‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 100 sur 300 · FEUILLETÉ ET HOUBLON · texte numérisé non relu

FEUILLETÉ ET HOUBLON

Arrivez donc , M. Balthazar !

BALTHAZAR

Voilà ! voilà ! , .

JACQUELINE

Bonjour, ]\I. Balthazar. {Bas à Bonichon.) Yixies donc quelque chose... trouvez-vous un moyen?

BONICHON.

Pardon, excuse, la société... salut, mamzelle et la compagnie: où pourrions-nous déposer nos instrumens, eu attendant le bal? parce que, voyez-vous, des instrumens à vent, faut pas que ça prenne l'air.

FEUILLETÉ

Eh bien ! entrez chez le beau-père.

JACQUELINE, à />ar^

Il appelle ça un moyen !

( Ils entrent chez Houblon en faisant des signes à Jacqueline.) HOUBLON , au notaire.

Vous avez apporté le contrat ?

BALTHAZAR

Le voici.

JACQUELINE

Mais , papa, vous n'attendez pas la famille...

HOUBLON

Veux-tu te taire!., il faut qu'elle se inèle de tout...

BALTHAZAR , prenant Feuilleté à part.

Ah ça ! la dot est au comptant ?

FEUILLETÉ , bas.

Sans doute.

BALTHAZAR , bas.

A la bonne heure , ce n'est qu'à cette considération que j'ai sus pendu la saisie. {A Houblon.) Ah ça !.. nous mettons la dot en or , ou en argent ?

HOUBLON

En papier , sur une maison de Strasbourg.

BALTHAZAR

En papier!., diable !.. {A pari.) J'ai mal fait de ne pas céder ma créance , je la donnerais maintenant à cinquante pour cent. JACQUELINE , qui l'écoute de côté.

Cinquante pour cent!..

BALTHAZAR

Enfin , signons toujours.

JACQUELINE , à part.

Signer... {Elle l'arrête au moment oii il allait entrer dans la maison.) Ah I à propos, M. Balthazar, comment se trouve votre voisui Gervais ?

BALTHAZAR , étonné.

Le voisin Gervais ?

FEUILLETÉ , de même.

Est-ce qu'il est malade?

JACQUELINE

Comment ! vous ne savez pas?.. {A Balthazar.) On vous avait en voyé chercher.

BALTHAZAR

Pour faire son testament ?..

JACQUELINE

Dam î ça lui a pris tout subitement.

HOUBLON

Ça ne m'étonne pas, il avait un air...

FEUILLETÉ

Et puis des yeux...

BALTHAZAR

Mais ça va mieux?

JACQUELINE , at'ec malice.

Oh ! je le pense... car j'ai rencontré M. Coquelard, le notaire du village voisin , qui y courait.

BALTHAZAR

Coquelard !.. qui m'a déjà enlevé dix cliens î Mes amis , je ne vous demande qu'un moment.

FEUILLETÉ

Où allez-vous ?

JACQUELINE

Mais restez donc... M. Coquelard est bien bon pour faire un testament.

BALTHAZAR

Et pour me souffler mes honoraires... Il avalerait mon étude, cet homme-là !

HOUBLOK.

V^ous arriverez trop tard.

BALTHAZAR

Du tout... le père Gervais a de l'ainitie pour moi , je suis sûr ■qu'il m'attendra... servez toujours le diner.

(Il sort.)

SCENJK XI.

Les mêmes , excepté lîALTHAZAR.

FEUILLETÉ , frappant du pied.

Encore un retai'd I

HOUBLON

C'est l'affaire de dix minutes , je vais toujours faire monter de la bière.

( Il sort par le derrière de la maison. ) FEUILLETÉ.

Et moi, calmer ma charmante future; où est-elle donc?

( Il s'approche tout doucement d'Annette, qui est assise sous la tonnelle, et lit la lettre de Bonichon. } jACQUELiNEyài/ signe à Bonichon et h Doucct de retenir. St... st... eli! vite , il n'y a pas un moment à perdre.

BONICHON ET DOUCET , oceourant.

Prése nt !

JACQUELINE, ùas à Bonichon.

Vous avez de l'argent ?

BONICHON, bas.

1470 fr. 5 centimes de la succession de ma tante Véronique.

JACQUELINE , à Doiicet.

J'ai entendu quelques mois... courez vite sur les pas du notaire ,

et

( Elle lui parle bas.) BONICHON , bas.

Ali I Jacqueline, vous n\e sauvez la vie.

FEUILLETÉ , saisissant la lettre.

Qu'est-ce que c'est que ça, œam'zelle ?

Page 1