‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 96 sur 300 · BON IC H ON · texte numérisé non relu

BON IC H ON

Juste... pourriez-vous me donner des nouvelles de sa personne , et de sa foi ?

JACQUELINE

Sa foi?... ma foi...

DOUCET

Dam !.. il revient l'épouser, si la place est disponible.

L*e'pouser!.. ab ! mon Dieu !..

DOUCET

•Qu'avez-vous donc ?

JACQUELINE

Ma sœur...

BONICHON.

Eb bien !.. votre sœur ?..

JACQUELINE

Aussi , c'est votre faute... pourquoi ne lui avez-vous pas e'crit ?

BONICHON.

J'y ai t'e'crit, tu te rappelles bien, Doucet... il y a quatre mois... quand j'ai recueilli la succession de ma tante Véronique... je t'ai même donné la lettre pour la mettre à la petite posse.

DOUCET

Pardi ! je l'avais même mise dans ma poche de côté. {Il cherche.) Tiens î la voilà encore.

JACQUELINE, la prenant.

Ab î bien... vous avez fait là un beau coup... ma sœur Annette qui se marie aujourd'hui !

DOUCET

Aujourd'hui î

JACQUELINE

Dans une heure!., et c'est moi qui ai arrangé ce mariage-là.

BONICHON.

Malheureux chapeau chinois I c'est une tuile qui te tombe sur la tête.

DOUCET

Elle ne pouvait pas attendre !

JACQUELINE

Dam I six mois , il me semble que c'est bien honnête.

DOUCET

Et qui épouse-t-elle ?

JACQUELINE

M. Feuilleté , pâtissier-traiteur.

BONICHON.

Un gargotier enfoncer un artiste I comme les talens sont ravalés !

JACQtJELINE.

Quel parti prendre ?

DOUCET

J'vas faire aligner le tourne-broche.

JACQUELINE

Je VOUS !c défends.

DOUCET

Il verra que je ne suis pas un serpent de paroisse.

JACQUELINE , afec (lignite.

M. Doucet , je vous le défends ; je crois que je m'explique.

DOCCET.

Alors , raamzelle , aidez-nous à casser ce mariage en mille miettes... pour que mon ami et moi nous puissions épouser les deux soeurs.

BONICHON.

Ca f'rait partie carrée.

JACQUELINE

Oh ! que ça serait gentil !

DOUCET

Va donc te promener.

BONICHON.

Salut, mamzelîe, la compagnie.

Air : O bords heureux du Gange!

Dans nol' petit ménage,

DoncET.

Dans not' petit ménage.

JACQUELINE

Nous serions deux à deux.

DOUCET

Nous serions deux à deux.

JACQUELINE. '

L'exemple du village.

DOUCET

L'exemple du village.

L' modèle des amoureux.

DOUCET

L' modèl' des amoureux.

ENSEMBLE

DOUCET-

Je brûl' d'impatience, Car, dans le fond du cœur.

Je sens que l'espérance

JACQUELINE

Un peu de patience , N'avez-vous pas mon cœur :

Songez que l'espérance Est presque le bonheur.

N' tient pas lieu du bonheur.

DEUXIEME COUPLET

DOUCET ET BONICHON.

., ? demande une grâce.

JACQUELINE

Et quelle est cette grâce ?

DOUCET

C'est un petit baiser.

JACQUELINE

Comment donc , un baiser!

DOUCET

Excusez mon audace.

JACQUELINE

Non, non, c'est trop d'audace.

DOUCET

Vous n' pouvez refuser.

JACQUELINE

Je dois vous refuser.

— If—

EJVSEMBLE.

JACQUELIKE.

Un peu de patience , N'avez-vous pas mon cœur !

Songez que l'espérance Est déjà du bonheur.

DOUCET

Je brûr d'impatience , Car, dans le fond du cœur, Je sens que l'espérance N* tient pas lieu du bonheur.

( Doucet l'embrasse. )

Page 1