandi,

Succinea italica, Bulimus montanus,

Zonites elephantium , Bayanus,

Hélix nemoralis. Clausilia Joinvillensis,

arbustorum (l). Pupa muscorum,

lapicida , palœa ,

pulcheîla , Cyclostoma elegans ,

costala, subelegans,

Lutetiana . Pomatias primsevus.

3' En espèces ayant vécu sur les plantes aquatiques ou dans les gazons humides des rives du fleuve :

Succinea putris, Hélix Boucheriana,

Hélix celtica, Ferussacia subcylindrica.

Quant aux coquilles jluviatUes , elles peuvent se répartir en espèces spéciales aux fontaines ou aux eaux limpides de petits ruisseaux, enfin en espèces de rivière. Les mollusques des eaux limpides sont les suivants :

Ancylus gibbosus, Belgrandia Edwardsiana,

Belgrandia Joinvillensis, Dumesniliana,

— Lartetiana, Desbayesiana ,

archsea , Pisidium nitidum.

Desnoyersi ,

Les mollusques de rivière se subdivisent, suivant leur manière de vivre, en espèces : i° Adhérentes aux pierres ou aux cailloux :

Ancylus simplex, Amnicola Badigueli, antediluvianus , Vaivata minuta,

Desnoyersi , planorbulina ;

Amnicola primaeva ,

2° Ou vivant sur les tiges, les feuilles des plantes aquatiques, ou sur des débris de bois morts :

Planorbis complanalus, Planorbis Badigueli,

dubius, Limnœa auricularia,

albus, Roujoui;

3° Ou rampant sur le limon ou sur le gravier :

Bitbynia tentaculata , Lartetia Badigueli ,

archœa, Roujoui.

Vaivata obtusa , Mabilli ,

Lartetia Belgrandi, sequanica,

Joinvillensis, Nouletiana;

' Celte espèce, ainsi que tes Cyclost. elegans et subelegans, a dû vivre indifféremment dans tes endroits boisés ou non boisés.

!i° Ou habitant au pied des plantes aquatiques au milieu des racines :

Valvata piscinalis, Pisidium casertanum,

Gaudryana, Vionianum,

spirorbis, • pusillum;

Sphœrium corneum ,

5° Ou s'enfonçant dans la vase:

Pisidium amnicum, Pisidium conicum, Henslovvianum, obtusale;

6° Ou enfin s'enfonçant à moitié dans le gravier du fond :

Unio rhomboïdeus, Unio Joinvillensis, Unio hippopotami.

Tous ces mollusques, dont je viens de donner la distribution d'après leur manière de vivre et leur mode d'habitation , sont des espèces parisiennes M, qui ont vécu soit dans la Marne ou la Seine, soit clans les campagnes voisines du cours de ces deux rivières.

Il résulte de là que les couches diluviennes où les débris de ces mollusques ont été recueillis ne sont pas des terrains de transport dus à de violents courants, ainsi que quelques personnes l'ont pensé, mais sont simplement les dépôts naturels d'un grand cours d'eau.

La science malacologique, lorsqu'elle est bien comprise, est une des plus belles sciences du monde; ce n'est que par elle que l'on pourra jamais arriver à la connaissance des temps préhistoriques.

Le mollusque, en effet, est le seul être sur lequel on peut appliquer un système, créer une théorie, par cela même qu'il est presque immobile, qu'il naît, qu'il vit, qu'il meurt, pour ainsi dire, à la même place, et que son acclimatation, des plus difficiles, ne peut s'effectuer, quand elle s'effectue, que d'après certaines lois de vitalité générale parfaitement reconnues.

On comprend donc que, si le mollusque est l'animal sédentaire par excellence, le sol sûi lequel il rampe, le climat dans lequel il vit, doivent avoir sur lui les plus grandes influences, et, par conséquent, que ces influences doivent se traduire chez lui par tels ou tels signes différentiels ou caractéristiques de la plus haute valeur scientifique.

Ainsi les coquilles fossiles dont je viens de donner la liste, par l'ensemble de leurs caractères, dénotent, pour l'époque dans laquelle vivaient ces espèces, une climatologie toute différente de celle qui existe aujourd'hui.

Le climat de notre pays devait être plus froid et surtout beaucoup plus humide.

La forme très lancéolée des Succinea Joinvillensis et Bulimns montanus, la surface rugueuse, comme plissée, des Hélix Dumesniliana, Pmchctiana, Radigueli, etc., l'enroulement excessivement lent des Hélix celtica, Boucheriana, Lutetiana, Belgrandi, etc., non moins que la tendance à la forme conoïde de certaines espèces, comme la ncmoralis, par exemple, sont autant de signes caractéristiques indéniables d'une température des plus humides, d'une moyenne un peu plus froide que celle de notre époque.

(1' Par espèces parisiennes, je n'entends pas des espèces de la Malacologie de l'Algérie, 2 vol. gr. in-h°, 18G6 ; et

propres au pays, mais simplement des rsp<Vrs ayant vécu le chapitre de la stratigraphie malacologique des espèces

dans le bassin de la Seine. J'ai démontré déjà depuis du département de l'Hérault, à la fin de l'ouvrage de

longtemps ipiVn France il n'y avait jamais eu qu'une M. Moitessier, Hist. tnalac. du département de l'Hérault.

faune d'acclimatation. (Voyez, à ce sujet , mes conclusions Paris, 1868.)

