SCÈNE VI
EMILIE, à droite j pleurant; AUGUSTIN, h gauche, essuyant ses yeux; BREMONT ET NANETTE, entrant par la porte du fond.
NANETTE , faisant entrer Brémont.
Entrez, entrez , monsieur.
BRÉMONT
C'est bien... Voyons l'appartement.
NANETTE
Pas encore. . . dans un instant.
BRÉMONT
Est-ce que ton maître ne veut pas loiier sans remise et sans écurie.''
NANETTE
Si, monsieur, jusqu'à présent... Mais pour qu'il le veuille définitivement, il faut que madame y consente... et je vais la prévenir... Daignez vous asseoir, et l'attendre. {Elle sort.^
BhÉMONT *.
Auprès de ces jeunes gens Volontiers, car j'ai toujours aimé la jeunesse... 11 y a en elle une franchise , une insouciance, une gaîté de tous les momens... [ Apercei>ant Emilie qui pleure.') Ah ! mon Dieu !. . . {Regardant Augustin^)
Et l'autre aussi ! Eh bien ! eh bien ! ( S'approrhanl
(Veux.) ()u'est-ce que c'est donc?. • . Qu'y a-t~il, mes jeunes amis?
AUGUSTIN
Ses amis.. .
Pardon. ..je ne vous connais pas, c'est vrai ; mais vous pleurez tous deux , et pour moi on n'est plus étranger dès
qu'on a du chagrin Moi qui vient de loin, j'en ai eu
tant!...
LES DEUX JEUNES GENS s'npprochant de lui.
11 serait vrai !
BREMONT, leur prenant la main.
Vous le voyez... voilà déjà la connaissante faite... II y a du bon dans le malheur, et il ne faut pas trop en médire. . . Il rapproche , il unit les hommes C'est le bonheur qui rend égoïste , et heureusentent je vois que nous n'en sommes pas là.
AUGUSTIN
Il s'en faut.
BRÉMONT
Je comprends. .. quelque penchant. . . quelque inclination contrariée.