‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 227 sur 300 · EDOUARD, ARMAND · texte numérisé non relu

EDOUARD, ARMAND

EDOUARD

Eh ! le voilà , enfin !

ARMAND, l'embrassant.

C'est toi , mon ami ! . . . que je suis enchanté !

EDOUARD

Mais où diable es-tu donc venu te loger?... dans un quartier perdu !.. je craignais de ne pas te rencontrer ; mais ton portier, qui cause volontiers, m'a dit que tu ne sortais jamais.

ARMAND , à part.

Maudit bavard! [haut.) Il exagère... niais je sors beaucoup moins, c'est vrai; je m'occupe... je réfléchis...

EDOUARD

Tu réfléchis! toi, l'étourdi en chef du régiment? tiens , je parie que je devine ton secret. ARMAND, vivement.

Je n'ai pas de secret ; ne vas pas t'imaginer. .

EDOUARD

J'y suis , te dis-je : il s'agit d'une gageure ; tu dois rester un mois, deux mois sans bouger de chez toi... et comme tu es passablement indiscret , on t'aura fait promettre aussi de n'en rien dire.

ARMAND, souriant.

Il y a bien quelque chose comme cela.

.J'en étais sûr.

ARMAND

Mais ne va pas me trahir !

EDOUARD

A. une condition ; nous serons de moitié.

ARMAND

Comment , de moitié !

EDOUARD

Oui.

AiH de Mazaniello.

Nous partagerons comme frères Le prix de ta gageure. . .

ARMAND

Non.

EDOUARD

Allons donc! entre militaires, Ça se partage sans façon.

Pourquoi ne pas agir de même ?

ARMAND

Mais c'est que dans ces choses-là, Sans être intéressé , moi , j'aime Que chacun garde ce qu'il a.

EDOUARD

Tues devenu avare?... d'honneur, je ne te reconnais plus!... Ah! çà , ta gageure ne te défend pas de me donner à déjeuner ?

Non , sans doute. Robert !

ROBERT, sortant du cabinet.

Monsieur?

ARMAND

Va chercher ce qu'il faut.

ROBERT

Dans la minute , vous allez être servis. (// sort.)

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