GEOFFROY DF, LA. POULF
Jolie avait encore eu à peine le temps de recueillir ses idées, lorsque le son dû cor et le bruit du tocsin frappa son oreille, . . Elle courut à la fenêtre ; elle aperçut la réverbération des flammes sur les clochers ; dans les cours de l'évéclir, Icsliommos d'armes s'armaient à la hâte, et montaient à cheval ; les f^ons de pied se formaient en compagnies. Elle entendait souvent prononcer le nom d'Armagnacs ; en <tehors des grilles, mille voix criant : asile ! s'élevaient dans les airs; elle vit Geoffroy sortir à la tête d'une troupe d'archers, après avoir jeté un regard de son côté.. . il y avait de Tadieu dans ce regard.
Pâle et inquiète , elle se prosterna près de sa couche, et pria long-temps... La porte qui s'ouvrit brusquement la tira de son silence; elle poussa un cri. C'était Geoffroy qui, chancelant et couvert de sang, cherchait à marcher vers elle : il paraissait souffrir beaucoup, et cependant une joie angélique brillait sur ses traits.
— Dieu soit loué 1 j'arrive le premier...
a^4 LA SEMAINE DE PAQUES.
mais qu'il ne tarde pas à venir, lui , car je ne pourrais attendre long-temps... Damoiselle... éteignez votre lampe... cachez- vous derrière les rideaux de votre lit... et pas un mouvement... j'entends monter l'escalier... silence... c'est lui I
Il se plaça en côté de la porte , tenant une hache d'armes levée au dessus de sa tête.
— 0 mon Dieu , donnez-moi assez de force pour frapper l
Thomas de Montagu entra , le poignard à la mahi ; mais il n'avait pas dépassé le seuil de la porte, que Geoffroy le renversa d'un coup sur le front , et lui plongea de suite sa dague au cœur il roula lui-mènie auprès du cadavre.
-rH-;*^ Damoiselle , dit-il , damoiselle , vous n'avez plus rien à craindre... cet homme venait pour vous assassiner... mais je l'ai tué!... A présent je vous dis adieu, car je vais mourir
— Vous , mourir ; vous si bon et si gêné-
GEOFFROY DE LA. l'OULE.
reiix. .. Oh non, cela ne se peut !... ya ne veux jwis que vous mouriez !
Et, arrachant les rideaux de son lit, elle voulut bander ses blessures ; Geoffroy la repoussa doucement. . .
— Ne cherchez j. ^s à me sauver, je vous en prie ; c'est vous qui ne deviez pas mourir, parce que vous serez ; heureuse. . . mais jiour moi, il n'y a plus de bonheur, de joie dans la vie : je suis content de mourir î —
Jolie sanglottait et ne parlait pas ; Geoffroy appuyait ses lèvres sur sa main, qu'il inondait de larmes :
— Cela me lait pourtant bien de la peine de
vous quitter.,... Ah! j'oubliais pardonnez
comme moi à monseigneur de Frétigny... mêlez même son nom à vos prières... Gauthier me l'a conseillé , et je vous le conseille. . . promettez-le-moi... adieu ! pensez à moi quelquefois. . .
Il ferma les yeux et laissa échapper un long soupir : au même instant , Hector de Chartres
a^Ô LA..©BMAmE J)E PAQUES.
s'élança dans la chambre avec les sires de Roie , deLahire , de Félins, et des varlets portant des torches. i» ,-i
— Messire', dit Jolie, découvrez -Voua devant monseigneur Geoffroy de la Poule ; je ne serais plus qu'un cada^ j sans son dévouement... ■'fKt^^'^'t'r^h nrt îj?p viroy 1
Geoffroy fit un dernier effort pour se aouleveTvb oîof rÀ: .'.■u'jiluod ob ^nk[.fi.\xi.ii ,io<«,
— Damoiselïe , répondit-il , c'était de: l^a- •ïnourl-' ; ■:^-î Jii.ii^^q 'j.i y- .iy.rA'fziiisd puut.
'Et ses yeux:se reférffièréntâttsâitôt- iv il avait
cessé de vivre : tous se mirent à genoux !
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