SCÈNE II
Les mêmes, CHALANDARD, en costume de spahi. *.
CHALANDARD, entrant brusquement par le fond.
M. Bougnol, s’il vous plaît?
GAUDIN
Un militaire !
BOUGNOL
Je ne me trompe pas... Chalaudard! ■
CHALANDARD.
Mon cousin ! (ils s’embrassent.)
BOUGNOL, regardant l'uuiforine de Cbalaudard.
Ah çà! mais, la dernière fois que je t’ai vu... tu étais en clerc de notaire?
CHALANDARD.
J’ai changé d’uniforme... gratter du papier timbré à vingtcinq ans, c’est embètaut!... Alors, j’ai lâché la chose, et je me suis engagé...
BOUGNOL
Ah bah !
CHALANDARD, se présentant.
Maréchal des logis au S* spahis, trois ans de service, deux ans d’Afrique, jamais malade, toujours soif... tel est Chalaudard. Fais-moi servir une chope!
BOUGNOL
Tout de suite... Gaudin !
CHALANDARD , apercevant Gaudin.
Tiens! c’est ton nègre, ça?
GAUDIN , à part.
Sou nègre.
BOUGNOL
Mon domestique...
CHALANDARD, à Gaudin.
Ici, Domingo!
GAUDIN
Je m’appelle monsieur Gaudin...
CHALANDARD.
Pas de manières! Va me chercher sans murmurer une chope-bavière, dans laquelle tu émietteras gracieusement un verre de cognac... C’est pour une poitrine délicate! File!
GAUDIN
Comme ça... il faut que je descende quatre étages?
CHALANDARD, à Bougnol.
Dis donc, il a l’air feignant?.. Après ça, comme tous les nègres!
* B. Cli. G.