‹ La Sensibilité aux MédicamentsChapitre 14 sur 15 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

L'intérêt pratique de ce travail est (une fois connue la nature anaphylactique des accidents de sensibilité médicamenteuse) de pouvoir, par un traitement approprié, les faire disparaître.

Dans l’étude thérapeutique de ces accidents il faut distinguer, le traitement idéal qu'il faut avoir en vue, la désensibilisation ; le traitement palliatif, la préservation contre les chocs; enfin, le traitement symptomatique des accidents.

Pour lutter contre les chocs, on peut utiliser la méthode de BESREDKA employée pour les sérums.

En cas d'urgence la méthode de skeptophylaxie par injection préalable intraveineuse d’une petite quantité du produit, la dose normale pouvant ensuite être injectée sans incident.

Cette méthode est utilisée surtout pour les accidents de sensibilité aux arsénobenzènes ; on remplace parfois l’injection préparante du produit lui-même par l'injection d’une substance cristalloïde reconnue efficace contre le choc colloïdoclasique : chlorure de sodium, de baryum, lécithine, carbonates alcalins, hyposulfite de soude, sulfate de baryte ; voir colorants fluorescents comme érythrosinate de césium.

Il faut signaler en outre le procédé simple du lien de SiCARD, en le laissant un certain temps après avoir injecté l’arsénobenzène dans la veine, on lache progressivement le lien et l’on évite le choc, c’est la topophylaxie anti-colloïdoclasique.

Analogue à la skeptophylaxie protéinique utilisée en anaphylaxie alimentaire, l'ingestion d’une petite dose du médicament (exemple— antipyrine) permet de supporter la dose massive sans accident.

Nous avons vu que quelquefois cette méthode (qui en principe a pour but de supprimer le choc) pouvait, par sa répétition, amener à elle seule la désensibilisation voir même réussir, alors que cette dernière avait échouée.

Malgré les avantages de cette méthode palliative, on aura toujours en vue la désensibilisation qui seule donne la guérison des accidents de sensibilité médicamenteuse. Elle consiste en partant de doses infinitésimales ne déterminant pas de choc, à amener, par l'emploi de doses croissantes, le sujet à supporter la dose normale sans accidents ni généraux, ni vasculo-sanguins. On utilise pour cela la voie sous-cutanée ; mais la voie épidermique seule, ou après scarification linéaire (cuti-réaction) donne les même résultats dans certains cas. Cette désensibilisation peut être spécifique utilisant le produit, cause des accidents, mais dans quelques cas n'être pas spécifique (exemple, autosérothérapie, injection d’eau chlorurée, injections de peptones) qui suffisent à modifier les milieux humoraux. C'est d’ailleurs la méthode de désensibilisation non spécifique qui a donné le plus de succès en matière d’asthme ou dans une série de dermatoses d’origine colloïdoclasique.

Quant au traitement symptomatique des chocs, auquel on aura recours momentanément ou faute de mieux, on utilisera surtout deux médicaments qui ont fait leurs preuves, l’adrénaline et l'extrait hypophysaire, auxquels on pourra ajouter la belladone et l’atropine.

De toutes façons, le traitement de ces accidents de sensibilité médicamenteuse est assez souvent délicat.et demande de la patience.

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