‹ La séparation des églises et de l'ÉtatChapitre 96 sur 189 · IV. — LES ASSOCIATIONS DITES € CULTUELLES · texte numérisé non relu

IV. — LES ASSOCIATIONS DITES € CULTUELLES

Le projet admet des associations qu’il appelle culluelles destinées à recueillir les fonds nécessaires au culte : mais ces associations sont soumises à une ingérence perpétuelle et minutieuse de l'État. Les sommes recueillies seront limitées. Elles doivent être complètement connues de l'État et soumises à sa surveillance, Si une erreur ou une négligence se glisse dans l’accomplissement de.ces nombreuses formalités, des peines seront infligées et les associations peuvent être supprimées.

V. 4 CONSÉQUENCES INÉVITABLES Encouragement à la division catholique et au schisme ; asservissement de la religion pour aboutir à sa destruction.

Le projet admet que plusieurs associations peuvent exister dans la même paroisse. Le gouvernement approu-

l'enquête du Siècle

vera celle qui lui conviendra, c’est-à-dire celle qui se révoltera contre l'autorité ecclésiastique et qui lui paraîtra la plus opposée aux intérêts religieux. Il y a là, évidemment, un encouragement à la division, à la révolte et au schisme.

Les peines de droit commun ne suflisent pas contre le clergé ainsi enchaîné et réduit à la misère, désolé dans la foi et traité en paria; le projet établit des peines spéciales et très sévères, l'amende et la prison, contre les ecclésias-, tiques, et sans doute au nom de la justice, de l'égalité et de la liberté.

Le projet de séparation ne reconnaît pas la hiérarchie catholique. Il ne reconnaît aucune autorité aux curés et aux évêques dans l’organisation et la direction des associations ; il ne reconnaît les curés et les évêques que pour les priver de leur traitement et les condamner à l'amende et à la prison.

Il imposera aux catholiques des charges Rue et écrasantes, et ils ne pourront même pas disposer des sommes qu'ils auront recueillies au prix des plus grands sacrifices.

Le projet de séparation décide que les églises resteront gratuitement à leur disposition pendant deux ans, puis que, pendant dix ans, les conseils municipaux « devront, sur la demande des catholiques, dit la dernière rédaction du projet (auparavant à la place de devront était le mot pourront auquel on reviendra peut-être), louer les églises aux catholiques ».

Il faut prévoir qu'un bon nombre de conseils municipaux créeront à cette location bien des difficultés. Il faut prévoir que, pour punir les moindres fautes ëtles moindres erreurs dans l’administration si compliquée des sociétés cultuelles, et les actes ou les paroles de tel ou tel prêtre, les églises seront enlevées aux catholiques. Et ainsi beaucoup d’entre elles ne resteront pas douze ans à leur disposition.

Enfin, les catholiques, écrasés par les impôts, chargés des traitements du clergé, de la location des églises, de leur entretien, de tous les frais du culte, ne pourront pas, même en dix ou douze ans, bâtir de nouvelles églises ou de vastes salles.

M. L'ÉVÊQUE DE NANCY ET DE TOUL

Done, à une date plus ou moins rapprochée, dans beaucoup de paroisses, et après douze ans dans toutes les paroisses, si telle est la volonté des conseils municipaux, le culte sera supprimé.

Dans quels lieux, en effet, les messes pourront-elles être dites, dans quels lieux pourront être administrés les sacrements du baptême, de l’Eucharistie et du mariage, dans quels lieux' pourront être célébrés la grande fête de la première communion et les funérailles religieuses ?

Les concessions faites pour quelques années ont évidemment pour but d'amener l'opinion publique à accepter le projet de séparation, en dissimulant ses conséquences odieuses.

Non seulement les catholiques, mais les indifférents et même les hommes hostiles à la religion, qui conservent quelques principes de justice, de liberté, et qui n’admettent pas que les promesses si solennelles d'égalité et de fraternité ne soient que d’hypocrites formules, ne peuvent accepter ces conséquences évidentes et inévitables.

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