‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 197 sur 300 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les mêmes, LE MARQUIS, seigneurs et dames de la cour (i).

LE MARQUIS, au fond.

Je vais prévenir Son Altesse. {L'apercevant.) Chut!., il est avec

(i) Maître Huguo, Marini, le prince, Paola.

son bouffon... le plus drôle de eoips... vous allez voir comme il

est amusant.

(Tout le monde s'approche.)

LE PRINCE, .ire retournant et masquant Paola.

Que voulez-vous ?

LE MARQUIS

Pardon... Que vois-je !.. Son Altesse émue!.. {A maître Huguo.) Morbleu^ monsieur le diôle, est-ce ainsi que vous remplissez votre charge?., au lieu défaire rive le prince...

MAITRE HTJGXJO,

Faire rire le prince!.. Ah! ça, pour qui me prend-on, s'il vous plaît?

LE MARQUIS

^ Eh ! mais , pour le bouffon de la cour.

MAITRE HUGUO, suffoqué.

Le bouffon!., moi !.. Quelle insulte!.. Je vous demande un peu

si j'ai la figure d'un baladin !

LE VKi^CEy faisant un pas et découirant Paola qui est près de lui , immobile et les yeux baissés.

Silence î

LE MARQUIS, à part.

Paola, encore ici!.. C'est fait de moi !

LE PRINCE, au marquis.

Que Veniez-Yous m'apprendre ?

LE MARQUIS, ai>ec embarras.

Que toute la cour est réunie dans la salle du concert. . . et que l'on n'attend plus que Son Altesse.

LE PRINCE, lentement.

C'est bien... précédez-nous, marquis... [Donnant la main à Paola.) Et annoncez vous-même... la duchesse de Ferrare !

La duchesse de Ferrare !

CHOEUR

Air de Fra Diavolo.

Qu'ai-je entendu 1 Quoi Son Altesse Vient donc enfin de faire un choix ; Vive à jamais notre dHchesse, A notre amour elle a des droits !

MAITRE HUGUO.

Quoi! mon prince?

PAOLA

Qu'allez-vous faire ?

LE PRINCE

Mon devoir et mon bonheur. Oui ^ Paola, oui, messieurs, je irends hommage à la vertu la plus pure... à la fille d'un de mes

plus braves officiers. J'acquitte une dette sacrée, et si je pouvais liésiter un instant, je ne serais plus digne d'être votre souverain. {yi ses courtisans.) Du reste, messieurs, que celui d'entre vous qui désapprouve mon choix, s'éloigne... je n'ai plus besoin de ses services.

TOUS, at'cc empressement.

Ah! monseigneur!

LE PRINCE, à maître Huguo.

Quant à vous, mon digne conseiller, vous resterez toujours près de moi; vous serez mon guide, mon ami... et cette place là, du moins, vous ne la perdrez jamais.

MAITRE HUGTJD, troublé.

Ah! monseigneur!.. {A part.) Qu'est-ce que va dire Suzanne?.. Oncle d'un souverain ! et des petits princes qui seront mes neveux!., je leur apprendrai à lire moi-même.

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