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STATUE DU CONNÉTABLE ANNE DE MONTMORENCY

du connélable Anne de Montmorency, recomposée par M. Paul Dubois, d’après le modèle d’Ecouen. A droite, le château d’Enghien, construit au dix-huitième siècle pour les invités du prince, étale une façade correcte et froide ; à gauche, des fossés emplis d'eau vive, où nagent des carpes, environnent les fondations massives et toutes féodales du Vieux Château, rajeuni, et celles du Châtelet, dû à Jean Bullant. Deux ponts-levis conduisent à des portes basses;

L’ILE-DE FRANCE

un pont cic pierre aboutit à la porte d’honneur, ou Porche de Jean Bullant, remarquable copie de l’ancien porche du château d’Ecouen. chef-d’œuvre harmonieux de grâce et de force popularisé par h gravure.

Les façades neuves du Vieux Château, prises entre de grosses tours surmontées de coupoles sphériques ardoisées, offrent de gracieux détails ; type achevé de l’architecture fine et légère de la Renaissance, le Châtelet se mire, delà base au faîte, dans la menue pièce d’eau qui l’entoure.

Au delà des châteaux, s’étendent, très vastes encore, bien que morcelés, les jardins, le bois de Sylvie, le jardin anglais, la pièce d’eau. Mais, avant d’y pénétrer, n’irons-nous pas visiter les appartements d’apparat, les galeries artistiques, les chambres historiques? Ils renferment des spécimens de tout ce que l’Art, depuis la Renaissance, a produit d’exquis dans l’ameublement, la tapisserie, la sculpture sur bois, la peinture, la ciselure et le bibelot. La galerie des Cerfs, la Grande-Galerie, la Loggia, la BIlDliothèque, la galerie des Batailles, la galerie de Psyché, le cabinet des Gemmes ou Trésor, la chapelle, sont littéralement peuplés de chefs-d’œuvre : tapisseries de Van Orbcy, vitraux do Bernard de Palissy, émaux, mosaïques, camées, bijoux, médailles, bronzes, estampes rares et sans prix : tableaux incomparables de Watteau, de Philippe de Ghampaigne, de Chariot, de Corneille de Lyon, de Mirevelt, du Poussin, de Reynolds, de Chardin, de Gros, de Fromentin, de Rosa Bonheur, de Greuzo, de Moissonier, d’Ary Scheffer, de Ingres, de Baudry, de Prud’hon, ce dernier représenté par cinq chefs-d’œuvre. A la tribune, place d’honneur do la grande galerie, figurent un chefd’œuvre de Raphaël, la Vierge de la maison d'Orléans; les Deux Foscari et VEntrée des Croisés à Jérusalem^ de Delacroix ; le Sommeil de Vénus, d’Annibal Carrache ; les portraits de Molière et de Mansart, par Mignard ; les Trois âges, de Gérard ; le Portement de Croix, de Salvator Rosa ; deux portraits de Hardouin Mansart, l’un par Rigault, l’autre par Largillière ; le Corps de garde turc, par Decamps ; V Assassinat du duc de Guise, de Delaroche ; un grand paysage de Tb. Rousseau ; des Vîtes orientales, par Marilhat.

Dans le Châtelet, restauré, la chambre do Monsieur le Prince, qui fut celle du vainqueur de Rocroy, a retrouvé ses meubles historiques.

L’OISE

La galerie des Batailles célèbre les actions du héros, dans une série de tableaux à la Van der Meulen. On y revoit son armure, les trophées de ses victoires, la chaise où « le valeureux comte de Fuenlès » se faisait porter au plus vif du combat, montrant, malgré ses infirmités, « qu’une âme guerrière est maîtresse du corps qu’elle anime », et aussi le bâton de commandement, jeté dans la

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