‹ La sensitive comedievaudeville en trois actesChapitre 4 sur 124 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

avez pâli, vous vous êtes troublé... et vous avez bégayé toute la soirée.'

BOUGNOL

C’est vrai : le moindre bruit, la moindre émotion me trouble; ma langue s’embarrasse, et je bégayé...

GAUDIN

Ah ï vous avez là un défaut bien désagréable dans un ménage! Voulez-vous que je vous dise. Monsieur... vous êtes de la nature de la sensitive!

BOUGNOL. '

La sensitive?... qu’est-ce que c’est que cela?

GAUDIN

Air : Restez, restez, troupe jolie.

C’est une plante singulière...

(Ju rien la trouble et lui fait peur :

Le vent, le soleil, la lumière.

Tout devient objet de frayeur.

Pour ses feuilles et pour sa fleur.

Tremblant toujours d’èlre captive,

Toujours prés de s’évanouir.

C’est une fleur calme et craintive.

Qui fuit dès qu’on veut la cueillir.

(Parlé.) Eli bien ! Monsieur, les sensitives doivent rester célibataires, et si vous m’eu croyez...

BOUGNOL

Quoi?

GAUDIN

Vous écrirez à M. Rothanger, votre beau-père, de ne plus compter sur vous.

BOUGNOL

Est-il bête, cet animal-là!... Mais puisque je l’attends, mon beau-père, avec ma femme et sa fiancée, pour aller à la mairie !

GAUDIN

Oh! vous n’y êtes pas encore! Le mariage n’est pas fait!

BOUGNOL

Puisque j’ai revêtu mon pantalon de noce, retenu trois remises et convoqué mon cousin Chalandard... un clerc de notaire qui doit me servir de témoin !

GAUDIN

Ça ne fait rien... Il faut si peu de chose pour faire craquer un mariage... et c’est quand on s’y attend le moins...

BOUGNOL

Mais, qui? qui pourrait m’empêcher de me marier?

La Providence, Monsieur !

BOUGNOL

Eh! tu m’ennuies!

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