La SiiiMK. — Conchyliologie. U

Les formes de la faune actuelle, qui correspondent aux formes des coquilles terrestres de ce diluvium, se rencontrent maintenant soit dans les contrées septentrionales de l'Irlande, soit dans les parties montueuses nord des Alpes tyroliennes ou transylvaniennes.

L'examen des formes des espèces fluviatiles, non moins que de celles des coquilles terrestres, donne un résultat semblable. De nos jours, les mollusques fluviatiles analogues à ceux de Montrcnil, de Joinville ou de Canonville, ne se retrouvent plus que dans les eaux froides des pays monlueux.

A l'époque donc des âges préhistoriques où vivaient les espèces enfouies dans la partie inférieure du diluvium de la Seine, le climat de notre pays devait être d'une extrême humidité.

Sur les 365 jours de l'année, 3oo jours au moins devaient être couverts, brumeux on pluvieux.

La Seine, à cette époque, alimentée par des pluies presque continuelles, devait couler à plein bord, non pas à plein bord dans ce lit actuel qu'on lui connaît, mais dans ce lit préhistorique dont elle a laissé des (races jusque sur les hauteurs de Monlreuil et de Canonville.

Aucune des coquilles fluviatiles que je viens de publier ne porte le cachet si reconnaissable d'espèces aux eaux fangeuses ou marécageuses, signe indubitable que les eaux du fleuve étaient d'une assez grande limpidité, que son cours n'était pas torrentiel, mais était, au contraire, plein et continu, avec une vitesse moyenne peu supérieure à celle du fleuve actuel lors des crues hivernales.

Les campagnes de cette époque, grâce à une humidité constante, devaient être couvertes de magnifiques forets, si j'en juge d'après certaines espèces. Mais, par opposition, les rives du fleuve étaient dénudées. Les Hélix Dumesniliana , Ruchetiana, diluvii, Radigucli, etc., Bulimus tridens, etc., par l'ensemble de leurs formes et de leurs signes caractéristiques, indiquent des plages et des coteaux pierreux, assez maigres en gazons, parsemés seulement çà et là de quelques buissons.

L'année devait donc s'écouler, pour les hôtes qui vivaient à cette époque reculée, dans de longues alternatives de brouillards, de temps couverts ou de pluies fines et continues.

En hiver, le froid n'était pas d'une très grande intensité. En été, la chaleur, sauf de bien rares exceptions, ne devait pas être non plus bien forte. L'écart des températures estivale et hivernale était donc à peu près nul.

Aussi, selon moi, d'après les caractères des animaux que je viens d'observer, les saisons passaient de l'une à l'autre d'une manière insensible, dans une espèce de température relativement plus froide que la nôtre en moyenne, mais sans être rigoureuse, tempérée qu'elle était par des brouillards ou des pluies presque continuelles.

Cette faune préhistorique, bien qu'elle soit celle d'une époque relativement froide et humide, comme je viens de le dire, n'est pas pour cela une faune glaciaire.

Celte faune est celle d'une époque intermédiaire entre deux phases glaciaires, ou mieux entre deux recrudescences de froid, indépendantes de cette longue et terrible période glaciaire qui, au commencement de notre époque, a recouvert l'Europe presque tout entière d'un manteau de glace.

Depuis cette grande période primitive jusqu'à nos jours, j'ai cru reconnaître cinq phases de vitalité correspondant à un laps de temps assez long, séparées les unes des autres par une recrudescence de froid.

Or, dans l'ordre de succession, les animaux de Monlreuil, de Joinville, etc., contemporains de ceux de l'ancien centre gallique, appartiennent à la seconde phase de vitalité, constituent

une faune distincte de la faune primitive, bien que cette faune ne soit, à proprement parler, que la continuation, qu'une des phases de la première, et qu'elle ait conserve', jusqu'à un certain point, un caractère oriental tout particulier qui accuse sa filiation.

Cette faune, en effet, est bien postérieure à cette faune primitive que j'ai eu le bonheur d'exhumer des cavernes des Alpes-Maritimes (1>, où j'ai découvert, en compagnie de mammifères à type asiatique, comme les Cuons de l'Himalaya, par exemple, toute une série de mollusques possédant encore une partie de leur caractère asiatique.

Comme concordance, les animaux de Montreuil, de Joinville, etc., sont de même date et de même époque que ceux de la couche des diluviums d'Abbeville et de Saint-Acheul, près d'Amiens, où ont été recueillis des silex taillés et de nombreux débris de rhinocéros et A'Elephas primigenius.

Ils sont un peu antérieurs à ceux des brèches de l'Espalient, près de Bagnères-de-Bigorre , explorées par notre savant ami M. Edouard Lartet, brèches qui contiennent des quantités d'ossements (ïEleplias, de Iihinoceros, tVUrsus spelœus, etc., ainsi que des infinités de coquilles dont j'ai l'intention, un de ces jours, de faire l'histoire.

Enfin ces mollusques sont également antérieurs à ceux des deux autres faunes malacologiques enfouies dans les autres assises diluviennes des environs de Paris, assises qui, du reste, reposent, sur divers points, en dépôts parfaitement superposés sur ceux dont je viens de faire connaître les espèces.

J. R. BOURGUIGNAT.

O Voyez Bourguignat, Note complémentaire sur divers animaux mollusques cl mammifères découverts près de Vence (Alpes-Maritimes). Paris, 1868.

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