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SUR LE TRANSPORT DES RLOCS

de grès déposés sur le flanc de la montagne de Gros-Mont, entre Vézelay et Avallon ; o° les déjections granitiques de Pontaubert, près d'A vallon, dans la vallée du Cousin; U° quelques blocs de granit qu'il a découverts à la surface du lias de l'Auxois, entre les bourgs d'Epoisses et de Guillon.

A la tournée extraordinaire de la Société géologique de France, en i 845, M. Robineau- Desvoidy a démontré victorieusement que les blocs de Magny étaient tout simplement les restes du terrain crétacé qui s'étendait sur les bords de l'Yonne avant l'époque quaternaire. Les blocs de grès de Gros-Mont sont aussi les restes , demeurés en place, du dépôt tertiaire qui s'étendait jusqu'au pied du Morvan (1 , diag. n° î). Le dépôt granitique de Pontaubert est aujourd'hui exploité entre Pontaubert et Levault-de-Lugny ; la disposition zonée des sables mélangés aux blocs ne permet pas un instant de les considérer comme un reste de moraine.

J'ai visité avec M. Collenot les blocs de granit qu'il a découverts à la surface de l'Auxois. Ils sont déposés sur la plaine à 3o mètres environ au-dessus du cours du Serein, au lieu dit le Perron-aux-SouJJïeux , ou les Petits-Alleux. L'altitude de ce lieu est d'environ 260 mètres. Il y avait autrefois six blocs; aujourd'hui il n'en reste plus que deux: l'un a 2m,8o de longueur sur ora,70 de largeur et om,75 de hauteur; l'autre, 2"\qo sur ira,io et om,76. Ce dernier est entièrement poli en dessous et à angles vifs; il a donc un des caractères des blocs transportés par les glaces; il n'est pas strié; le terrain granitique d'où il peut provenir est au moins à î 5 ou î G kilomètres de distance.

Je ne pense pas néanmoins que ces blocs aient été transportés par un glacier au point où nous les voyons aujourd'hui; un glacier laisse des traces plus nombreuses de son passage. A la vérité, M. Collenot pense que la plupart des blocs ont pu être exploités à la mine par les propriétaires intéressés à déblayer leurs terres; mais cette explication de la rareté des blocs ne me paraît pas admissible. Il y a bien peu d'années qu'on songe à débarrasser le sol en exploitant les roches qui l'encombrent; j'aurais certainement connu ces blocs il y a longtemps, s'ils avaient été plus nombreux.

On trouve d'ailleurs, à la même altitude, dans le voisinage, des restes zones des graviers des hauts niveaux du Serein. M. Collenot m'en a indiqué un dépôt près de la route départementale d'Epoisses à Toutry, je lui en ai montré plusieurs dans le voisinage de Guillon; les blocs paraissent donc avoir été transportés par les eaux courantes dans un ancien lit des hauts niveaux du Serein. Celui qui a conservé ses angles vifs a peut-être été apporté par des glaces flottantes. M. Collenot ne repousse pas cette explication.

Il n'est pas impossible qu'il ait existé des glaciers, très peu étendus, dans le haut Morvan; mais ce n'est pas dans VAuxois, à la basse altitude des Petits- Alleux, qu'il faut chercher les traces de leurs moraines: c'est plutôt sur les terrasses inférieures du Morvan lui-même. On voit, notamment sur le chemin de Laroche à Saint-Agnan, vers les sources du ruisseau dit le Tournessac, une plaine couverte de gros blocs granitiques.

Ces blocs ont-ils été transportés par les glaciers? C'est un fait facile à vérifier et que je vérifierai bien certainement à la première occasion.

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