‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 144 sur 300 · CAMILLE , ALPHONSE · texte numérisé non relu

CAMILLE , ALPHONSE

ALPHONSE, avec un calme affecté.

Pourquoi vous troubler à ma vue ?

Je sais tout ; calmez votre effroi.

Mais de cet arrôt qui me tue , La cause doit m'être connue.

Qu'ai -je donc fait? Répondez-moi.

CAMILLE

 peine je respire.

ALPHONSE

Un seul jour a-t-il pu suffire Pour m'eiTacer de votre cœur ?

CAMILLE, les mains jointes.

Ayez pitié de ma douleur.

{^Aveo effort.) Alphonse ! je ne puis rien dire'. ALPHONSE , virement Ah ! j'ai tout deviné...

CAMILLE , ejfrayée.

Grands dieux !

En vain, vous voudriez le taire...

CAMILLE

Comment?

ALPHONSE

Ce sacrifice affreux...

CAMILLE

Eh bien I

ALPHONSE

C'est votre père...

CAMILLE, avec force.

Ah ! ne l'accusez pas !

S'il le savait , hélas !

Il n'y souscrirait pas 1 ALPHONSE , confond ..

Qu'entends-je P ô ciel !

CA-MILI/C , avre âme.

Tel est ie «iestin qui m'accable , Je dois vous fuir, tous oublier.

Et ne puis me justifier Sans devenir bien plos coupable.

CATatLiE , « part.

Pour mon cœuT quel snomenl!

Ce deale qui l'accable

ENSEMBLE ' ^''"™^'" "'^^ *"'^''^'- XiPHOiSE, à pari.

I Quel langage elTrayant,

Ce doute qui m'accable

VAagmenle mon tourmenl.

AiPHOusE, ■viv'emx.nu

Quel est donc cet époax ?

CAMILLE T avec trouble.

Ne ualnterroigez pas.

' AtPHOSSE.

Quels sont ses droîl« s^ir voqs?

CAMÎLLF-

He m'inteiTOgei pas

ALPHOHSE.

Ah 1 si pour vous défendre

Il ne faut que mon bras...

CA.MILLE, effrayée.

Parles bas '.

Il pourrait vous enlenàrf.

Et la mort suit toujours ses pas.

ALPHONSE

Que dites- vous ?

CiMiLLE , vwement.

Séparoiis-nous.

j' CAMILLE, tendrement.

1 II faut se quitter pour !a vie !

ENSEMBLE. I Alphonse , reçois mes adieux... J Loin de toi , ta fidèle amie . Pour ton bonheur fera des vœux.

— oo — '

f ALVHONSF.

Sttile (le \ ^'' 1"'^' ' *^ (l'jilter pour la vie .

NSEMBLE ^ Pi'ononcer d'éternels adieux !.. J Ah ! le seul bonheur que j'envie \ Est de pouvoir expirer à tes yeux ! ALPHONSE, amèrement.

Tu ne m'aimds jamais.

CAMILLE

O ciel! qu'ose,s-lu dire ?

Moi! je ne t'aimais pasi Ingrat, je t'aime encor ; C'est pour VA seul que je respire , Mon amour est mon seul trésor; En cet instant je puis encore le dire ;

Mais bientôt un autre sennent...

ALPHONSE , saisissant sa main.

Ah I Cfimilie !..

(0/i entend sonner une heure.) CAMILLE, le repoussant.

Ecoute ! on m'attend.

/ CAMILLE , tendrement.

Il faut se quitter pour la vie , Alphonse , reçois mes adieux !

Loin de toi , ta fidèle amie FTV^FMRr F I P^""" ^^^ bonheur fera des vœux.

ALPHONSE

Eh quoi 1 se quitter pour la vie , ' Prononcer d'éternels adieux...

Ah 1 le seul bonheur que j'envie \ Est de pouvoir expirer à tes yeux !

(Camille rentre précipitamment.)

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