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CHAPITRE XIX

Restes des animaux de lage de pierre et traces de l'industrie humaine dans les plaines des terrains crétacés de la Champagne. — Les ossements, très peu nombreux à la surface de ces plaines, ne sont pas rares dans les terrains de transport. — Au contraire, les silex taillés, assez nombreux à la surface des plaines, surtout dans la craie à silex, sont très rares dans la grève.

66. Les ossements sont très rares à la surface des plaines et sur les pentes des ossemems trouvé-» terrains crétacés de la Champagne, et cela est très naturel, puisqu'il n'existe dans ,M iaviP1.3ar'|(,, vaii&s ces terrains ni cavernes ni grandes fissures où les restes des animaux de l'âge de

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pierre auraient pu se conserver. Il en est tout autrement dans le terrain de trans- Vaiiées secondaires. port des vallées, où ils sont assez nombreux ; c'est exactement le contraire qui a été constaté dans les terrains jurassiques de la Bourgogne.

Les silex taillés sont en assez grand nombre à la surface du sol dans la craie à silex de l'Yonne, et rares dans les terrains de transport; et cela doit être, puisque les silex de la craie propres à être taillés couvrent souvent toute la surface des plateaux et sont très clair-semés dans les grèves.

Les vallées s'élargissent considérablement dans la traversée des terrains crétacés (8), et les graviers de l'âge de pierre en occupent entièrement le fond.

Il n'est pas rare de trouver ces terrains de transport, même dans les vallées secondaires, tant elles sont largement ouvertes, et on y a recueilli des ossements, fait qui n'a pas encore été constaté en amont, dans les petites vallées des terrains jurassiques.

M. Leymerie cite, dans la Statistique géologique de l'Aube, des molaires et une extrémité de fémur d'éléphant trouvées dans les grèves de la vallée de l'Armance, à Maizières (près Ghessy, canton d'Ervy).

M. Roussel possède un bois de cerf des grevières de la Loge-Pomblain, situées dans la môme vallée.

Il existe au musée de Troyes une côte de baleine provenant aussi du terrain de transport de l'Armance.

Le bassin de l'Armance, aflluent de l'Armançon, est ouvert, en grande partie, dans la craie inférieure.

M. Leymerie considère comme terrain de transport le dépôt de Resson , commune de la Saussotle (canton de Villenauxe, Aube), qui s'est formé dans la vallée d'un petit affluent de la Seine. On a découvert des dénis de mammouth et

une mâchoire de castor dans le travertin qui constitue la base de ce dépôt; il paraît même qu'on y a recueilli des ossements d'oiseau et un fragment de crâne humain. (M. Berthelin.) Avec ces ossements se trouvaient des coquilles terrestres et lacustres {lymnées, cyclostomes, hélices, celles-ci ayant souvent conservé leurs couleurs), des plantes aquatiques et terrestres, notamment des chavas, des roseaux, des feuilles de scolopendre et d'arbres dicotylédones.

et La partie supérieure offre tous les caractères d'un dépôt de remplissage opéré r tumultueusement. r> (M. Leymeiïc.)

Voilà, dans une bien petite vallée, les deux couches du terrain de transport, le fond du lit, le terrain à ossements et à coquilles fluviatiles et terrestres représenté par un travertin, ce qui n'a rien d'extraordinaire dans une localité où les sources sont très nombreuses et très chargées de carbonate de chaux, et l'ail u- \ ion déposée rapidement, tumultueusement, comme le dit M. Leymerie.

M. Royer possède une dent à'éléphant trouvée à Jagée, près de Montiérender, dans les graviers delà Voire, à peu de hauteur au-dessus des eaux actuelles.

M. Barotte possède un grand os d'éléphant provenant de la partie supérieure de la môme vallée, à Sommevoire. Suivant MM. Debette et Cornuel, on aurait découvert à Longueville, dans le sable de la Voire, une tête de tibia du même animal.

A Cell'onds, près de Montiérender, on a recueilli dans le gravier une molaire d'éléphant et une hache en silex taillé, type de Saint-Acheul; à Montiérender, un couteau en silex taillé, du plus beau type. (M. Toinbeck. )

La plus importante de ces découvertes est celle faite par M. Moreau à Sainte- Menehould, à 3o ou 60 mètres au-dessus de la rivière d'Aisne, dans des graviers exploités pour l'entretien des routes.

Ce géologue a recueilli à ces hauts niveaux plusieurs molaires et quelques ossements d'éléphant, et de nombreuses dents de cheval et de sanglier.

M. Lartet possède une molaire d'Elephas antiquus trouvée dans la même vallée à ces hauts niveaux.

A Barenton-Bugny, on a découvert, suivant M. Lambert, des ossements d'éléphant et de grand bœuf dans les graviers d'un petit alïluent de la Serre qui porte aussi le nom de Barenton. Ce ruisseau de la craie est aujourd'hui bien paisible; il est bordé de marais, et incapable, par conséquent, de rouler du gravier et même du limon.

Ce fait est bien important; il prouve que les plus petits ruisseaux de la craie blanche étaient violents autrefois, et fait comprendre comment la tourbe, aujourd'hui si abondante dans le fond des vallées de la Champagne sèche, n'a pu se former, même dans les plus petites, pendant l'âge de pierre.

Toulos les vallées dont il vient d'être question sont courtes, et leurs bassins sont peu considérables en amont des points indiqués ; mais elles sont très larges.

Les découvertes paléontologiques dont il vient d'être question confirment ce qui a été dit plus haut des graviers des petites vallées des terrains crétacés (5*2). On a démontré dans la première partie de cet ouvrage que, si ces vallées étaient étroites et resserrées comme celles des calcaires oolitliiques ou des terrains tertiaires, elles seraient probablement dépourvues de gravier. Les ossements qu'on y rencontre prouvent que les cours d'eau de l'âge de pierre étaient assez violents pour remanier ces alluvions (15, 5*2).

67. Il semble, d'après cela, que les découvertes d'ossements devraient être plus Les ossements recueilli nombreuses encore dans les vallées principales des terrains crétacés, et c'esl le les vallées principales

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contraire qui a lieu.

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Ces vallées sont très larges; la plus étroite, celle de l'Yonne, n'a pas moins de relativement Pius r»™ h kilomètres à Appoigny et en aval de Sens. La plaine de Vaudes, dans la vallée de la Seine, a îu kilomètres de largeur; celle de Brienne, dans la vallée de l'Aube, 1 2 kilomètres, et celle du Perthois, lapins grande de toutes, 3o kilomètres. Ces énormes vallées sont entièrement tapissées de grève; par conséquent, elles ont été occupées successivement sur toute leur largeur par les grands cours d'eau de l'âge de pierre, et les cadavres flottants ont du s'y déposer en grand nombre.

Il y a trois causes principales qui rendent les découvertes assez rares :

i° La grande largeur des graviers : les ossements étant disséminés sur des surfaces considérables, on tombe rarement sur un gisement;

2° Le peu d'importance des exploitations relativement à l'étendue des graviers : les seules grandes exploitations, les tranchées des chemins de fer, ont été faites avec une telle rapidité, que les ossements, s'il en a été rencontré, ont tous été jetés dans les remblais ;

3° Le bas niveau des graviers des anciens lits : presque toutes les grevières sont à une très petite hauteur au-dessus des nappes souterraines. On trouve l'eau, dans la plupart des cas, à 2 ou 3 mètres au plus au-dessous du sol, et l'exploitation s'arrête alors. On n'exploite donc, en général, que l'alluvion, et l'on n'arrive pas au gravier de fond, à la couche à ossements.

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