‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 193 sur 300 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

MARINI , LE MARQUIS , ensuite PAOLA.

mAUINI , armant sur là pointe du pied. Monseigneur, elle est ici.

LE MARQUIS

Fort bien ; le mariage est presque rompu, et si elle peut plaire... {Regardant de côté) ioVie toxxrnnre. ..( La reconnaissant de loin. ) Ah ! grand Dieu !

MÀRINX

Qu'avez-vous ?

LE MARQUIS

C'est bien elle... ( /i Marini.) Malheureux! qu'as-tn fait?... si le prince la voit, je suis perdu.

MARiui , éio.urdi.

Comment ?

LE MARQUIS, rapidemen

Emmène-la sur-le-champ.

MARINI

Où donc?

LE MARQUIS

Où tu voudras , dans un couvent... à mille lieues d'ici... mais -qu'elle ne reparaisse pas. .. où c'est fait de toi.

(Il s'esquive de côté.) MARINI , seul.

Ah! mon Dieu... il paraît que j'ai fait de bonne besogne !

PAOLA , entrant (i).

Je n'ose faire un pas... Eh! mais , vous m'erviez dit que nous trouverions le ministre ici... est-ce qu'il n'est pas venu? MARIN! , embarrassé.

Pas encore.

PAOLA

Ah ! tant pis... mais vous semblez inquiet , embarrassé... Est-ce qu'il me refuserait son appui ?

MARINI , de mcme.

Non... Mais il paraît qu'il est parti... pour sa maisdfc de campagne... et nous sommes obligés d'en faire autant.

PAOLA. 9

Que dites-vous ?

MARINI. f

Oui, l'entrevue est manquée... il faut nousj*emettre en voyage.

PAOLA

Encore !

(i) Paola, Marini.

MAniNI.

Yenez.

pAolA , effrayée.

Où voulez-vous me contluire ?

MARIN I , voulant la prendre par la main.

Vous le saurez.

pAOLà , le repoussant.

Non , tout ceci cache un mystère qui m'effraie , et que je veux e'claircir. Depuis hier, je suis dupe de vos promesses... je devais retrouver en ces lieux l'ami qui m'avait donné un asile, et je ne le vois pas... je devais parler à Son Altesse, et vous voulez m'éloigner... je ne vous suivrai pas.

ENSEMBLE

' Air : Fragment de la Bayadère.

MARmi. PAOLA.

Cessez de vous en défendre , A nos vœux il faut vous rendre;

Sans pleurer^ sans gémir.

Vous devez obéir.

C'est en vain que l'on espère A mon pouvoir se soustraire ;

Tout ici, croyez-moi ,

Est soumis à ma loi.

Comment, hélas 1 me défendre ?

Ici nul ne peut m'entendre,

Ah '. dussé-je en mourir.

Je ne puis obéir !

Mais c'est en vain que j'espère A son pouvoir me soustraire.

Tout ici, je le roi.

Est soumis à sa loi.

PAOLA, le suppliant.

Ne soyez point inexorable 1 Pourquoi ce regard de courroux?

Hélas ! quand le malheur m'accable.

Au destin vous unirez-vous P On écoute même un coupable Quand il vous implore à genoux.

Vous me voyez à vos genoux.

ENSEMBLE

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