‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 226 sur 300 · ROBERT, ARMAND · texte numérisé non relu

ROBERT, ARMAND

KOBERT, à la cantonade.

Au diable les curieux et les bavards !

ARMAND

C'est toi, Robert?... à qui en as-tu donc?

ROBERT

Cet imbécile de Flamant qui m'arrête sur l'escalier pour m'assommer de questions , au lieu d'être à sa loge !

ARMAND

As-tu fait mes commissions?

ROBERT

Ce n'est pas sans peine ] ... Il m'a fallu du temps pour rassembler vos créanciers... car, Dieu merci, nous en avons aux quatre coins de Paris ! . . . Les coquins ne voulaient plus croire qu'il s'agissait de les payer! ARMAND, riant.

Bon

ROBERT

Air : l^'audei'ille de Partie et He^'nnche.

Depuis long-lemps , sans espérance ,

Dans Je coffre-forl d'Israël ,

Us ne voyaient qu'un vide immense , Ils n'entendaient qu'un silence élernel.

Au jeûne quand on les condamne , Qu'un peu d'argent soudain leur soit offert ,

Pour ces bons Hébreux c'est la manne

Qui tombe au milieu du désert.

Pourvu qu'elle tombe encore !

ARMAND, montrant le secrétaire.

Oh ! cette fois , les dix mille francs sont là !

ROBERT, regardant un tiroir.

Pauvre cher oncle! .. se laisser encore attendrir, après tous les tours ! . . .

ARMAND

Tu ne me parles pas de Clémentine ?

ROBERT , tirant une lettre de sa poche. Ah! j'oubliais le petit billet du matin.

Eh! donne donc, bourreau... [lisant. )

« Mon cher Armand , « Je commence à croire que vous m'aimez sérieuse- « ment, puisque vous avez soutenu avec tant de courage « les quinze jours de retraite auxquels je vous ai con

« damné. Prenez garde cependant de faire naufrage au « port. » [â lui-même.) Oh ! parbleu, je suis sûr de mon fait !

KOBERi, secouant lalêlè.

Hum ! monsieur. .. nous avons encore trois heures devant nous... Il ne nous en faut pas tant pour faire mille sottises!

ARMAND

Autrefois... mais maintenant, [il lit.) « Mon frère , le « major Edouard, est arrivé deStrasbourg... »(wf<?w«w/. ) Edouard ! mon meilleur ami...

ROBERT

.Te viens de le rencontrer , il compte déjeuner avec vous.

ARMAND

Je serai ravi de l'emhrasser! [lisant.) « C'est vis-à- » vis de lui, surtout, qu'il faut de la prudence. Depuis « mon veuvage, nous nous étions promis de ne pas nous « marier , et de passer nos jours dans les douceurs de <i l'amitié fraternelle... »

ROBERT

Oui , serment de veuve !

ARMAND , continuant.

» Songez, Armand , que vous m'avez juré sur l'hon- « neur d'être discret , et que , dussé-je en mourir, tout « serait rompu , si vous manquiez à votre parole. « Clémentine de Cernay. »

[à Robert.) Eh! mais, est-ce qu'elle ne viendra pas lever mes arrêts?

ROBERT

Ah! monsieur, j'ai eu toutes les peines du monde à l'y décider! Comment, Robert, (WszHi-eWe. , paraître dans un hôtel garni! chez un garçon l... Je lui ai fait remarquer d'abord que ce garçon n'était qu'un capitaine de hussards.

ARMAND

Son amant...

ROBERT

Et bientôt son époux.

ARMANT)

Enfin?

ROBERT

Elle viendra. Avec les veuves, il n'y a que manière de faire envisager les choses.

ARMAND

Âh! mon cher Robert, lu es charmant... donne-moi mon habit, [le passant.) Elle viendra!... me voilà payé de tous mes sacrifices... j'entends quelqu'un. ROBERT, courant avL fond.

C'est monsieur Edouard !

ARMAND

Son frère?... clmt. ,. cache vile ce portrait.

[Robert cache le portrait^ de Clémentine dans le pela cabinet à gauche. Edouard parait au fond. )

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