‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 101 sur 300 · JACQUELINE , ANNETTE , FEUILLETÉ · texte numérisé non relu

JACQUELINE , ANNETTE , FEUILLETÉ

AN NETTE , criant.

Ah ! que c'est bètel.. rendez-moi cette lettre, monsieur.

FEUILLETÉ

Un billet doux le jour de vos noces ! vous devriez mourir de lionte ! Ne pas même attendre que nous soyons mariés !

JACQUELINE, a part.

Allons! v'ià une autre affaire !..

ANNETTE

Eh bien !.. oui , là... puisque vous me poussez à bout...

JACQUELINE , se mettant entre eux deux. Ah ! c'est joli , c'est très-joli , mam'zelle... me faire chercher ml lettre pendant deux heures.

ANNETTE

Comment ?

FEUILLETÉ

Quoi !.. cette lettre?..

JACQUELINE , à Feuilleté, avec mystère.

Est à moi... n'en dites rien à papa... {Bas.) C'est de mon amoureux...

FEUILLETÉ

Un amoureux I à votre âge !

JACQUELINE

Pardi ! voilà six mois que nous nous adorons...

FEUILLETÉ , regardant la signature.

Comment , M. Martial Bonicbon...

JACQUELINE , faisant signe à Ânnette.

Certainement.

FEUILLETÉ

Voyons un peu... (Lisant.) « Mamzelle, je m'empresse de vous « écrire ces lignes pourm'informer de votre santé.. » (^ lui-même.) Peut-on compromettre une jeune fille à ce point là !.. (Continuant.) <•. Ainsi que de celle de vos chers parens. » (A lui-même.) Quelle horreur I il y a des gens qui ne respectent rien.

JACQUELINE , 'voulant la reprendre.

En v'ià assez...

FEUILLETÉ

Un moment.. (// lit.) « J'ai reçu la mèche.. » Ah ! voilà la mèche découverte !.. « La mèche de vos cheveux blonds... elle est de des- « sus mon cœur. » Des cheveux blonds!., ah! ça, et vous êtes brune- Oui ou non, je m'en rapporte à votre sœur.

ANNETTE

C'est vrai , elle est brune.

JACQUELINE , d'un air de confidence et regardant sa sœur.

Tais-toi donc. (Haut.) Ah! c'est que... c'est que je lui ai joué un tour... parce que je sais qu'une demoiselle bien née ne doit jamais donner de ses cheveux ; je lui en ai envoyé de ma cousine la rousse.

FEUILLETÉ

Nous allons bien voir.

JACQUELINE , lui arrachant la lettre.

Du tout, monsieur, rendez-moi ma lettre.

FEUILLETÉ , riant Ah! ah ! ah ! des larmes ! de la colère... c'est bien pour elle •'.. Allons, ma petite, calmez-vous... nous l'aimons donc bien, ce cher Bonichon !

JACQUELINE , regardant Annettc.

Oh! oui, nous l'aimons beaucoup... n'est-ce pas , Annette ?

ANNETTE

Oh ! ça... beaucoup.

FEUILLETÉ

Tiens ! vous êtes aussi dans la confidence ! que ne le disiez-vous tout de suite. Eh bien! faut faire le mariage, mes enfans...

JACQUELINE

Oui ; mais papa en protège un autre... un nigaud.

FEUILLETÉ

Un nigaud !.. ne l'épousez pas... je ne veux pas de nigauds dans la famille.

AKNETTE.

Comment faire pour lo renvoyer?

FEUILLETÉ

Est-ce que je ne suis pas là , moi ?

JACQUELINE

Ahl si vous vous mettez avec nous!

FEUILLETÉ

Certainement... et votre sœur aussi... nous en serons tous... laissez-moi me marier, et après ça...

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