CAMILLE , ALPHONSE
ALPHONSE, avec un calme affecté.
Pourquoi vous troubler à ma vue ?
Je sais tout ; calmez votre effroi.
Mais de cet arrôt qui me tue , La cause doit m'être connue.
Qu'ai -je donc fait? Répondez-moi.
CAMILLE
 peine je respire.
ALPHONSE
Un seul jour a-t-il pu suffire Pour m'eiTacer de votre cœur ?
CAMILLE, les mains jointes.
Ayez pitié de ma douleur.
{^Aveo effort.) Alphonse ! je ne puis rien dire'. ALPHONSE , virement Ah ! j'ai tout deviné...
CAMILLE , ejfrayée.
Grands dieux !
En vain, vous voudriez le taire...
CAMILLE
Comment?
ALPHONSE
Ce sacrifice affreux...
CAMILLE
Eh bien I
ALPHONSE
C'est votre père...
CAMILLE, avec force.
Ah ! ne l'accusez pas !
S'il le savait , hélas !
Il n'y souscrirait pas 1 ALPHONSE , confond ..
Qu'entends-je P ô ciel !
CA-MILI/C , avre âme.
Tel est ie «iestin qui m'accable , Je dois vous fuir, tous oublier.
Et ne puis me justifier Sans devenir bien plos coupable.
CATatLiE , « part.
Pour mon cœuT quel snomenl!
Ce deale qui l'accable
ENSEMBLE ' ^''"™^'" "'^^ *"'^''^'- XiPHOiSE, à pari.
I Quel langage elTrayant,
Ce doute qui m'accable
VAagmenle mon tourmenl.
AiPHOusE, ■viv'emx.nu
Quel est donc cet époax ?
CAMILLE T avec trouble.
Ne ualnterroigez pas.
' AtPHOSSE.
Quels sont ses droîl« s^ir voqs?
CAMÎLLF-
He m'inteiTOgei pas
ALPHOHSE.
Ah 1 si pour vous défendre
Il ne faut que mon bras...
CA.MILLE, effrayée.
Parles bas '.
Il pourrait vous enlenàrf.
Et la mort suit toujours ses pas.
ALPHONSE
Que dites- vous ?
CiMiLLE , vwement.
Séparoiis-nous.
j' CAMILLE, tendrement.
1 II faut se quitter pour !a vie !
ENSEMBLE. I Alphonse , reçois mes adieux... J Loin de toi , ta fidèle amie . Pour ton bonheur fera des vœux.
— oo — '
f ALVHONSF.
Sttile (le \ ^'' 1"'^' ' *^ (l'jilter pour la vie .
NSEMBLE ^ Pi'ononcer d'éternels adieux !.. J Ah ! le seul bonheur que j'envie \ Est de pouvoir expirer à tes yeux ! ALPHONSE, amèrement.
Tu ne m'aimds jamais.
CAMILLE
O ciel! qu'ose,s-lu dire ?
Moi! je ne t'aimais pasi Ingrat, je t'aime encor ; C'est pour VA seul que je respire , Mon amour est mon seul trésor; En cet instant je puis encore le dire ;
Mais bientôt un autre sennent...
ALPHONSE , saisissant sa main.
Ah I Cfimilie !..
(0/i entend sonner une heure.) CAMILLE, le repoussant.
Ecoute ! on m'attend.
/ CAMILLE , tendrement.
Il faut se quitter pour la vie , Alphonse , reçois mes adieux !
Loin de toi , ta fidèle amie FTV^FMRr F I P^""" ^^^ bonheur fera des vœux.
ALPHONSE
Eh quoi 1 se quitter pour la vie , ' Prononcer d'éternels adieux...
Ah 1 le seul bonheur que j'envie \ Est de pouvoir expirer à tes yeux !
(Camille rentre précipitamment.)