JACQUELINE , ANNETTE , FEUILLETÉ
AN NETTE , criant.
Ah ! que c'est bètel.. rendez-moi cette lettre, monsieur.
FEUILLETÉ
Un billet doux le jour de vos noces ! vous devriez mourir de lionte ! Ne pas même attendre que nous soyons mariés !
JACQUELINE, a part.
Allons! v'ià une autre affaire !..
ANNETTE
Eh bien !.. oui , là... puisque vous me poussez à bout...
JACQUELINE , se mettant entre eux deux. Ah ! c'est joli , c'est très-joli , mam'zelle... me faire chercher ml lettre pendant deux heures.
ANNETTE
Comment ?
FEUILLETÉ
Quoi !.. cette lettre?..
JACQUELINE , à Feuilleté, avec mystère.
Est à moi... n'en dites rien à papa... {Bas.) C'est de mon amoureux...
FEUILLETÉ
Un amoureux I à votre âge !
JACQUELINE
Pardi ! voilà six mois que nous nous adorons...
FEUILLETÉ , regardant la signature.
Comment , M. Martial Bonicbon...
JACQUELINE , faisant signe à Ânnette.
Certainement.
FEUILLETÉ
Voyons un peu... (Lisant.) « Mamzelle, je m'empresse de vous « écrire ces lignes pourm'informer de votre santé.. » (^ lui-même.) Peut-on compromettre une jeune fille à ce point là !.. (Continuant.) <•. Ainsi que de celle de vos chers parens. » (A lui-même.) Quelle horreur I il y a des gens qui ne respectent rien.
JACQUELINE , 'voulant la reprendre.
En v'ià assez...
FEUILLETÉ
Un moment.. (// lit.) « J'ai reçu la mèche.. » Ah ! voilà la mèche découverte !.. « La mèche de vos cheveux blonds... elle est de des- « sus mon cœur. » Des cheveux blonds!., ah! ça, et vous êtes brune- Oui ou non, je m'en rapporte à votre sœur.
ANNETTE
C'est vrai , elle est brune.
JACQUELINE , d'un air de confidence et regardant sa sœur.
Tais-toi donc. (Haut.) Ah! c'est que... c'est que je lui ai joué un tour... parce que je sais qu'une demoiselle bien née ne doit jamais donner de ses cheveux ; je lui en ai envoyé de ma cousine la rousse.
FEUILLETÉ
Nous allons bien voir.
JACQUELINE , lui arrachant la lettre.
Du tout, monsieur, rendez-moi ma lettre.
FEUILLETÉ , riant Ah! ah ! ah ! des larmes ! de la colère... c'est bien pour elle •'.. Allons, ma petite, calmez-vous... nous l'aimons donc bien, ce cher Bonichon !
JACQUELINE , regardant Annettc.
Oh! oui, nous l'aimons beaucoup... n'est-ce pas , Annette ?
ANNETTE
Oh ! ça... beaucoup.
FEUILLETÉ
Tiens ! vous êtes aussi dans la confidence ! que ne le disiez-vous tout de suite. Eh bien! faut faire le mariage, mes enfans...
JACQUELINE
Oui ; mais papa en protège un autre... un nigaud.
FEUILLETÉ
Un nigaud !.. ne l'épousez pas... je ne veux pas de nigauds dans la famille.
AKNETTE.
Comment faire pour lo renvoyer?
FEUILLETÉ
Est-ce que je ne suis pas là , moi ?
JACQUELINE
Ahl si vous vous mettez avec nous!
FEUILLETÉ
Certainement... et votre sœur aussi... nous en serons tous... laissez-moi me marier, et après ça...