‹ La séparation et les électionsChapitre 102 sur 146 · Séance du 3 juillet 1905. J. O. p · texte numérisé non relu

Séance du 3 juillet 1905. J. O. p

creaturae. » Il n’a fait aucune distinction entre les hommes ; toute créature humaine, quel que soit le temps et le pays où elle vit, son âge, sa condition, son sexe, doit être enseignée par l’Église, dont la prédication et l’apostolat sont universels. Ainsi l’ont toujours compris, dans tous les siècles, les chefs de la catholicité et ils l’ont prouvé en donnant un soin tout particulier, non seulement à la prédication et à l’enseignement de l’Évangile, mais aussi a toutes sciences qui de près ou de loin peuvent susciter ou défendre la foi dans les âmes. Nous n’essaierons pas ici de montrer, ne fût-ce que par la plus légère esquisse,' les missions, les prédications de toutes sortes, les universités, les collèges, les écoles, les études sacrées ou profanes dont l’Église a pris l’initiative, pendant les vingt siècles de son existence, car ce sujet vraiment trop vaste déborderait hors des cadres de notre modeste étude...

Ce vaste champ d’action, si indispensable à son existence meme, l’Église se le voit enlever par la loi de Séparation ! En enfermant les associations cultuelles dans des attributions rigoureusement cultuelles, la majorité de la Chambre n’a voulu permettre que les sermons faits au cours des offices ordinaires, que les catéchismes préparant immédiatement à la première communion ; tout le reste est supprimé! Avec la compétence spéciale en matière religieuse que lui donne sa qualité de libre

penseur fanatique, M. Augagneur n’a-t-il pas (lit : 1 « A quoi bon les missions ? Les sermons ordinaires des dimanches et jours de fêtes religieuses ne suffisent-ils pas ? » Le ministre des cultes, M. Bienvenu- Martin — un protestant franc-maçon — n’a-t-il pas déclaré que « les associations cultuelles pourront s’occuper de l'instruction religieuse proprement dite y j'entends V instruction qui doit mettre les en fants en état de recevoir les sacrements 2 » . Oui, c’est M. Bienvenu-Martin qui le dit formellement : l’instruction religieuse ne comprendra désormais que le catéchisme de première communion. Après onze ans, on n’aura plus d’enseignement religieux ; et ainsi, se trouvera confirmée par les déclarations autorisées du ministre des cultes, la parole attristée de M. Bersot : « en France, la première communion est la fin de la religion, comme le mariage la fin de l’amour ! »

Désormais seront supprimés les catéchismes de persévérance qui complétaient l’instruction religieuse de la jeunesse, les retraites où chaque catégorie de fidèles venait tour à tour se retremper dans la doctrine chrétienne, et recevoir des enseignements appropriés à son état ; les grandes missions où des sermons exceptionnels réveillaient dans l’âme des auditeurs la foi qui sommeillait ; les cours supérieurs de religion où, devant des esprits plus

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