BON IC H ON
Juste... pourriez-vous me donner des nouvelles de sa personne , et de sa foi ?
JACQUELINE
Sa foi?... ma foi...
DOUCET
Dam !.. il revient l'épouser, si la place est disponible.
L*e'pouser!.. ab ! mon Dieu !..
DOUCET
•Qu'avez-vous donc ?
JACQUELINE
Ma sœur...
BONICHON.
Eb bien !.. votre sœur ?..
JACQUELINE
Aussi , c'est votre faute... pourquoi ne lui avez-vous pas e'crit ?
BONICHON.
J'y ai t'e'crit, tu te rappelles bien, Doucet... il y a quatre mois... quand j'ai recueilli la succession de ma tante Véronique... je t'ai même donné la lettre pour la mettre à la petite posse.
DOUCET
Pardi ! je l'avais même mise dans ma poche de côté. {Il cherche.) Tiens î la voilà encore.
JACQUELINE, la prenant.
Ab î bien... vous avez fait là un beau coup... ma sœur Annette qui se marie aujourd'hui !
DOUCET
Aujourd'hui î
JACQUELINE
Dans une heure!., et c'est moi qui ai arrangé ce mariage-là.
BONICHON.
Malheureux chapeau chinois I c'est une tuile qui te tombe sur la tête.
DOUCET
Elle ne pouvait pas attendre !
JACQUELINE
Dam I six mois , il me semble que c'est bien honnête.
DOUCET
Et qui épouse-t-elle ?
JACQUELINE
M. Feuilleté , pâtissier-traiteur.
BONICHON.
Un gargotier enfoncer un artiste I comme les talens sont ravalés !
JACQtJELINE.
Quel parti prendre ?
DOUCET
J'vas faire aligner le tourne-broche.
JACQUELINE
Je VOUS !c défends.
DOUCET
Il verra que je ne suis pas un serpent de paroisse.
JACQUELINE , afec (lignite.
M. Doucet , je vous le défends ; je crois que je m'explique.
DOCCET.
Alors , raamzelle , aidez-nous à casser ce mariage en mille miettes... pour que mon ami et moi nous puissions épouser les deux soeurs.
BONICHON.
Ca f'rait partie carrée.
JACQUELINE
Oh ! que ça serait gentil !
DOUCET
Va donc te promener.
BONICHON.
Salut, mamzelîe, la compagnie.
Air : O bords heureux du Gange!
Dans nol' petit ménage,
DoncET.
Dans not' petit ménage.
JACQUELINE
Nous serions deux à deux.
DOUCET
Nous serions deux à deux.
JACQUELINE. '
L'exemple du village.
DOUCET
L'exemple du village.
L' modèle des amoureux.
DOUCET
L' modèl' des amoureux.
ENSEMBLE
DOUCET-
Je brûl' d'impatience, Car, dans le fond du cœur.
Je sens que l'espérance
JACQUELINE
Un peu de patience , N'avez-vous pas mon cœur :
Songez que l'espérance Est presque le bonheur.
N' tient pas lieu du bonheur.
DEUXIEME COUPLET
DOUCET ET BONICHON.
., ? demande une grâce.
JACQUELINE
Et quelle est cette grâce ?
DOUCET
C'est un petit baiser.
JACQUELINE
Comment donc , un baiser!
DOUCET
Excusez mon audace.
JACQUELINE
Non, non, c'est trop d'audace.
DOUCET
Vous n' pouvez refuser.
JACQUELINE
Je dois vous refuser.
— If—
EJVSEMBLE.
JACQUELIKE.
Un peu de patience , N'avez-vous pas mon cœur !
Songez que l'espérance Est déjà du bonheur.
DOUCET
Je brûr d'impatience , Car, dans le fond du cœur, Je sens que l'espérance N* tient pas lieu du bonheur.
( Doucet l'embrasse. )