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NOTRE-DAME DE LIESSE PRÈS LAON

cendez dans les caves qui sont immenses et de construction probablement romaine.

Les âmes dévotes ne voudront pas s’éloigner de Laon, avant d’avoir été en pèlerinage au célèbre sanctuaire voisin Notre- Dame de Liesse, tout plein de joaillerie religieuse, d’ex-voto reconnaissants. Au delà, vers le nord-est, le pays change ; on entre dans la singulière contrée nommée Thiérache. Sans accidents très vifs, mais toujours ondulé, comme si de torrentielles inondations, sévissant par saccades, l’avaient jadis envahi, le sol offre de toutes parts des bois taillis, des buissons épineux, des haies limitant des champs de betteraves ; il a l’air rechigné, hirsute, comme son nom. Déjà c’est le nord, la contrée du charbon, l’habitation nette et froide, la chambre carrelée, propre sans agrément, les meubles luisants et carrés, le frileux poêle, de fonte ou de faïence, âme du logis, installé au milieu, allumé de bonne heure en automne, éteint bien tard au printemps.

Groupes de maisons aux toits rouges, que dominent de lourds clochers arrondis et de hautes cheminées fumeuses, les villes sont industrielles. Des fabriques de toile, de bonneterie, de chaussons, de

L’AJSNE

produits chimiques, des tuileries, des établissements métallurgiques, des sucreries, peuplent et font vivre Marie, fief, jadis, des sires de Coucv; Vervins, qui fut un marquisat, une ville forte, et dans lequel, le 2 mai t598, les envoyés d’Henri IV et de Philippe II signèrent la paix entre la France et l’Espagne; puis Hirson, Guise.

Les longues guerres du dixseptième siècle, la Fronde, les invasions de 1814 et de 1815, ont à peu près dépouillé ces vieilles cités de tout ce qu’elles avaient d’artistique et de rare.

Elles paraissent pauvres, tristes et résignées; mais à les voir, en passant vite, toutes roses, comme de belles filles, dans l’enveloppement de leurs jardins, sous l’or du soleil, on les croirait volontiers gaies et heureuses.

Guise, au nom illustre, est l’ancienne capitale de la Thiérache. Fondée au onzième siècle, au treizième elle passa dans la maison de Lorraine et fut, en 1538, érigée en duché pour Claude de Lorraine, courtisan et favori de François 1", chef de cette lignée d’ambitieux et brillants seigneurs qui joua, jusqu’à Henri IV, les premiers rôles dans notre histoire. H est probable qu’ils négligeaient complètement leur fief héréditaire ; en tous cas, on n’y découvre aucune trace de leur munificence. Leur château a disparu, plutôt s’est changé en une citadelle, que protègent encore des bastions et des tours du seizième siècle. Ce qui fait l’intérêt de la ville, ce n’est donc pas son passé; mais son industrie, ses fonderies de cuivre, de bronze, de laiton, surtout la vaste usine d’appareils de chauffage, dontdépend le célèbre familistère de Guise.

On se rend à Guise par un chemin de fer spécial à travers le territoire le plus arrosé, le plus laborieux, le plus actif de la Thiérache, et desservant de nombreux villages exclusivement industriels, des

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