FEUILLETÉ ET HOUBLON
Arrivez donc , M. Balthazar !
BALTHAZAR
Voilà ! voilà ! , .
JACQUELINE
Bonjour, ]\I. Balthazar. {Bas à Bonichon.) Yixies donc quelque chose... trouvez-vous un moyen?
BONICHON.
Pardon, excuse, la société... salut, mamzelle et la compagnie: où pourrions-nous déposer nos instrumens, eu attendant le bal? parce que, voyez-vous, des instrumens à vent, faut pas que ça prenne l'air.
FEUILLETÉ
Eh bien ! entrez chez le beau-père.
JACQUELINE, à />ar^
Il appelle ça un moyen !
( Ils entrent chez Houblon en faisant des signes à Jacqueline.) HOUBLON , au notaire.
Vous avez apporté le contrat ?
BALTHAZAR
Le voici.
JACQUELINE
Mais , papa, vous n'attendez pas la famille...
HOUBLON
Veux-tu te taire!., il faut qu'elle se inèle de tout...
BALTHAZAR , prenant Feuilleté à part.
Ah ça ! la dot est au comptant ?
FEUILLETÉ , bas.
Sans doute.
BALTHAZAR , bas.
A la bonne heure , ce n'est qu'à cette considération que j'ai sus pendu la saisie. {A Houblon.) Ah ça !.. nous mettons la dot en or , ou en argent ?
HOUBLON
En papier , sur une maison de Strasbourg.
BALTHAZAR
En papier!., diable !.. {A pari.) J'ai mal fait de ne pas céder ma créance , je la donnerais maintenant à cinquante pour cent. JACQUELINE , qui l'écoute de côté.
Cinquante pour cent!..
BALTHAZAR
Enfin , signons toujours.
JACQUELINE , à part.
Signer... {Elle l'arrête au moment oii il allait entrer dans la maison.) Ah I à propos, M. Balthazar, comment se trouve votre voisui Gervais ?
BALTHAZAR , étonné.
Le voisin Gervais ?
FEUILLETÉ , de même.
Est-ce qu'il est malade?
JACQUELINE
Comment ! vous ne savez pas?.. {A Balthazar.) On vous avait en voyé chercher.
BALTHAZAR
Pour faire son testament ?..
JACQUELINE
Dam î ça lui a pris tout subitement.
HOUBLON
Ça ne m'étonne pas, il avait un air...
FEUILLETÉ
Et puis des yeux...
BALTHAZAR
Mais ça va mieux?
JACQUELINE , at'ec malice.
Oh ! je le pense... car j'ai rencontré M. Coquelard, le notaire du village voisin , qui y courait.
BALTHAZAR
Coquelard !.. qui m'a déjà enlevé dix cliens î Mes amis , je ne vous demande qu'un moment.
FEUILLETÉ
Où allez-vous ?
JACQUELINE
Mais restez donc... M. Coquelard est bien bon pour faire un testament.
BALTHAZAR
Et pour me souffler mes honoraires... Il avalerait mon étude, cet homme-là !
HOUBLOK.
V^ous arriverez trop tard.
BALTHAZAR
Du tout... le père Gervais a de l'ainitie pour moi , je suis sûr ■qu'il m'attendra... servez toujours le diner.
(Il sort.)
SCENJK XI.
Les mêmes , excepté lîALTHAZAR.
FEUILLETÉ , frappant du pied.
Encore un retai'd I
HOUBLON
C'est l'affaire de dix minutes , je vais toujours faire monter de la bière.
( Il sort par le derrière de la maison. ) FEUILLETÉ.
Et moi, calmer ma charmante future; où est-elle donc?
( Il s'approche tout doucement d'Annette, qui est assise sous la tonnelle, et lit la lettre de Bonichon. } jACQUELiNEyài/ signe à Bonichon et h Doucct de retenir. St... st... eli! vite , il n'y a pas un moment à perdre.
BONICHON ET DOUCET , oceourant.
Prése nt !
JACQUELINE, ùas à Bonichon.
Vous avez de l'argent ?
BONICHON, bas.
1470 fr. 5 centimes de la succession de ma tante Véronique.
JACQUELINE , à Doiicet.
J'ai entendu quelques mois... courez vite sur les pas du notaire ,
et
( Elle lui parle bas.) BONICHON , bas.
Ali I Jacqueline, vous n\e sauvez la vie.
FEUILLETÉ , saisissant la lettre.
Qu'est-ce que c'est que ça, œam'zelle ?