VI PREFACE
testante) un progrès » et que « si, dans l'intention de Dieu, la séparation a un sens, ce sens doit être le réveil de la vie spirituelle dans les Eglises. »
L'étude de M. Paul Sabatier : A propos de la Séparation, expose, en trois chapitres topiques et intéressants : les Origines de la crise, la situation actuelle de l'Eglise romaine en France et les conséquences de la dénonciation du Concordat.
La brochure d'Anatole France, V Eglise et la République, traite, au chapitre premier, «de l'Eglise romaine dans ses rapports avec les Etats » ; au chapitre II, donne un « aperçu des rapports de l'Etat français avec l'Eglise sous la troisième République, depuis sa fondation jusqu'en 1897 »; au chapitre III, parle « de l'action de. l'Eglise en France de 1897 à 1899 »; dans les chapitres IV, V, VI et VII, ra pelle les mesures prises sous les ministères Waldeck-Rousseau et Combes : la loi sur les Associations, la Note diplomatique du pape aux puissances, la disgrâce de deux évêques concordataires, les préliminaires de la Séparation, etc.; puis viennent, au chapitre VIII, la question : « L'Etat doit-il se séparer de l'Eglise ?» ; au chapitre IX, cette autre question : « Comment l'Etat doit-il se séparer de l'Eglise ? »; au chapitre X, la « Conclusion ».
L'écrit du P. Maumus : L Eglise vengée est, ou a voulu être, ainsi que l'explique son sous-titre, une réponse à la brochure précédente d'Anatole France.
Le Dernier cri du cardinal Lecot, et le recueil d'articles Contre la Séparation publiés au fur et à
mesure de la discussion de la loi par le comte Albert de Mun, sont aussi des œuvres de polémique dont il n'est pas besoin d'indiquer l'esprit et la tendance.
L'ouvrage de M. F. Grunebaum-Balin est surtout, comme l'indique son sous-titre, une " Etude juridique sur le projet Briand et le projet du Gouvernement (c'était alors le gouvernement de M. Combes). Une courte préface de M. Anatole France, déjà nommé, l'introduit en termes dont l'éloge est justilié par le contenu, comme un livre « fort utile à tous ceux qui travaillent à résoudre celte grande et pressante question ».
Les brochures ou livres de MM. Gide, Jalaberl, Armand Lods et Noblemaire — et nous aurions ;mssi à mentionner les opinants de l'enquête du Figaro, — sont, avec des vues et en des proportions différentes, des éludes critiques sur les projets et propositions de lois sur la Séparation soumis au Parlement.
L'opuscule de Georges Dazet, conçu et écritdans l'esprit d'un libre-penseur, entend indiquer « à quelles conditions doit répondre une bonne loi, une loi définitive — autaut qu'on puisse parler de définitif en ce monde —sur le régime des Eglises». Il critique assez vivement à cet égard « la législation Briand-Combes ». Il veut tout d'abord «que l'Etat ne protège, ne salarie, ne subventionne, ni
directement ni indirectement, aucun culte
L'Etat, par suite, doit ignorer les Ministres des Cultes, en tant que tels; il ne peut les connaître
VIII PHEFACE
que comme de simples citoyens. Cette première condition remplie, il faut tout aussi impérieusement que la loi assure et garantisse à tous la liberté de conscience : non pas seulement, bien entendu, la liberté du for intérieur, ce qui serait hypocrisie pure, mais la libre expression des croyances religieuses, la pleine liberté des manifestations cultuelles, sous la seule réserve, comme pour toutes les autres libertés, des garanties réclamées par Tordre public. »
La brochure de M. Jean Guiraud, écrivain d'ailleurs inconnu, est un pamphlet clérical écrit en vue de dénoncer à l'indignation et à lanimadversion des électeurs les députés qui avaient voté la loi de Séparation. « Paraissant à la veille de grandes consultations nationales, ce livre veut faire connaître au peuple le vote de ses représentants sur la grave question de la Séparation. Il signale les députés qui ont joué dans cette discussion un rôle prépondérant et les responsabilités de tous dans le vote final. Ainsi, en toute connaissance de cause, le suffrage universel pourra confirmer aux uns leur mandat, le retirer aux autres. » Comme M. de Mun, comme M. d'Haussonville, dont il délaye les arguments et les injures, le belliqueux M. Jean Guiraud s'imaginait assez niaisement que les masses électorales, soulevées par les prédications des nouveaux Pierre l'Ermite qui avaient entrepris la croisade contre les inventaires, allaient déserter les drapeaux de la République démocratique et prendre rang derrière les bannières de la
« faction romaine ». Lui-même, brandissant son armet de Mambrin, s'imaginait faire mordre la poussière à tous les ennemis des intérêts de la sacro-sainte Eglise, et d'avance s'en forgeait une «joie » dont il n'essayait pas de cacher l'expression. Rude a dû être la commotion du réveil de M. Jean Guiraud au lendemain des « dates fatidiques o du fi et du 20 mai !
Les ouvrages de MM. Anatole Biré, Aristide Briand et ses collaborateurs, G. de Lamarzelle et Taudière, G. Lhermitte et M. Vérone, G. Lbopileau et E. Thibault, Marc Réville et L. Armbruster, publiés depuis la promulgation de la loi, sont, comme leurs titres l'indiquent, des commentaires juridiques et explicatifs de la loi du 9 décembre
Le dernier ouvrage mentionné dans notre revue bibliographique, imprimé à Rome à la Typographie Vaticane, est l'exposé, avec certains documents à l'appui, du point de vue de la Cour pontificale sur la Séparation de l'Eglise et de l'Etat en France. Nous serons amené à dire notre sentiment sur cet exposé au cours de notre Précis historique.
Comme on l'a pu comprendre déjà par le résumé bibliographique qu'on vient de lire et par le titre du présent volume, mon intention, en assemblant et compilant les matériaux de ce recueil, a été différente de celle de mes devanciers (1) et, quoique
(1) I, 'ouvrage, entra t< se rapproche le plus du naocc de ses m;itiiTC$
;eux que nous avons indiqués, qui re, par sa composition et l'ordout celui de notre honorable ami,