C.od of the Granile and the Rose
Soul of the sparrow, and the bee; The mighly tido of being flows Through countlcss cbannels, Lord, fiom thee.
It leaps to life in grass and flowcrs, Through every grade of being runs; While, from CreaUon's radiant towers, Ilsglory fiâmes in Stars andSuns (t).
Conclusion.
Ces considérations sont en général tenues pour dépasser de beaucoup les limites de la science ; mais elles me paraissent être des déductions plus légitimes des faits scientifiques, que celles qui réduisent l'univers entier à la matière ; bien plus, à la matière entendue et définie de façon à être philosophiquement inconec-
(1) Dieu du granit et de la rose! Ame du passereau et de l'abeille! Le flot puissant de l'Être, découle de toi, Seigneur, par d'innombrables ruisseaux. Il jaillit, portant la vie dans l'herbe et dans les fleurs ; toute la chaîne des Ctrcs le reçoit, et, des sommités radieuse* de la création, sa gloire éclate en astres et en soleils.
vable. C'est certainement un grand progrès que de so débarrasser de l'opinion qui admet l'existence de trois choses distinctes : d'une part la matière, objet réel existant par lui même, et qui doit être éternelle puisqu'on la suppose indestructible et incréée; d'autre part la force, ou les forces de la nature, données ou ajoutées à la matière, ou bien constituant ses propriétés nécessaires; enfin l'intelligence, qui serait, ou bien un produit de la matière et des forces qu'on lui suppose inhérentes, ou bien distincte quoique coexistant avec elle. 11 est bien préférable de substituer à cette théorie compliquée, qui entraîne des dilemmes et des contradictions sans fin, l'opinion bien plus simple et plus conséquente, que la matière n'est pas une entité distincte de la force, et que la force est un produit de f esprit,
La philosophie a depuis longtemps démoutré notre incapacité de prouver l'existence de la matière, dans l'acception ordinaire de ce terme, tandis qu'elle reconnaît comme prouvée pour chacun, sa propre existence consciente. La science a maintenant atteint le même résultat, et cet accord entre ces deux grandes branches des connaissances humaines doit nous donner quelque confiance dans leur enseignement. La manière de voir à laquelle nous sommes arrivés me paraît plus grande, plus sublime et plus simple que toute autre. Elle nous fait voir dans l'univers un univers d'intelligence et de volonté. Grâce à elle, nous pouvons désormais concevoir l'intelligence comme indépendante de ce que nous appelions autrefois la matière, et nous entrevoyous comme possibles une infinité de formes de l'être, unies
à des manifestations infiniment variées de la force, tout à fait distinctes de ce que nous appelons matière, et . cependant tout aussi réelles.
La grande loi de continuité que nous voyons dominer dans tout l'univers, nous amène à conclure à des gradations infinies de l'être et à concevoir tout l'espace comme rempli par l'intelligence et la volonté. D'après cela, il n'est pas difficile d'admettre que dans un but aussi noble que le développement progressif d'intelligences de plus en plus élevées, celte force do volonté primordiale et générale, qui a suffi pour la production des animaux inférieurs, ait été guidée dans de nouvelles voies, convergeant vers des points définis. S'il en est ainsi, ce qui me paraît très-probable, je ne puis admettre que cela infirme en aucun degré la vérité générale de la grande découverte de M. Darwin. Cela implique simplement que les lois du développement organique ont été appliquées à un but spécial, de même que l'homme les fait servir à ses besoins spé ciaux. En montrant que l'homme n'est pas redevable de tout son développement physique et mental à la sélection naturelle, je ne crois pas réfuter cette dernière théorie ; ce fait est aussi bien compatible avec elle que l'existence du chien barbet ou du pigeon grosse gorge, dont le développement ne peut pas non plus être attribué à sa seule action.
