II -= §2 $ zelay et Avallon , jusqu'au delà du vil
*3'g « §" lape de Bois-d'Arcv, sur une vingtaine
g~. I J de kilomètres, en prolongement de la
■r pointe du Morvan; ils occupent, en
I général, le fond des vallées, comme
dans le diagramme ci-contre.
S 3o3m. Rochignard.
Vers Tameron , 200 mètres ....
'Si î-
fco
La Réserve , environ 39um.
Vallée de Broise, à l'aval du village, environ igom.
Sommet boise (le UaulieD] —-P888
Houte
Canal du Nivernais
Yonne , environ i3o mètres.'
Escarpement. Rive gauche.
Quelques géologues disent rrune nier crétacée,» ce qui vieillirait encore bien plus ces vallées.
2. Ce terrain, qui, par son altitude, se relie d'une manière évidente aux sables Les terrains sablonneux des plateaux du Gâtinais, au nord d'Auxerre, paraît être du même âge que les saHes de Fo»f«iww«.« sables de Fontainebleau. On en trouve d'autres traces dans la vallée de l'Yonne, rccom' '"' "!'
autrefois à l'oUCSt du Morvail. '" l)lus grande partie
Si, d'un autre côté, on veut bien remarquer que de longues bandes de grès de bassin <u ia seine Fontainebleau s'élèvent encore, comme des témoins d'un terrain détruit, sur les plateaux lacustres du Valois, du Tardcnois et de la Brie, on reconnaîtra facilement que les mers miocènes ont recouvert à peu près tout le bassin de la Seine de ces puissants dépôts sablonneux dont nous admirons les ruines pittoresques dans la foret de Fontainebleau et dans les vallées de l'Orge et de l'Yvette.
Le Morvan et les parties élevées de la chaîne de la Gôte-d'Or, ainsi que le bord des Ardennes, vers les sources de l'Oise, émergeaient seuls au-dessus de la mer qui déposait ces sédiments. Toute vallée préexistante devait donc se remplir de sable, comme celles dont je donne la coupe. Or on n'a, jusqu'ici, signalé les restes des sables de Fontainebleau que sur les plateaux, jamais au fond des vallées, qui, par conséquent, n'étaient point encore creusées à l'époque où ces sables se sont déposés.
A Paris même on voit encore des restes du sable de Fontainebleau, à Montmartre et à Belleville, aux points les plus élevés de ces deux collines. Dans la dernière de ces localités, ils forment le sommet d'un mamelon occupé par l'ancien cimetière de la commune, et où l'on a bâti récemment le réservoir dit du Télégraphe; on voit tout autour plusieurs carrières de sablon en exploitation.
Nous savons que ces sables étaient recouverts d'autres terrains; ainsi, entre Fontainebleau et Chartres, s'étend le grand plateau de la Beauce. La pente des coteaux des vallées principales est formée par le sable de Fontainebleau; ce dépôt est recouvert d'un calcaire lacustre renfermant de nombreuses coquilles d'eau douce, lymnées, planorbes, etc., analogues à celles qu'on trouve encore dans les marais. Ce calcaire s'étend sur tout le plateau, et donne à la Beauce un caractère bien connu d'aridité.
Dans d'autres localités s'étendent d'autres terrains lacustres, les meulières des plaines de Satory.
Quelle étendue ces terrains d'eau douce occupaient-ils dans le bassin de la Seine hors des limites de la Beauce? C'est ce qu'il est impossible de dire. Leurs derniers lambeaux se remarquent au sommet des collines de sable de la forêt de Fontainebleau. (Voir la planche n° 2.) lis recouvraient peut-être la plus grande partie des sables dont nous voyons les restes sur les plateaux de la Brie.
Enfin, au-dessus de ces sables marins et de ces terrains lacustres qui constituent la base du terrain miocène, s'est-il formé d'autres dépôts? Les faluns de la Touraine et le dernier étage tertiaire, l'étage pliocène, existaient-ils? Sur ce point nous sommes dans une incertitude complète.
à LA SEINE.
Les terrains marins pliocènes, que les Anglais désignent sous le nom de crag (crag corallin, crag ronge et crag de Norwich), manquent complètement dans le bassin de la Seine. Ont-ils été détruits par le grand phénomène que je vais décrire? C'est ce qu'on ne saurait dire.
Il n'est pas certain non plus qu'on y trouve l'équivalent du terrain plus récent que les Anglais nomment forest bed.
On ne remarque, dans l'étendue du bassin de la Seine, aucune trace des dépôts formés par des glaces flottantes, analogues à ceux de l'Angleterre et du nord de l'Allemagne. L'argile à bloc des Anglais (bouldêr clay) ne montre nulle part les épaves des roches de la Norvvège, transportées par les montagnes de glace. M. Durocher en a signalé des débris dans la forêt de Fontainebleau et dans les Pyrénées (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 17 janvier iSk-2); mais je ne pense pas qu'aucun autre observateur ait confirmé cette découverte. On n'y voit non plus aucune trace d'anciennes moraines, quoique le haut Morvan, vers les sources de l'Yonne, s'élève à l'altitude de 900 mètres environ, et, par conséquent, à près de 5oo mètres au-dessus du niveau des ramifications inférieures des anciens glaciers des Alpes.
