AU-DESSUS DE ZERO
i!'- l'échelle
PAR SECO.NDE.
du ponldela Tournoi le.
mèlres.
mètres cubes.
lM
Débit
en lemps rie basses eaux.
Depuis 1802, jamais le débit par seconde des crues de la Seine n'a atteint le chilFre de 2000 mètres cubes. On voit donc combien ces crues sont rares, et, cependant, combien leurs débits diffèrent de ceux des énormes débordements qu'on constate dans l'âge de pierre!
à5. Ces débits sont sans doute ceux des plus fortes crues dont la trace ait pu se conserver jusqu'à nous. Cherchons à nous rendre compte de ce qu'était alors le régime des basses eaux.
Je viens de dire que la Seine aujourd'hui, dans ses plus grandes crues, débitait par seconde, à Paris, 2600 mètres cubes d'eau; en ne comptant pas les années de sécheresse séculaire, où son débit tombe à ho mètres cubes, on admet en général qu'à Paris la portée, en temps d'étiage, est de 75 mètres cubes. Le rapport entre la portée des plus grandes crues et celle des basses eaux est donc 1-!^r= 02,2.
S'il en avait été ainsi dans les temps anciens, où le débit des grandes crues était compris entre 27 et Goooo mètres cubes par seconde, la portée d'étiage aurait été comprise entre Skk et 1800 mètres cubes.
Mais, si nous prenons un autre fleuve à crues violentes, la Loire par exemple, nous trouvons qu'à Orléans le rapport entre la portée des crues et celle d'étiage est beaucoup plus grand; il est en effet de' \\" "= /100, et, si on l'adoptait pour la Seine ancienne, on trouverait que, pendant l'âge de pierre, les limites des portées d'étiage de la Seine, à Paris, étaient 70 et i5o mètres cubes par seconde, chiffres bien différents des premiers.
Si l'été était alors pluvieux et froid, les premiers nombres sont ceux qui s'ap-
prochent probablement de la vérité, et la Seine couvrait encore, dans la saison sèche, le fond du grand lit qu'elle remplissait dans la saison humide.
Si, au contraire, l'été était sec et chaud, le fleuve se réduisait, comme la Loire de nos jours, à un maigre filet d'eau qui divaguait sur les graviers du lit, tantôl d'un côté, tantôt de l'autre.
On verra plus loin (91) que la paléontologie donne la solution du problème, et que le fleuve de l'âge de pierre coulait abondamment en été, ce qui justifie l'hypothèse faite ci-dessus sur l'abaissement des températures de cette saison.