SCÈNE VÏII
Les mêmes, LE BARON.
LE BARON , rentrant /jar la porte a gauche, et se parlant à '"'"
nie me.
Oui , c'est monsieur Charles qui avait arrangé tout cela... il a mis Robert dans ses intérêts...
(Il va vers la droite. *)
Air : Tout vient redoubler nui tristesse. [Une Faute.) ENSEMBLE.
LE BARON, sans voir Julie et Guillaume et julie.
Guillaume. Ma frayeur augmente à sa vue,
Oui , de cette attaque imprévue, Mon cœur s'agite maigre moi ; Charle est le seul auteur, je croi j Et sa voix , dans mon âme émue , Mais son espérance est déçue. Apporte le trouble et l'effroi.
Il ne peut l'emporter sur moi.
GUiLLAi ME , a Julie.
Approchez.
JULIE, bas.
Devant lui, je n'ose plus paraître.
LE BARON, la voyant.
Mais que vois-je en ces lieux ?
(*) Le baron, Guillaume, Julie.
GL'ILLAUMi;.
J'vous dérange peut-être.
Avec ma fille , ici , j' venais saluer not' maître.
LE BARON, la regardant.
C'est fort bien.
JULIE , a part.
Mais vraiment,
Son regard n'a rien d'effrayant.
ENSEMBLE
LE BARON, a part. julie et Guillaume, a part.
Mais quel objet s'offre à ma vue ! rv • j • • ■ ma
- .* , .,•,•• Oui, deia 16 crois fiue vue
Jamais des attraits si piquans ; j j * sa
]\'ont porté dans mon âme émue Rend ses regards moins eflfrayans j
Le trouble heureux que je ressens. Et sa voir, dans mon âme émue,
Calme le trouble que je sens.
LE BARON
Ah ! c'est là ta fille , GuiUaumc ?
GUILLAUME
Oui , monsieur le baron.
LE BARON
Tu l'as donc fait revenir de Provence ?
GUILLAUME
Ah ! dame... je vas vous dire , sa tante est morte; et ça l'a empêchée de la garder plus long-temps... je venais pour la présentera monsieur le baron; mais vous êtes occupé, nous reviendrons dans un autre moment.
LE BARON
Du tout, du tout, reste donc. {A Julie.) Approchez^ mon enfant.
GUILLAUME , à Julie.
Eh bien, approche donc. {Julie fait un pas en arrière.) VAi bien! elle recule !.. moa Dieu, que ça devient gauche en grandissant.
LE BARON, la regardant.
Air : Je n' ai point vu ces bosquets de lauriers.
Que de grâce !.. que de fraîcheur !
Eh! quoi, mon cher, vraiment, c'est là ta fille?
Tu t'es trompé, sur mon honneur ^ Car vous n'avez aucun air de famille.. .
GUILLAUME
Oui, sa ligur', c'est étonnant. De la mienne en tous points diffère ; Mais je m'en console aisément.
Ce n'est pas le premier enfant Qui n'ait rien du tout de son père. (^Bis.) LE BARON.
Elle est charmante ! un air modeste , ingénu! (Bas à Guillaume.) Eh! dis-moi, mon neveu ne l'a pas vue? ï GUILLAUME , à mi-voix.
Oh que non... j'ai pris mes précautions, parce (jue monsieur Charles a une réputation...
—SO- LE BARON
Détestable,
GUILLAUME
Comme vous dites , détestable! et puis, voyez-vous, une jeune fille à cet âge-là... c'est jeune.
LE BAnOM , souriant.
Parbleu I
GUILLAUME
Il y a tant de mauvaises langues !.. il ne faut que quelques propos... <« Elle a écouté celui-ci, — elle s'est laissé embrasser par celui-là.» Ca suflit pour faire croire... ils sont bêtes comme tout dans ce village-ci.
LE BARON, le regardant.
Je m'en aperçois. Mais tu ne dois pas redouter ma réputation , à moi ?
GUILLAUME
Certainement, M. le baron , que je ne vous crains pas du tout... Un homme d'âge I Je suis bien sûr que... Allons , parlez donc, petite fille. {Il la fait passer auprès du baron.) vous me laissez faire tout les frais de la conversation. (*) Julie , a^'ec l'accent proi'enral qu'elle conser^'c toujours dans
cette scène, et dans les scènes suii^antcs.
Mon père , que voulez-vous que zé dise?
eUILLAUME,
Pardi ! c'est bien aisé. Dites à M. le baron que vous êtes sensible à l'honneur qu'il a... d'avoir la bonté... d'être assez complaisant... pour... Dites-lui toujours ça, en attendant le reste.
JULIE
Vous dites mieux que moi,
GUILLAUME, l'imitant.
Vous dites mieux que moi... [Au baron. ) Excusez-là , M. le baron , c'est que, voyez-vous, chez sa tante, elle a appris à parler iroquois,
LE BAHON.
Ne la tourmente pas. Quel âge a-t-elle , Guillaume?
GUILLAUME
Elle a à-peu-près... [A part,) Ah! mon Dieu ! ils ne m'ont jias prévenu de cela. [Bas à Julie.) Quel âge avez-vous.' JULIE, faisant la réf^érence.
7js\ dix-huit ans , moussu lé baron.
GUILLAUME
Oui... air a dix-huit ansi je me rappelle à grésent... parce que la veille de la Saint-Médard se trouvait un lundi...
(*) Le Laron , Julie , Guillaume.
— ai—
et alors, comme elle est née le lemiemaia... ça doit faire juste dix-huit ans. {Passant entre Julie et le baron.) Ah î ça , M. le baron , nous ne voulons pas abuser de vos momens , j'ai à ranger dans le château.
LE BAR.O?!
Eh I bien, ne te gène pas pour moi... vas à tes aftaires , mou ami, ta Utle me lîendra compagnie.
GUILLAUME
Comment, vous voulez que cette petite...