Mais il n'y a rien d'étonnant à cela : les ramifications basses des glaciers descendent bien au-dessous de la région des neiges. Lorsque les glaciers déposaient leurs moraines terminales au pied du Jura et au sommet des plaines de la Lombardie, à l'altitude de U 00 mètres, la région des neiges éternelles s'élevait certainement au-dessus de l'altitude de 900 mètres. Si donc les sommets des Alpes n'avaient pas dépassé cette dernière altitude, les grands glaciers n'auraient pas existé, et l'on ne trouverait pas plus d'anciennes moraines en Suisse et en Lombardie que dans les plaines de l'Auxois et de la Champagne.
Je ne veux pas dire cependant qu'il n'y ait point eu de blocs transportés par les glaces dans le bassin de la Seine; mais ces blocs provenaient toujours des roches du voisinage ; ils ont été déplacés par de simples débâcles des cours d'eau.
Est-il possible d'indiquer d'une manière précise à quelles époques de l'histoire du bassin de la Seine se rattachent cette débâcle des glaces du pôle boréal qui a couvert une partie de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la Russie, et les immenses glaciers qui rayonnaient à 2 ou 3oo kilomètres du sommet des Alpes? Je le crois, mais je serai très réservé sur ce point : j'écris une monographie, et il faut éviter, dans un travail de ce genre, de s'aventurer sur le terrain dangereux des théories générales. Si l'on avait la monographie des bassins des grands fleuves de, l'Europe, l'histoire de l'époque quaternaire ferait immédiatement un grand pas, car on trouverait facilement la relation qui existe entre tous les phénomènes qui ont donné à notre continent son relief actuel ; mais ce travail ingrat et difficile n'est point encore fait. Je reviens à l'histoire de mon fleuve.
3. Nous pouvons nous faire une idée assez nette du régime des eaux dans ces Régime des eam
dans les temps an< • i
temps anciens.
La surface du bassin de la Seine, si l'on fait abstraction du Moi' van et de la petite partie de l'Ardenne qui s'élève au nord, était, d'après ce qui vient d'être dit, occupée par des terrains complètement arides et perméables. Au sud-est s'élevaient les calcaires oolithiques qui occupaient, comme aujourd'hui, la pente de la chaîne de la Côte-d'Or. Le sablon de Fontainebleau et le calcaire de la Beauce s'étendaient sur le reste.
Ces terrains étaient-ils émergés avant l'époque quaternaire? Etaient-ils encore sous l'eau? C'est ce que personne ne saurait dire : on ne connaît, en effet, aucun débris organique terrestre qui remonte à cette époque. Mais, si la première hypothèse est exacte, il est assez facile de se rendre compte de l'état ancien des lieux occupés aujourd'hui par le bassin de la Seine.
Lorsqu'on parcourt les plateaux couverts par le calcaire de Beauce et les sables de Fontainebleau, on est frappé de la rareté des cours d'eau; celte rareté est la conséquence de l'extrême perméabilité de ces terrains, qui absorbent les eaux pluviales sur place, au point même où elles tombent. Ces eaux pénètrent plus on moins profondément jusqu'aux nappes souterraines et ressortent dans des sources énormes au fond des vallées les plus profondes; les vallées secondaires restent habituellement sèches, même après les plus grandes pluies.
Si, au contraire, on étudie les parties du bassin occupées par les granits du Morvan et les terrains de l'Ardenne, on voit que le sol est sillonné par un nombre vraiment prodigieux de cours d'eau, ce qui tient à ce que, ces terrains étant imperméables, les eaux ruissellent de tous côtés à la surface du sol, dès que la pluie tombe.
Il devait en être de même dans les temps anciens dont nous nous occupons. Le Morvan et l'Ardenne laissaient couler, comme aujourd'hui, les eaux pluviales à leur surface, et étaient, par conséquent, sillonnés par de nombreux ruisseaux. Le reste du bassin formait une immense plaine aride, ondulée comme la Beauce et couverte de vallées sèches peu profondes; de distance en distance un sillon plus creux était le récipient des eaux absorbées par la plaine; des sources nombreuses jaillissaient à peu de hauteur au-dessus des thalwegs des vallées principales et y entretenaient des marais, absolument comme nous en voyons encore dans les vallées de l'Essonne et de la Juinc. L'humidité de ces marais faisait . comme aujourd'hui, un contraste frappant avec l'aridité des coteaux des vallées moins profondes et des plaines voisines. Les eaux, provenant presque toutes de sources, devaient rire généralement limpides: les crues des rivières, |>ar la même raison, étaient peu violentes.
Nous ne pouvons, au contraire, avoir aucune notion certaine sur la direction des vallées qui conduisaient ces eaux tranquilles à l'Océan, puisque le relief oro-
graphique et hydrographique, si différent de celui de l'époque actuelle, a été entièrement effacé par le phénomène diluvien que je décrirai plus loin.
