SCENE IX
LE BARON, CARAMBOLI.
lE BARON, s' essuyant le front.
Je crois que j'ai déployé un assez beau caractère... Maintenant , qu'y a-t-il pour votre service , mon cher Caramboli ?
CARAMBOLI.
Oune affaire de la piou grande impourtanceî... Dites-moi, baron, la comtesse dejRiga , elle est venue ?
LE BARON
Parbleu!... c'est pour ça que mon fils s'est révolté.
CARAMBOLI.
Aile vis a invité à son bal ?
LE BARON
Oui, mais je n'irai pas... j'ai refusé net.
CARAMBOLI.
Oi, mé... ché bêtise... ze veux dire qualé improudence !... vi pouvez pas vous dispenser d'y paraître.
LE BARON
Moi?
CARAMBOLI, baissant la voix.
Quand vi saurez que le sort de voutre pays... que la Saxe, elle est dans vos mains...
LE BARON, étonné et regardant ses mains. Dans mes mains?.
CARAMBOLI.
II souffît de vis montrer au bal, per sanzer bien des soze de face.
LE BARON , plus étonné.
Vous croyez que je pourrais clianger de face... expliquezvous.
CARAMBOLI.
Vi savez que j'ai accompagné no.'^lre zeune arsi doue dans ses voyages en Suède et chez l'autocrate de tous les Roussis... à notre retour, l'empereurd'Âutrisse, son frère, voulait le marier. Ze louis donnai l'idée d'oune alliance avec lé Roussis, perqué, pourquoi, z'avais vou là-bas oune petite princesse qu'il était pas zolie... ma qu'elle était très aimable... ma nostre jeune arsi doue, en apprenant que c'était moi qu'il avait ou celle idée... il me chassa en mé défendant de zaïnais reparaître devant loi.
LE BARON
Et pourquoi ?
CARAMBOLI.
liioulile de vous le dire, c'est un seciet d'élat.
LE BARON
Trè? bien.
CARAMBOLI.
Ma l'eiupercur son l'ièie per des raisons politiques, veut signer les fiançailles avec l'autocrate, il faut donc avertir le prince qui ne s'en doute pas.. . et lui dire deux mots en secret... c'est sur vous que zai zettc les youx...
Bien flatté... ces deux mots sont?...
CARAMBOLI.
Vous les saurez piou tard.
LE BARON
Quand vous voudrez.
CARAMBOLI.
Quand vous les lui aurez dit, ces deux mots... ces deiix mots d'où dépendent lou sort d'où prince, celoui de la Saxe. .. il vous sautera au cou, vous appellera soun sauveur, vous rendra toutes vos places , et à moi aussi.
LE BARON
Il se pourrait!... mes places, mes pensions... ce n'est pas que j'y tienne... un agriculteur! mais, sauver son prince... servir la chose publique...
CARAMBOLI.
Et faire son bonheur parlicoulier.
LE BARON
(le n'est pas encore cela qui m'arrêterait.
CARAMBOLI.
Vous consentez donc?...
LE BARON
.le ne le devrais pas, après toutes les injustices dont on m'a abreuvé... mais, voilà le propre de la vertu... c'est de se venger par des bienfaits!... ô Saxe-Gotha !... Saxe-Gotha!... tu vois ce que je fais pour toi.
Alix de la Robe et des Buttes.
Je neveux pas que d'orgueil on me laxe, ■ J'irai, monsieur, à ce bal d'apparat , Puisqu'il s'agit du repos de la Saxe Et du bonlieur d'un futur potentat, (brs.)
Le sacrifice n'est pas mince; IMais trop heureux qui peut faire à ce prix Des pirouettes pour son prince, Des enlreclials pour son pajs!
CARAMBOLI.
Biavissimo! Joustement lou sarzé d'afl"aires de Souède nous attend dans sa voiture. ( // veut t' entraîner. ) LE BARON , s' arrêtant.
Ah ! mon Dieu !
CàBAMBOLI.
Qu'avez-vous ?
LE BARON , se frappant le front.
Je n'y pensais plus... je ne peux pas j aller.
CARAMBOLl.
A cause de votre costouuie ?
LE BARON
Non! j'ai laissé raes uniformes à la ville; mais je suis consigné; mes gens ne me laisseront pas sortir.
CAKAMBOLt.
Qu'est-ce que vous dites donc?
LE BARON
Je leur en ai donné l'ordre moi-même , et ils me respectent trop pour ne pas m'arrêter... et a moins de trouver quelque échappatoire...