Telles sont les objections que je voulais opposer à l'opinion qui rapporte la supériorité physique et mentale de l'homme à la cause qui parait avoir suffi pour la production des animaux. On essayera sans doute de
les contester ou de les réfuter; j'ose penser cependant qu'elles résisteront à ces attaques, et qu'elles ne peuvent être vaincues que par la découverte de nouveaux faits ou de nouvelles lois, entièrement différentes de tout ce que nous connaissons aujourd'hui.
J'aime à croire, que mon exposition de ce sujet, quoique très-incomplète, a été claire et intelligible, e l j'espère qu'elle portera à de nouvelles recherches, soit les adversaires, soit les partisans de la théorie de la sélection naturelle.
NOTES
NOTE A (page 379).
Quelques critiques me paraissent s'être complètement mépris sur le sens des expressions que j'ai employées ici. Ils m'ont reproché de chercher à surmonter une difficulté en faisant un appel inutile et peu philosophique aux a causes premières » ; d'admettre que a notre cerveau est l'œuvre de Dieu, et que nos poumons sont celle de la sélection naturelle », enfin, d'avoir fait de l'homme « l'animal domestique de Dieu ». Un savant éminent, M. Glaparède, me fait continuellement appeler à mon aide une « Force supérieure », la lettre majuscule F, voulant dire, je pense, que celteForce supérieure est la Divinité. Je ne puis expliquer ce malentendu que par l'impuissance où est aujourd'hui tout esprit cultivé, de se représenter l'existence d'une intelligence supérieure intermédiaire entre l'homme et la Divinité. Les anges et les archanges, les esprits et les démons, sont depuis si longtemps bannis de nos croyances, que nous ne pouvons plus nous les figurer comme des réalités, et la philosophie moderne ne met rien à leur place. Cependant, la grande loi de la continuité, dernier terme de la science moderne, qui semble absolue dans tous les domaines de la matière, de la force et de l'esprit, aussi loin que nous pouvons les explorer, ne peut manquer d'être vraie aussi au delà de l'étroite sphère de notre vision. 11 ne peut y avoir un abîme infini entre l'homme et le Grand Esprit de l'univers; une telle supposition me paraît au plus haut degré improbable.
En parlant de l'origine de l'homme et de ses causes pos-
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siblcs, j'ai employé les expressions : a quelque autre force », — o quelque force intelligente », — « une intelligence supérieure», — « une intelligence directrice ». — Ce sont les seules expressions que j'aie employées pour désigner la force a laquelle il me semble qu'on pourrait attribuer le développement de l'homme; et je les ai choisies à dessein pour montrer que je rejette l'hypothèse d'une cause première pour expliquer tous les phénomènes spéciaux quelconques qui composent l'univers, à moins que Ton ne considère aussi comme cause première l'action de l'homme ou de tout autre être intelligent. Ce n'est qu'en traitant de l'origine des forces et des lois universelles, que j'ai parlé de la volonté ou de la puissance d'une a Intelligence suprême ».
En me servant des termes que je viens de rappeler, je désirais faire bien comprendre que, selon moi, le développement des portions essentiellement humaines de notre organisation et de notre intelligence peut être attribuée à des êtres intelligents, supérieurs à nous, dont l'action directrice se serait exercée conformément aux lois naturelles universelles. Une pareille croyance peut être fondée ou ne pas l'être, mais elle est intelligible, et n'est pas essentiellement impossible à prouver. Elle repose sur des faits et des arguments parfaitement analogues à ceux par lesquels un esprit suffisamment puissant, constatant sur la terre l'existence de plantes cultivées et d'animaux domestiques, en inférerait la présence de quelque être intelligent supérieur à ceux-ci.
NOTE B (page 385).
