Rapport Briand, p
n’a nul besoin que l’État lui en donne une. Bien plus, n’importe quelle constitution lui venant de 1 Etat usurperait sur ses droits et s’immiscerait d‘ime manière tyrannique, « dans l’expression ecclesiastique des croyances religieuses », pour cette raison péremptoire qu’étant de droit divin, l’organisation de l’Église ne saurait être réglée par des lois humaines. Sans doute, sous le régime des concordats, le pouvoir civil intervient, dans certains cas, dans la vie catholique; mais il le fait non de sa propre autorité mais bien en vertu d’un consentement librement donné par l’Église, d’un contiat signé par elle conlme par lui. La Séparation supposant la disparition de tous ces accords. l’État, en légiférant sur l’Église le ferait de sa seule autorité et par la, se rendrait coupable d’intrusion arbitraire dans ce domaine spirituel qui lui est d autant plus fermé qu’en se proclamant laïque, il allecte lui-mème de l’ignorer. Après les déclarations libei aies de M. Briand, les catholiques pouvaient espérer que la loi laisserait leur Église a s organiser selon ses tendances, ses traditions et son gre ; » et qu’ils resteraient étroitement groupés autour de leurs chefs suffisants et nécessaires, les prêtres, les évêques, le pape. Ainsi entendue, la Séparation aurait été nette et loyale; elle aurait « libéré » l’Eglise, autant que l’État.
Mais peut-on attendre la liberté des francs-maçons qui n’ont dénoncé le Concordat que pour tuer
l’Église u? « La liberté! leur disait M. Ribot, elle vous fait peur! Vous parliez depuis longtemps de la Séparation. Vous l’avez entrevue comme une grande réforme dont vous n’avez pas sondé toutes les difficultés ni toutes les profondeurs! Quand elle vous est apparue avec toutes ses réalités, c’est-a-dire avec la liberté, même réduite, elle vous a fait peur! 1 » Dès lors, l’homme d’affaires du Bloc M. Briand, s’est chargé, malgré ses belles tirades libérales, de forger pour l’Église la chaîne qui continuera son asservissement à l’État, et d’imposer aux catholiques cette organisation usurpatrice qu’il avait feint de condamner. Cette chaîne, cette organisation ce sont les associations cultuelles instituées et réglementées par le titre IY de la loi.
Nous n’ignorons pas la réponse que fait M. Briand à ceux qui l’accusent de contradiction et d incohérence. c< Les associations cultuelles ne portent aucunement atteinte à l’organisation spirituelle de l’Église, la seule qui échappe à la compétence des lois. Elles n’auront à s’occuper que de questions matérielles et temporelles n’ayant rien de commun avec « l’expression ecclésiastique des croyances religieuses ; » et elles n’usurperont en rien sur l’autorité légitime des prêtres, des évêques et du pape. »
En parlant ainsi, on oublie que la constitution de l’Eglise ne sépare pas, d’une manière aussi ab-