PREFACE V
chacun par quelque trait, par quelque préoccupation particulière de recherche ou de.but.
C'est ainsi que le livre de M. A. André, collection d'articles publiés d'abord dans son journal, se définit lui-même : « un livre de propagande populaire. » Ecrivant en 1903, l'auteur, tout en constatant que la séparation des Eglises et de l'Etat était «à l'ordre du jour», persuadé qu'elle comptait en principe, parmi ses partisans, la majorité du Sénat et de la Chambre des Députés, exprimait la crainte qu'elle ne fût pas votée pendant cette législature : « c'est, disait-il, que la masse populaire n'est pas préparée suffisamment à l'application de ce régime de liberté religieuse et les hommes poliliques n'osent pas se lancer dans l'inconnu. »
Œuvre de propagande également la conférence de M. YvesGuyot, prononcée à Saint-Jean d'Angély le 7 mai 1905, sous la présidence de M. Ad. Carnot, et publiée par les soins de « l'Alliance républicaine démocratique » dont M. Ad. Carnot est le président aimé et vénéré. L'auteur s'étendait surtout, dans cette conférence, sur les résultats fâcheux ou même funestes que la politique Concordataire avait entraînés pour la France durant tout le cours du xix" siècle.
La brochure de M. le pasteur Allégret, reproduction d'une conférence prononcée par lui devant son auditoire du Havre, a pour but de préparer les esprits des protestants au nouveau régime de la pleine liberté des cultes, de prouver que « la Séparation, nécessairement, réalisera pour l'Eglise (pro-
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testante) un progrès » et que « si, dans l'intention de Dieu, la séparation a un sens, ce sens doit être le réveil de la vie spirituelle dans les Eglises. »
L'étude de M. Paul Sabatier : A propos de la Séparation, expose, en trois chapitres topiques et intéressants : les Origines de la crise, la situation actuelle de l'Eglise romaine en France et les conséquences de la dénonciation du Concordat.
La brochure d'Anatole France, l'Eglise et la République, Ivâile, au chapitre premier, «de l'Eglise romaine dans ses rapports avec les Etats »; au chapitre II, donne un « aperçu des rapports de TEtat français avec l'Eglise sous la troisième République, depuis sa fondation jusqu'en 1897 »; au chapitre III, parle « de l'action de l'Eglise en France de 1897 à 1899 »; dans les chapitres IW, Y, VI et VII, rapelle les mesures prises sous les ministères Waldeck-Rousseau et Combes : la loi sur les Associations, la Note diplomatique du pape aux puissances, la disgrâce de deux évêques concordataires, les préliminaires de la Séparation, etc. ; puis viennent, au chapitre VIII, la question : « L'Etat doit-il se séparer de l'Eglise ? »; au chapitre IX, cette autre question : « Comment l'Etat doit-il se séparer de l'Eglise ? »; au chapitre X, la « Conclusion ».
L'écrit du P. Maumus : L'Eglise vengée est, ou a voulu être, ainsi que l'explique son sous-titre, une réponse à la brochure précédente d'Anatole France.
Le Dernier cri du cardinal Lecot, et le recueil d'articles Contre la Séparation publiés" au fur et à
[•REKACE YIl
mesure de la discussion de la loi par le comte Albert de Mun, sont aussi des œuvres de polémique dont il n'est pas besoin d'indiquer l'esprit et la tendance.
L'ouvrage de M. P. Grunebaum-Balin est surtout, comme l'indique son sous-titre, une « Etude juridique sur le projet Briand et le projet du Gouvernement (c'était alors le gouvernement de M. Combes). Une courte préface de M. Anatole France, déjà nommé, l'introduit en termes dont l'éloge est justifié par le contenu, comme un livre « fort utile à tous ceux qui travaillent à résoudre cette grande et pressante question ».
Les brochures ou livres de MM. Gide, Jalabert, Armand Lods et Noblemaire — et nous aurions aussi à mentionner les opinants de l'enquête du Figaro, — sont, avec des vues et en des proportions différentes, des études critiques sur les projets et propositions de lois sur la Séparation soumis au Parlement.
L'opuscule de Georges Dazet, conçu et écrit dans l'esprit d'un libre-penseur, entend indiquer « à quelles conditions doit répondre une bonne loi, une loi définitive — autant qu'on puisse parler de définitif en ce monde — sur le régime des Eglises ». Il critique assez vivement à cet égard « la législation Briand-Combes ». Il veut tout d'abord «que l'Etat ne protège, ne salarie, ne subventionne, ni
directement ni indirectement, aucun culte
L'Etat, par suite, doit ignorer les Ministres des Cultes, en tant que tels; il ne peut les connaître