DÉCEMBRE. JANVIER
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L'Ouanne, à Toucy, rivière de la craie inférieure.
On comprend que le régime de ces cours d'eau n'est guère favorable au développement de la tourbe.
Plusieurs des grands affluents de la Seine supérieure, l'Yonne, la Cure, le Cousin, le Serein, coulent dans les terrains granitiques. Le fond des vallées, dans la limite du champ des crues, est presque complètement décharné; la tourbe et les marais des coteaux et des petits cours d'eau ne commencent qu'au-dessus du niveau habituel des crues.
La Marne, l'Armançon , la Brenne, le Serein, la Cure et l'Yonne, coulent, sur une grande partie de leur cours, dans des vallées ouvertes du lias; la tourbe manque, non seulement dans ces vallées, mais encore dans celles de tous les affluents jusqu'aux sources.
Il en est de même dans les cours d'eau de la craie inférieure, l'Armance, l'Hozain, la Barse, la Voire, la Chée, l'Aisne, etc.
Quand le terrain imperméable n'occupe que le fond de la vallée et que le reste du bassin est perméable, les crues ne sont pas violentes, et la tourbe peut se développer; telle est, par exemple, la vallée de l'Ourcq, dont le fond est occupé par l'argile plastique, tandis que le reste du bassin se compose de terrains perméables.
51. Lorsque les terrains sont perméables, lorsque les eaux pluviales pénètrent dans le sol avant de ruisseler au fond des vallées, les crues des cours d'eau ne
dans les vallées
je roxford ciay, sont ni violentes ni troubles. On conçoit qu'en passant par ce filtre naturel les
de la craie blanche,
aire grossier, eaux pluviales sont singulièrement ralenties, et qu'elles en sortent peu chargées
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Fontainebleau de matières limoneuses.
Les terrains perméables du bassin de la Seine sont les calcaires oolithiques, la craie blanche, le calcaire grossier, les sables moyens, le calcaire lacustre de Saint-Ouen, les sables de Fontainebleau et le calcaire de Beauce.
Lu tourbe se développe facilement
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Si l'on examine les courbes des cours d'eau de ces terrains, on reconnaît que leurs crues montent lentement et régulièrement, qu'elles sont de longue durée, rarement de moins de quinze jours, et qu'elles sont peu limoneuses.
Les figures ci-dessous donnent une idée du régime de ces cours d'eau. Comme pour les torrents, j'ai choisi une époque de grandes crues.
Cours d'eau à crues tranquilles ou à versants perméables.
La Seine, à Gommeville, rivière des terrains oolithiques.
La Somme-Soude, à Confians, rivière de la craie blanche.
L'Essonne, à Mennecy, rivière du calcaire de Beauce et des sables de Fontainebleau.
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Ces cours d'eau tranquilles doivent donc être très favorables à la production de la tourbe ; examinons successivement les terrains qui les produisent.
Terrains oolithiques. — Les vallées de la chaîne de la Côte-d'Or sont à pentes trop rapides pour que la tourbe s'y développe facilement; néanmoins, dans la traversée des calcaires mous du terrain oxfordien, les vallées s'élargissent et la pente diminue; les marais et la tourbe se montrent alors. Nous citerons notamment les marais de Griselles, dans la vallée de la Laignc ; de Courcclles (près de Châtillon), dans la vallée de la Seine; de Kicl-les-Eaux, dans la vallée de l'Ource; de Gevrolles, dans la vallée de l'Aube, etc.
Craie blanche. — Terrain classique de la tourbe; tout le monde connaît les marais et les tourbières de la Picardie. Dans le bassin de la Seine, on peut citer les marais delà Vanne, affluent de l'Yonne; les marais del'Ardusson, affluent de la Seine; les marais de la Seine, entre Troyes el Nogent; les marais de Pleurs el d'Anglure, dans le bassin de l'Aube; les marais de Saint-Gond et de la Somme- Soude, dans le bassin de la Maine, etc.
Calcaire grossier. — Ce terrain est peu développé au tond des vallées, et cependant on y trouve quelques marais bien caractérisés dans la vallée de l'Oise, notamment les marais du Lys, du Thérain, etc.
Calcaire grossier, sables moyens et calcaire lacustre. — Marais de la vallée de l'Ourcq : j'ai dit que l'argile plastique, sur laquelle reposent ces tourbières, n'occupait que le fond de la vallée et ne pouvait modifier le régime des crues.
Sables de Fontainebleau et calcaires de Beauce. — Marais et tourbières des vallées de la Juine et de l'Essonne.
Il est bien facile de voir que la production de la tourbe tient au régime des eaux et non à la nature des terrains; car, si une étendue suffisante de terrains imperméables donne aux crues un caractère violent, les cours d'eau traversent les terrains perméables sans y produire de tourbe.
Ainsi l'Yonne et ses affluents, la Cure, le Serein et l'Armançon, doivent au granit du Morvan et au lias de l'Auxois des crues extrêmement violentes ; ces cours d'eau traversent les terrains oolitbiques et la craie sans y produire de tourbe.
De même, la Marne doit au lias de la banlieue de Langres et à la craie inférieure des crues violentes et limoneuses ; elle traverse également les terrains oolitbiques et la craie sans y produire de tourbe.