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CONCLUSION

La eonclusion dune découler d’ellemême, Je suis ce- | pendant ému à l’idée de la formuler. Bien que la Rte de mes développements aient constitué un réquisitoire con- - “tre la semaine de 40 heures, #4 hésite à à prononcer contre elle une condamnation sans appel. J'ai conscience de la com- plexité du problème et de ma modeste compêlence à en | saisir + étendue.

den’ ai pas la prétention d’avoir pénétré dans fous les re- “coins d'un domaine trop vaste. Je sais notamment combien lé ressort individuel reste puissant et résiste à des chocs qui devraient le briser irrémédiablement. Comme le disait

M. Gide (1) quelques années après la mise en vigueur de la journée de huit heures « en proclamant que la réduction de

la journée de travail ne portera aucun dommage à la production, les ouvriers et les syndicats font simplement un acte

de foi dans la capacité des patrons et des capitalistes. —‘* Ils sauront bien se débrouiller” ». — I faut d’ailleurs ajouter

que l'initiative des particuliers pare quelquefois les maladresses du législateur en tournant la règle ou en D en tenant auçun compte.

Les réformes sociales feront toujours l’objet de critiques

el d’éloges. On en prédit à l'avance l'échec retentissant, le

succès triomphant. Par la suite, chacun s'y adapte et continue à vivre. Les uns persistent à en chanter les louanges, ne pays n’en étant pas mort. Les autres les accusent de toutes

les misères régnantes.

(1) Lu£. Morel, op. cit, Opinion de M. Ch. Gide.

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u est partout profonde. Courir à aventure serait un ï : Les me des 40 heures us clamer à to

(1) V. supra, D. 18.

ai . pas à ces : conventions collectives qui pré- à | Ir l'élaboration des RARE © et ne > contien-

sig é sous . pression Le ffice S il n intervenait pas. RP CPS M eu Pare le droit d’ association € de tous les

“ autorité . de.

jure . ru hui la oi. n au pas là. Ce ne sont pas des conditions humaines de travail : que revendiquent les ouvriers. La semaine de 40 heures, dans l'esprit même de. > ses promoteurs n'a pas pour but de protéger les faibles ou de. détruire des monopoles révoltants. Le pee. est es res ordre économique au premier chef. 15 Etat n ‘a-pas à à obéir

ce

aux injonctions aveugles de la masse, à légiférer étourdiment ; Re

2 et à tracer des bornes étroites à la à des richesses. : ë Mon opinion serait la même si un projet de loi devait serir de soi-disant intérêts corporatifs et organiser officiellement un malthusianisme de la production.

A abus des réglementations achemine les sociétés vers un immobilisme dont. elles se dégageront péniblement. Si les 42 hommes € étaient capables de peser leur ignorance et leurs

vices, ils s’humilieraient devant leur œuvre d’après guerre el confesseraient que le marasme où ils sont plongés provient de leur faute et non des lois économiques elles-mêmes. Ils seraient alors moins enclins à réclamer des remèdes artificiels et feraient un appel plus modéré au pouvoir central. | | “é

Je n’irai pas jusqu’à prédire qu’un jour le seul mécanisme de la liberté naturelle et la loi du moindre effort conduiront les individus à jouir de longs relais après une courte tâche, que l’homo œconomicus, mû par le seul principe hédonistique, renoncera à un supplément de biens pour goûter de larges loisirs. Une loi de 40 heures ne ferait alors qu'entériner un état de faits spontanément établi ; elle aurait pour mobile d'éviter que les dérèglements de quelques-uns ne nuisent à la satisfaction des besoins du plus grand nombre. Cette société imaginaire ne serait peut-être ni plus juste, ni plus heureuse que la nôtre, L'homme pourrait fort bien s’y livrer à la débauche au lieu de perfectionner son être moral et chercher tout autant à exploiter son voisin.

Les réformateurs sociaux et les inventeurs de systèmes ont toujours eu la faveur des foules. Leur parole traduit les aspirations populaires et contient des promesses qui leur attirent des fidèles. Par contre, on n’écoute pas volontiers celui qui, sans idée préconçue, a un peu réfléchi sur l’ensemble des phénomènes et sans orgueil, essaie d’énoncer quelques règles conformes à la logique et au bon sens. Rien d'étonnant ensuite que les passions et les courants d’opinions guident la politique économique et sociale des gouvernements (1). | |

se

(1) F. Bastiat, Sophismes économiques. Conclusion : « Mais dans les sciences sociales on ne reconnaît guère d’autorités. Comme chacun fait journellement

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: Dés lois très généreuses naissent à foison. Après coup, on =$ aperçoit qu’elles ne répondent pas aux vœux du législateur. Or celui-ci s’est bien gardé de consulter l'intelligence

éclairée d'hommes de bien. S’ il l'avait fait, ces derniers lui se - auraient quelquefois conseillé l’abstention. Le public alors

aurait été déçu, se serait indigné. Pourtant le progrès social en aurait eu. profit.

Lorsque certaines innovations comme celle des 40 heures auront déroulé leur expérience, peut-être regrettera-t-on . d'avoir trop écarté un « laissez-faire » qui possédait en lui-

même des correctifs puissants, des sanctions sévères pour modérer et châtier les excès. Si chacun très souvent dans ses appétits de jouissances a eu peu de scrupules à brimer son semblable, croit-on que l'Etat en s’immisçant partout gagnera en vertu et pourra dispenser le bien-être et répar-

> tir équitablement les richesses sans favoritisme et sans -. erreur ?

Le libéralisme a eu des détracteurs car il n'a pu révéler sa remarquable efficacité, ayant été vicié par l’égoïsme et la

turbulence des individus et des collectivités. L'atmosphère enfiévrée des syndicats ouvriers, l'air étriqué des associa-

tions de producteurs ne nous portent pas à présager un avenir meilleur, Dans les rapports sociaux, les lois positives les plus bienfaisantes, les contrats les mieux conçus ne sont que mensonges s'ils ne sont fécondés par l'effort de tous pour le bien commun. k

Si chacun avait un peu plus conscience de son devoir et s’appliquait à rendre plus douces à autrui les fatalités des lois naturelles, les réformes ne seraient plus envisagées avec

de la morale bonne ou mauvaise, de l'hygiène, de l’économie, de la politique raisonnable ou absurde, chacun se croit apte à gloser, disserter,

décider et trancher en ces matières »,

tant d’idolâtrie. L'humanité refuserait de se laisser mener par des mythes, par des formules mirifiques et reconnaitrait que les théories classiques, fondées sur la raison, sur la connaissance des hommes et des choses, sont les meilleures pour conduire une politique propre à amener la fin de Ia crise et le retour à la prospérité.

Ma voix est faible et ne porte qu’à l'intérieur d’un cercle restreint d'amis. J’ai moins de mérite à ne flatter personne et n’ai d’ailleurs aucun goût pour la polémique et la publicité. J'ai pris plaisir à exposer quelques réflexions. Je désirerais pouvoir toujours les exprimer ainsi en toute indépendance de cœur et de pensée.

Vu :

Le Président de la thèse, JEAN LESCURE Vu :

Le Doyen de ia Faculté, EpGarD AELIX,

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLÉTY

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