Les rudiments de vallées dont j'ai donné la coupe sur le diagramme n° 1 recevaient certainement une partie des eaux du Morvan, qui coulaient alors à 70 mètres environ au-dessus du niveau actuel de l'Yonne et de la Cure. Il paraît assez probable que ces vallées se prolongeaient à l'ouest de l'emplacement de la ville d'Auxerre et sortaient du bassin de la Seine vers Montargis.
Les eaux du Morvan tombaient donc alors dans le bassin de la Loire.
Il paraît aussi très probable que les eaux des bassins occupés aujourd'hui par l'Oise et même la Marne tombaient dans l'Océan, au nord de l'emplacement actuel de la baie de Seine.
Nous savons encore qu'à l'époque miocène la température était très élevée en France et en Angleterre; que, dans ce dernier pays, beaucoup de plantes et des coquilles fluviatiles ou marines dont on trouve les débris dans les sédiments miocènes ne peuvent vivre aujourd'hui que clans les zones tropicales.
A l'époque que je vais décrire, au contraire, la température a été constamment basse.
Dans l'état actuel de la science, je ne saurais m'étendre plus longuement sur cette partie de l'histoire de notre fleuve, sans tomber dans des appréciations purement conjecturales. J'arrive donc au phénomène qui a modifié si complètement le relief de son bassin.
La plupart des géologues n'admettent pas une action violente; ils supposent que l'ancien état des lieux a été modifié par l'action lente des eaux pluviales et des cours d'eau. Mais ce système ne supporte pas un examen attentif.
On a la certitude que la plupart des terrains détruits au-dessus des plateaux renfermaient des roches dures qui ont dû résister à l'action des eaux et du temps. Par exemple, les sables de Fontainebleau étaient souvent couronnés par une table épaisse de grès dur, dont nous voyons les débris accumulés sur les pentes des collines de la forêt de Fontainebleau, sur les coteaux de l'Essonne, de la Juine, de l'Orge, de l'Yvette, et en bien d'autres lieux. Si le sablon avait été enlevé par les eaux pluviales grain à grain, pour ainsi dire, il est bien certain que les blocs de grès n'auraient pu être entraînés et seraient demeurés épars sur les plateaux. Or il n'en est pas resté trace. On peut notamment parcourir tout le plateau d'argile à meulières qui longe la rive gauche de la Seine entre Fontainebleau et Paris, au-dessus duquel s'étendait une couche de sable de 5o mètres d'épaisseur, sans y rencontrer un seul bloc de grès, si ce n'est sur les témoins de terrain miocène qui n'ont pas été emportés. Je ferai voir, ci-après, qu'il en a été de même dans toutes les grandes érosions.
Un autre fait est inexplicable avec les actions lentes. Les plateaux, lorsque leur pente est faible, et surtout lorsqu'ils sont d'une grande étendue, sont recouverts
d'une couche plus ou moins épaisse de limon rouge. Comment les eaux pluviales auraient-elles pu étendre ce manteau rouge, avec une pareille uniformité, sur des plateaux qui souvent ne sont dominés par aucune montagne?
Il faut donc admettre que le bassin de la Seine a été parcouru par des courants assez puissants pour déplacer et emporter, à de grandes distances, des blocs volumineux, et assez limoneux pour laisser derrière eux cette trace de boue que nous trouvons aujourd'hui sur nos plateaux.
Le relief actuel du bassin de la Seine se comprend très bien, si l'on suppose que l'emplacement de ce bassin a été balayé par une grande masse d'eau qui s'est déversée par-dessus la chaîne de la Côte-d'Or.
Ce phénomène a-t-il été unique? S'est-il renouvelé plusieurs fois? C'est ce (pie nous ne pouvons savoir, la dernière invasion des eaux ayant été si violente qu'elle a fait disparaître toutes les traces des premières, lesquelles sont pour nous comme non avenues, si réellement elles ont existé. Ajoutons que cela parait peu probable; car, si le bassin de la Seine avait été submergé à plusieurs reprises depuis les derniers dépôts tertiaires, les érosions profondes qui auraient été la conséquence forcée de ces submersions auraient détourné les derniers courants dont nous trouvons les traces.
Si, par exemple, la grande dénudation de la Champagne, qui figure grossièrement un demi-cercle dont Paris est le centre, avait été creusée avant la dernière invasion des eaux, elle aurait donné une direction tout autre aux courants destructeurs, et, très probablement, la baie de Seine se trouverait bien au nord de son emplacement actuel.
Mais, néanmoins, nous n'avons qu'une idée si imparfaite de ces anciens phénomènes, que nous devons considérer comme de simples conjectures tout ce qu'on peut dire sur ce qui s'est passé entre les derniers dépôts de terrains tertiaires, dont nous voyons les restes sur les plateaux de laBeauce, et la dernière phase de destruction, que je vais chercher à décrire.
Je raisonnerai donc comme si le relief actuel du bassin de la Seine était enlièrement dû à un déplacement d'eau unique, le seul dont nous trouvions des traces certaines dans la disposition topographique des lieux.
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