‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 97 sur 300 · SCENE VIÏ · texte numérisé non relu

SCENE VIÏ

Les mêmes , HOUBLON, dans le fond.

JACQUELINE, V apercevant.

C'est mon papa. {S'eloignant subitement de Doucet et de Bunichon.) C'est bon... c'est bon,., passez votre chemin... je iic cause pas avec des militaires.

BONICHON , étonné.

Qu'est-ce qu'elle a donc ?

DOUCET

C'est le père.

HOUBLON , s'avançant.

Qu'est-ce que c'est , ma petite Jacqueline ?

JACQUELINE

Deux soldats qui veulent loger chez vous , mon papa... Ils disent qu'ils ont des billets. {Bas à deux Aom/ne.y.) L'important est que vous restiez.

HOUBLON

Encore des soldats, et un jour de noce... bien flatté... voyons vos billets.

DOUCET , embarrassé.

C'est juste.

BONICHON.

Donne les billets.

JACQUELINE, feignant de chercher dans sa poche.

J'vas vous les montrer, mon papa... c'est moi qui les ai lus. ... comme vous étiez absent... Eh bien I qu'est-ce que j'en ai donc fait?.. Ah I je viens de les donner au garçon de M. Feuilleté pour l'aire des caisses de biscuits... mais ils étaient bien en règle... avec la griiFe de monsieur l'maire, et c'est heureux qu'on les ait envoyés chez nous. {A demi^voix.) Ca nous fera des danseurs. HOUBLON , bas.

Non, non , je n'aime pas les soldats au milieu de toutes les jeunes filles... je vais les renvoyer à ma petite métairie.

Ah ! mon papa !.. des défenseurs de la patrie ! ce serait malhonnête... ils savent qu'il y a une noce... Tenez , je m'en rapporte au beau-frère.

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