L'un de mes amis m'a reproché de ne m'êlrc pas suffisamment expliqué dans cet endroit et m'a objecté que la matière n'est pas plus douée dette que de sens intime; si donc l'une peut être produite parles lois de la matière, pourquoi l'autre ne le serait-elle pas? Ma réponse est, que ce sont deux choses radicalement différentes. La vie organique ou végétative, consiste essentiellement dans des transformations chimiques
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et des mouvements moléculaires, qui ont lieu sous certaines conditions et dans un certain ordre; nous connaissons trèsbien la matière et les forces qui agissent sur elle : si quelques autres, encore inconnues, contribuent à produire la vie végétative (ce qui est une question discutable), nous pouvons les concevoir comme analogues à celles que nous connaissons déjà, telles que la chaleur, l'électricité ou l'affinité chimique. Nous pouvons aussi concevoir clairement la transition de la matière morte à la matière vivante. Une masse complexe, qui entre en décomposition ou en pourriture, est morte, mais si cette masse a le pouvoir d'attirer à soi, du milieu ambiant, de la matière semblable à celle dont elle est composée, nous avons le premier rudiment de vie végétative. Supposons que ce phénomène se prolonge pendant un temps considérable ; si l'absorption de nouvelle matière fait plus que compenser la perte qui résulte de la décomposition, et si la masse est de nature à résister aux forces mécaniques ou chimiques à l'action desquelles elle est habituellement exposée, gardant ainsi une forme à peu près constante, nous l'appelons alors un organisme vivant. Nous pouvons concevoir un organisme ainsi constitué, nous pouvons aussi concevoir qu'un fragment quelconque détaché soit par accident, soit parce que la masse est devenue trop grande pour maintenir la cohésion entre toutes ses parties, commence à s'accroître lui-môme, et parcoure la même carrière. Voilà la croissance et la reproduction dans leur forme la plus élémentaire. Partant d'un rudiment aussi simple, on peut concevoir le développement d'organismes plus complexes résultant de toute une série de petites modifications de composition, et de l'action de forces internes et externes. La vie dans un pareil organisme n'est peut-être rien de plus que ce que je viens de décrire, elle n'est peut-être que le nom par lequel nous désignons la permanence de la forme et de la structure individuelle résultant de l'équilibre entre les forces internes et externes. La vie ainsi conçue s'offrirait à nous sous sa forme la plus simple dans la goutte de rosée. Celle-ci doit son existence à l'équilibre établi entre l'évaporation de sa propre substance et la condensation de h vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère; elle perd bientôt son exis-
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tcncc individuelle, si l'un de ces éléments est en excès. Je n'afûrme pas que la vie végétative soit entièrement due à un pareil équilibre de forces, mais seulement que nous pouvons la concevoir comme telle.
Quant au sens intime, il en est tout autrement. Ses phénomènes ne peuvent se comparer à aucun de ceux qui se manifestent dans la matière soumise à l'action de l'une des forces connues ou concevables de la nature; et nous ne pouvons concevoir une transition graduelle de l'inconscience absolue à la possessiondusens intime, d'un organisme insensible àun être sentant. La perception et la conscience desoi-môrae,àPétat le plus rudimentaire, sont à une distance infinie delà matière absolument insensible ou inconsciente. Nous ne pouvons concevoir aucun accroissement physique, aucune modification, qui rendrait consciente une masse inconsciente; aucun pas dans la série des changements que peut subir la matière organisée, ne saurait produire la perception là où immédiatement avant il n'y avait ni perception, ni faculté de l'éprouver. C'est parce que les choses sont absolument incomparables et incommensurables, que nous ne pouvons nous représenter la perception dans la matière si ce n'est comme lui ayant été communiquée du dehors; la vie, au contraire, peut se concevoir comme une simple combinaison spécifique et une coordination de la matière et des forces qui composent l'univers, éléments dont chacun nous est connu.
Nous pouvons admettre avec le professeur Huxley, que le protoplasme est la « matière vitale » et la cause de l'organisation. Mais nous ne pouvons admeltre ou concevoir que le protoplasme soit la source première de la perception et du sens intime, ni qu'il puisse jamais de lui-môme devenir conscient, tandis que nous pouvons peut-être concevoir qu'il devienne vivant.