TERRAINS PERMÉABLES
Calcaires oolithiques i3q5o
Craie blanche 16610
Sables, calcaires et gypses éocènes 6/175
Calcaires de Beauce et sables de Fontainebleau '1/120
Limons des plateaux drainés par la craie, vallée d'Eure, Vexin , pays de
Caux, forêt d'Othe 11 880
Terrains de transport des vallées 6875
Total 592 10
A l'époque où les pluies étaient assez abondantes pour n'être pas absorbées en totalité par ces 69210 kilomètres carrés de terrains perméables, la superficie totale des terrains laissant ruisseler l'eau à leur surface était donc de 78600 kilomètres carrés, c'est-à-dire quatre fois plus grande qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Or, si nous admettons que, dans l'âge de la pierre, les pluies fussent d'assez longue durée pour que tous les maxima des crues passassent ensemble à Paris, et assez abondantes pour que le ruissellement à la surface de tous ces terrains fût égal à ce qu'il était pendant la crue de septembre dans la vallée de l'Armançon, nous serons au-dessous de la vérité, puisque, malgré l'extrême intensité de la pluie des y 3 et ik septembre, le ruissellement n'a pas eu lieu à la surface de ces terrains perméables; et cependant nous arriverons à un débit énorme; car, la surface du bassin de l'Armançon étant de 1^90 kilomètres carrés, et le débit ayant été de 800 mètres cubes ou de 5fio litres par kilomètre carré pour les 78600 kilomètres carrés du bassin, le débit aurait été de kiUhk mètres cubes et se rapprocherait de la portée de la Seine calculée ci-dessus.
L'existence de ces grands cours d'eau est donc démontrée par le fait même du ruissellement des eaux pluviales à la surface de terrains qui sont cependant assez perméables pour absorber en totalité, aujourd'hui, tout le produit de nos pluies.
Le climat du bassin de la Seine était tel, que la pluie tombée s'écoulait presque entièrement par les cours d'eau. En effet, la température moyenne d'été de l'âge de la pierre ne devait guère dépasser celle des contrées où le renne, qui vivait alors dans notre pays, s'est réfugié aujourd'hui. Ce fait seul devait apporter un immense changement dans le régime de nos rivières.
M. Dausse a démontré qu'il tombait, dans les six mois chauds, deux fois plus d'eau de pluie que dans les six mois froids, mais que cette eau, enlevée parï'évaporation, ne profitait point aux rivières. Avec la température d'été qui convient au renne, l'évaporation serait presque nulle; la pluie profiterait donc aux rivières en toute saison. On voit déjà quelle augmentation considérable il en résulterai! dans leur débit.
En résumé, avec les modifications des lois météorologiques, qui sont démontrées par le ruissellement des eaux de pluie à la surface des terrains perméables, par la présence du renne et de la marmotte sous notre latitude, on explique fort bien l'existence de ces anciens cours d'eau, qu'on a peine à admettre d'abord, car la petite étendue de leurs bassins ne parait pas en rapport avec l'énormité de leurs débits, si surtout on compare ces débits à ceux de la Seine moderne.
tfi.
Voici, en eiïet, les débits par seconde des huit plus grandes crues observées à Paris depuis 1 66g :
i6i(), février
1 65 î , a 5 janvier. . .
i(558, 27 février. . .
1G90, 27 février. . .
1711, mars
17/10, 26 décembre
1 76/1, février
1802, 3 janvier . . .
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