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LE PONT ROYAL, LES TOILERIES ET LA CITÉ

L'ILE-DE-FRANCE

sombres bâliments du palais de justice, le lourd donjon de la Conciergerie et la flèche élancée de la Sainte-Chapelle. Le Pont- Neuf, toujours neuf, bien qu’on l’ait terminé en 1604, et qu’il fléchisse assez souvent, nous arrête devant les mascarons de Germain Pilon, grotesques dont pas un ne ressemble à l’autre, et devant le Henri IV équestre, de Lemot, royale et populaire physionomie. Jadis, il nous eût arrêté, flâneur ébaubi, devant les tréteaux d’une multitude de charlatans, de bouffons, de queues rouges et d’escogrifles dont les parades et boniments l’avaient pour théâtre d’élection, et parmi les tire-laines, coupe-bourses, coupe-jarrets et autres chevaliers de gai-savoir et d’industrie, dont il était le séjour préféré.

Au quai de l’Ecole se rassemblent les oiseleurs et les horticulteurs, les oiseaux et les plantes d’agrément, plumages multicolores, œufs destinés à éclore, graines et rameaux. Le quai Conty, le quai Malaquais, le quai Voltaire étalent les livres rares, les estampes jaunies, les tableaux vieillis, les tapisseries fanées, les tentures usées, les meubles démodés, les bibelots des siècles échus; tout le bric-àbrac choisi et précieux de la littérature, de l’art et de l’archéologie ; une profusion de choses savantes, jolies, rares, agréables, capables d’occuper, d’amuser et d’instruire plusieurs existences humaines ; et, par surcroît, autant de choses communes, médailles, monnaies, gravures, bouquins, documents de tous genres et de toute valeur, entassés sur les parapets, fouillis ou fumier artistique et littéraire, dans lequel on risque, en usant de patience, de trouver des perles inconnues et des trésors égarés.

Au milieu de ces quais s’intercale logiquement le palais des littérateurs, des savants et des artistes, l’Institut national, noblement et amplement logé, comme il convient au cerveau de la France, dans le collège des Quatre-Nations dû, en 1663, au talent de l’architecte Levau, et à la munificence du cardinal-ministre, Jules IMazarin (1).

Les Louvres : le Louvre de Louis XIV et de Claude Perrault, le Louvre des Valois, de Pierre Lescot, de Métezeau, de Germain Pilon et de Jean Goujon ; le Louvre de Napoléon 1", de Louis- Philippe 1" et de Napoléon III, que suit la terrasse des Tuile-

(1) Consulter sur Paris : 1° Les Monuments de Paris, par A. de Champeaux, ancien inspecteur des beaux-arts de la ville de Paris ; 2o les Statues de Paris, par Pau! Marmottan, 2 vol. in-8 illustrés. Laurens, éditeur.

PARIS

ries, nous mènent jusqu’à la place de la Concorde, où lentement nous arriverons ; car les eût-il admirés cent et cent fois, le pro¬

meneur s’arrête pour admirer encore les délicieuses imaginations de la rxenaissance, les statues et les lions épiques de Barye,

L’ILE-DE-FRANCE les hauls-reliefs vibrants de Carpeaux, Tare du Carrousel,

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