LE SECOND
Les Polonais en hausse,
ROSE
A un sou la violette... Fleurissez-vous, niessieuis.
MADAME CORNUET.
Ma petite Rose, dis donc à monsieur Marasquin de nie donner mon déjeûner.
MARASQUIN
Voilà, Yo'ûk... {Posant une corbeille.) Bonjour, madame Cornuet... ça va bien aujourd'hui? A propos, madame Cornuet, ça ne va plus être moi qui vous la versera.
MADAME CORNUET.
Pourquoi donc, mon garçon?
MARASQUIN
Je quitte la Rotonde... J'aurai l'entreprise des raiVaichissemcns du nouveau théàtie.
nosE, Ah! bien, monsieur Marasffuin , si vous tiiiez un bon enfant, vous me feriez vendre de3 bouquets dans la salle.
MABASQUliV,
Vous, mamzelie Rose?
KOSE.
Dam! je m'ennuie d'être toujours en plein vent, et de n'pas sortir de la violette.
MADAME COUNUET.
Au fait, c' n'est pas avec ses bouquets d'un sou qu'elle amassera dix mille livres de rentes
MAUASQUIN , à part.
Eli bien!., j'en parlerai... Mais faudra faire honneur à la maison...
ROSE
Ah I soyez tranquille.
Air : de Mazaniello (^Pour nous quel avenir s'apprête .') Les directeurs, pour tâcher d' plaire .
En fait d'ouvraj;es et de couplets , Chaque jour offriront au parterre Tout ce qu'ils auront de plus frais.
Je ferai d' même pour mon éventaue Tout c' qu'y a d' plus frais...
MARASQUIN, d'un air galant.
J'en suis certain ; Surtout si c'est la petit' bouqu'tière Qui sert d'enseigne au magasin.
SCEl^E lî.
Les mêmes, M. YERDIER.
( Costume un peu gothique.) MADAME COnKUET.
Ah! v'ià M. Verdier.
VEUDIER.
Bonjour, madame Cornuet.
MADAME COnKUET.
Votre servante, M. Verdier..-.. Vous venez bien tard aujourd'hui ?
VEUDIER.
C'est que j'ai couru... Vue diable de commission... un ami de Carpentras qui me prie de lui retrouver et de lui renvoyer son fils, espèce de mauvais sejet qui fait des siennes à Paris.
MADAME COr.HUET.
Je craignais déjà que vous n'ayez eu votre catharve.
VERDIER
Bah! il faudrait que je fusse mort pour vous faire infidélité , depuis trente ans que je lis tous les jours mon journal à la même place!.. Autrefois, au Luxembourji;, sous le troisième marronnier. .. mais depuis que la Comédie-Française a saute' les ponts... il a bien fallu émigrer aussi... Je suis un vieil amateur.
Air : Un homme poiirjaire un tableau.
Pour noire Théàire-Franç lis
J'ai toujours eu le cœur sensible ;
Je lui souhaite des succès
Et du public... si c'est possible.
Bu beau, du vrai seul enchanié ,
Moi, dans le monde et sur la st ène.
Je n'aime que la vérilc...
MADAME COR?fCET.
Tenez, voilà voir' Quotidienne. VERDIEU , s'asseyant.
Merci... {Mettant ses huieltci.) El ce fameux lliéàtre Monlausier, ouvse-t-il toujours?
MADAME COr.NUET.
C'est pour aujourd'hui , à ce qu'ils disent... Les marcliands des Arcades sont encliaute's... Ils croient que ça les fera vendre davantage... {f^erdicr hausse les épaules. ) Ca distraira le inonde de ses occupations, et v'ià tout.
VERDIEU , lui offrant une prise de tabac.
Pour aller entendre des bêtises î
MADAME CORNUET.
Comme vous dites. Moi , d'abord , je présenterai une pétition.
VERDIEU , à (lemi-foix.
Soyez donc tranquille... il n'est pas encore ouvert.