‹ La séparation et les électionsChapitre 100 sur 146 · Journal Officiel. Chambre, 1905, p · texte numérisé non relu

Journal Officiel. Chambre, 1905, p

solue. ses intérêts spirituels de ses intérêts temporels, parce que les seconds sont les moyens utiles et parfois indispensables de promouvoir les premiers. On oublie aussi que 1 Église est une société étroitement hiérarchisée dans laquelle la meme autorité ^ a tout te qui constitue sa vie. Des les origines du christianisme, ce furent les apôtres qui confièrent aux diacres le soin de l’administration matérielle et dans la suite ceux-ci ne s’en acquittèrent jamais qu en a ertu d une délégation spéciale del’épiscopat. « L’autorité des évêques, s’exerce non seulement dans les questions de doctrine, ce qui est trop évident, mais aussi dans les questions d’organisation temporelle, en ce sens que toutes les commissions d administrateurs des biens d’Eglise, des biens destinés au cuite, doivent rester soumises à D'autorité de l’évêque, agir avec son approbation, avoir son agrément b » Par ces paroles, M. Ribot montrait qu il connaissait à fond la tradition catholique et l’organisation ecclésiastique.

Dès lors, se pose ce dilemme : si les associations cultuelles ne doivent pas cadrer rigoureusement avec la constitution intime de l’Église, c’est-à-dire « rester soumises à l’autorité de l’évêque, agir avec sou approbation, avoir son agrément, » l’État introduit, par une intervention usurpatrice, un élément nouveau et étranger dans l’Eglise et dès

1. Journal Officiel, deuxième séance du 20 avril 1905 p. 1607,

lors. M. Briand nous trompait, quand, au nom du Bloc, il promettait à l'Église la liberté de s’organiser « selon ses tendances, ses traditions et son gré. » Si au contraire elles doivent rester absolument dans la main de l’évêque et du pape, pourquoi les leur imposer, s’ils déclarent n’en avoir pas besoin? Aurait-on quelque mauvais dessein et soutiendrait-on les associations cultuelles comme on soutenait les évêques de Laval et de Dijon ?

Eh bien oui 1 Pour le prouver, nous n’avons qu’à entendre les interprètes autorisés du Bloc, et lire attentivement le projet de loi.

Les associations cultuelles ont tout cVabord pour objet de circonscrire, selon les caprices de l’État, l'action de l’Église et de l’enfermer dans des limites si étroites qu’elle doive progressivement y périr d’inanition. Pour y parvenir, le procédé est des plus simples. On commence par déclarer que l’Eglise ne peut rien sans associations cultuelles, on précise ensuite ce qu’elles peuvent elles-mêmes, en le limitant étroitement et ainsi, l’action de l’Eglise se trouAre étroitement resserrée par l’autorité de l’Etàt. Toutefois, comme on a légiféré sur les associations cultuelles et non sur l’Eglise, on se réservre le droit de dire que nulle loi n’attente à la liberté de l’Eglise, que la Séparation l’a définitivement délivrée de toute entrave, sans lui en imposer de nouvelles, et qu’ainsi, les consciences catholiques se trouvent à jamais « libérées. » Nul ne devra être

dupe d’une pareille hypocrisie et il appartient à toute âme franche et loyale de la démasquer.

« Il est sage avant tout, dit M. Briand, de rassurer la susceptibilité éveillée des « fidèles » en proclamant solennellement que non seulement la République ne saurait oppresser les consciences ou gêner dans ses formes multiples V expression extérieure des sentiments religieux ; mais encore qu’elle entend respecter et faire respecter la liberté de conscience et la liberté du culte h » Gela dit, ]M. Briand et la loi, à sa suite, s’empressent de donner aux associations cultuelles le monopole 1 2 officiel de la vie religieuse, puis de les enfermer dans un rôle exclusivement cultuel. « Les nouvelles associations cultuelles ne devront avoir pour objet que le culte. Leur patrimoine ne devra avoir pour objet que le culte. » D’où il suit que ne pouvant posséder et disposer de ses biens que par intermédiaire des associations cultuelles, l’Église elle- meme ne devra consacrer son patrimoine qu’au seul exercice du culte; et comme en ce monde rien 11e va sans des ressources matérielles, il s’ensuit que toute l’action de l’Église devra, d’après la loi, se confiner dans les exercices du culte, l’administration des sacrements, la célébration des offices.

Elle enseigne cependant que l’amour de Dieu 11e

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