ÉGLISE DE MONTEREAU
M. le comte de Béhague, le château de Fleury, à M”® la comtesse de la Rochejacquelein ; le premier, si connu pour ses arbres superbes ; le second pour les fresques de sa chapelle, dignes de Rosso et du Primatice auxquels on les attribue ?
... A l’est, nous retrouvons la vallée de la Seine, Montereau, où l’Yonne apporte à la Seine les flottages du Morvan, réfléchit une faïencerie, des forges, des moulins, dans les eaux limpides des deux rivières, illuminant une petite ville plate, purement industrielle, commerçante. On lit, à l’entrée du pont, un quatrain rappelant l’assassisinat inutile et misérable de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, par les officiers du Dauphin Charles, le H juin 1419:
L’an mil quatre cent dix-neul Sur un pont agencé de neuf Fut meurtri Jean de Bourgogne A Montereau où fault Yonne.
L’ILE-DE-FRANCE
Par delà Samois, Héricy, Bois-le-I\oi, séjours de peintres et de riches oisifs, Melun ouvre aux petits rentiers parisiens tout un faubourg de petites maisons neuves, enjolivées de pâtisseries, pareilles à des tranches de nougat. Il a d’abord été, comme Paris, tout entier contenu dans une île de la Seine : oppidum Senonum in inmla Sequajiæ positum, dit Jules César dans son récit de la rapide marche de Labienus sur Lutèce. Son château fort, habité par les rois, s’élevait à cette place : la base d’une grosse tour en témoigne. Assiégé, dévasté à maintes reprises par les Normands, par les troupes de Charles le Mauvais, par celles de Du Guesclin et, en 1420, par Henri V d’Angleterre, il n’a rien sauvé de scs désastres et commente faiblement la légende rimée jadis au-dessous de sa devise : Fida miü'is iisque ad miiros, et de ses armes : « d’azur semé de fleurs de lys d’or à la tour sommée de trois tours d’argent et couverte de gueules, barrée de même et maçonnée de sable » i
Melvn je svis; qui evsà ma naissance Le nom d’Isis, comme des vievx on sçail,
Sy fvst Paris constrvit à ma semblance Mille el vn cm, depvis qve jefvs faict,
Dire me pvs,svr les villes de France Pavvre de biens, riche de loyavlé,
Qvi par la gverre ay cv mainstes sovtrranoes Et par la faim de maints rats ai tasté.
On a vite fait d’apprécier les beautés, les curiosités de Melun : son église Notre-Dame, ouvrage du onzième siècle, habilement restaurée par Eugène Millet ; les jolis vitraux de Saint-Aspais ; la statue de Jacques Amyot, dressée devant l’Hôtel de ville, et la maison sise, place Saint-Aspais, au numéro 28, où le 15 octobre 1514, naquit le bon traducteur de Plutarque. H est vrai que ses environs possèdent le château de Vaux et l’abbaye du Lys ; faut-il plus pour nous y arrêter quelques heures?
Vicomté royale, vénale et transmissible par hérédité, Melun avait pour seigneur, vers 1650, Nicolas Fouquet, richissime, fastueux et peu délicat surintendant des finances. Ce vicomte, par la grâce de scs écus, fit élever à six kilomètres de sa bonne ville, au nord-est
LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU
le splendide château de Vaux, où le 17 août IGGl, il invitait Louis XIV et la cour à la fôte merveilleuse qui lui coûta la liberté.
Chef-d’œuvre combiné de Levau et de Le Nostre, l’édifice, vu du ilehors, semble intact; on y arrive par des ponts-levis jetés sur des fossés pleins d’eau, et il déploie, avec la môme solennité qu’autrefois, ses façades en retraite, ornées d’antiques; sa coupole, et ses péristyles. Mais les appartements, que Charles Lebrun et Mignard avaient décorés, sont ternis; les nymphes, que le poète suppliait d’implorer en faveur du « malheureux Oronto «, n’ont plus de voix. Si dans le parc rayonnent encore les allées correctes et le grand canal alimenté par l’Anquetil, on n’y voit ni cabinets de verdure, ni boulingrins, ni régiments de petits ifs, taillés en rang d’oignons. L’immense fortune, acquise par les dilapidations du ministre, était nécessaire pour entretenir un si vaste domaine ; tout ce (|ue peut le maître d’aujourd’hui, c’est de le conserver.
SI ELU N Nous revenons aux rives
de la Seine par l'abbaye du Lys ; fondée en 1224 par Blanche de Castille et Alix de Mâcon, ellen’a ulus que d’élégants arceaux de son église du treizième siècle. Seine- Port, Croi.x-Fontaine possèdent de luxueuses villas, des jardins en terrasses; et voici, joints l’un à l’autre par un pont, Corbeil et Saint- Germain-lès-Corbeil, un faubourg de maisons de plaisance, une ville d’industrie. Sur le quai de la ville industrielle, se haussent scs greniers à blé, bâtis par l’abbé Terray, et les moulins perfectionnés de la société Erlanger; au contre s'arrondit la tour et s’ouvre la porte de Saint-Spire, seuls témoins d’un long passé historique.
Corbeil se continue par le bourg d’Essonnes, sur l’Essonne; aux
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bords charmants de la rivière, la filature, la fonderie de M. Feray, successeur du célèbre manufacturier Oberkampf, s’encadrent dans un parc; plus loin, mais dans un lieu bien différent, populeux,