‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 161 sur 300 · CAVATINE · texte numérisé non relu

CAVATINE

C'est un amant qui vous supplie , Ne tremblez plus auprès de moi !

Vous adorer, voilà ma "vie ; Vous obéir, voilà ma loi.

Dans vos regards , lai.ssez-moi lire

Ce mol qui doit combler mes vœux... *

Tout en ces lieux semble nous dire

L'amour est là, soyez heureux!

Sur moi daignez tourner vos veux...

C'est un amant qui vous supplie !

Ne tremblez plus auprès de moi !

Vous adorer, voilà ma vie ; Vous obéir, voilà ma loi.

CAMILLE , revenant à elle.

Où suis-je ? [Elle l'aperçoit.) O dieux ! Eloignons-nous.

DUO

ZAMPA , tendrement.

D'où vient cette frayeur subite , Vous me voyez à vos genoux.

Eh ! quoi , votre regard m'évite !

N'ètes-vous pas près d'un époux?

CAMILLE , agitée.

Pardonnez ma frayeur subite , Laissez-moi fuir... séparons-nous Ce bienfait que je sollicite , Hélas ! le refuserez-vous ?

ZAMPA , at^ec amour.

Qu'elle est belle !

CAMILLE , à. part.

Il hésite !

[Haut.) Parlez î me le refusez-vous i'

/ CAMILLE

Dissipez mes alarmes , Souscrivez à mes vœux.

Est-ce donc par des larmes ENSEMBT F i ^"^ ^'^^ ^^^^^ ^^^^ heureux l

ZAMPA

[Que d'attraits, que de charmes 1 Moi , souscrire à ses vreux ...

Sa douleur et ses larmes Ont redoublé mes feux 1 ZAMPA , af ec amour.

Moi, m'ordonner l'indifférence, Quand l'amour embrase mon cœur I

Quand le mystère et le silence -^

Ont préparé notre bonheur !

CAMILLE , s' éloignant auec effroi.

Ah ! tout augmente ma terreur !

zAMPA , tendrement.

La nuit et le silence Protègent ce séjour...

La plus douce espérance Vient m'enivrer d'amour 1

CAMILLE, plus ejyrayée.

Vous tromperiez ma confiance 1 ZAMPA , voulant la saisir.

Parlez bas!., du silence'.

CAMILLE

Votre serment) que je viens réclamer...

ZAMPA

Je n'en ai fait qu'un seul, celui de vous aimer. CAMILLE, éperdue.

Un motencor...

ZAMPA , s' avançant

Cède à mes lois 1 CAMILLE, tombant à ses pieds et les mains étendues vers lui.

Ah ! daignez entendre ma voix !

[A. genoux.)

Dissipez mes alarmes !

Souscrivez à mes voeux.

Est-ce donc par des larmes i Que l'on peut être heureux !

ENSEMBLE, l ^Ampa, s' arrêtant et la regardant.

I Que d'attraits, que de charmes !

f Moi, souscrire à tes vœux !

Ta douleur et tes larmes

Ont redoublé mes feux !

FINJL.

CAMILLE, se rclct^ant ai' ec force.

Eh quoi ! rien ne vous touche !

Ah ! sans doute, celui Dont l'âme insensible et farouche Causa la mort d'Alice Manrrc<'i, Doit être sans pitié !

ïkvcvK, frappé.

Qu'cntends-je ?.. Alice !

Encore ce nom fatal!

Page 1