SCENE ÏX
Les mêmes, AUBRY s'essuyant avec son mouchoir.
Ouf! voilà une affaire qui m'a donné du mal ! la tête m'en tourne ! Eh bien '. s'est-on grondé, boudé, embrassé ?..
DELPHINE
Grâce à vous , mon ami , nous sommes hors d'embarras !.. {A d^Arboise.)'So\xs voyez, monsieUr, que les soirées d'avoué servent pourtant à quelque chose...
d'arboise.
Oui , à arranger les procès. . .
A0BRY , à part Ou à faire fuir les cliens... Aussi , je n'en donnerai plus !
d'arboise, à Clarisse et à Kictor.
Ah ça ! mes enfans , si vous voulez encore vous séparer, ne venez pas vous adresser à moi , ça me dérange !.. Nous allons partir, n'est-ce pas, retourner à Dijon î Mais que Victor me promette de ne plus tant se disputer avec ce bon monsieur Faustin?..
VICTOR, gaiment.
Très-volontiers , cher oncle. Je n'y aurai pas grand mérite, car nous ne le retrouvei*ons plus là-bas.
CLARISSE
Monsieur Faustin ?
d'arboise.
Gomment ?
Il doit être parti.
Parti !..
VICTOU.
AUBRT.
Oui, avec les autres !.. J'ai reçu une lettre de lui ce matin; il me dit, qu'il aurait bien désire' mourir martyr, mais que le moment n'est pas favorable^ et qu'il part pour Fribourg. d'arboise.
Pauvre homme !..
AUBKY.
Oui, le pauvre homme , il m'emporte mes frais , j'y perds deux mille huit cents francs; mais j'y gagne le plaisir d'avoir fait votre connaissance et le bonheur de ces époux , cela me tiendra lieu d'honoraires. Voilà comme pense le véritable avoué.
DELPHINE
Très-bien , monsieur Aubry ; je suis contente de vous , et pour vous le prouver, voilà ce que je vous destinais. Tenez! ( Elle lui donne son portrait qu'elle avait caché.) AURRY.
Ton portrait ! chère amie 1
, VICTOR , à- part.
Son portrait l Je devine.
AUBRY
Quelle aimable surprise ! {Le montrant a Victor.') C'est qu'il est d'une ressemblance...
VICTOR, d'un air contraint.
Parfait !
AUBRY
Méchante! pourquoi me l'avoir fait attendre si longtemps.
DELPHINE, regardant Victor en dessous. C'est qu'on a un peu tardé à me le rendre.
AUBRY, bas.
Et quand es-tu donc sortie pour poser ?
DELPHINE, de même.
Je ne suis pas sortie... on est venu. {Haut.) MXons , messieurs , maintenant que tout est pacifié , ne songeons qu'au plaisir.
AUBRY
Ah ! on est venu ! {A part.) C'est drôle ; la femme de chambre ne m'en a rien dit ; j'en prendrai une autre.
( On entend la musique du fond ; les danseurs commencent un galop; la toile tombe.)