‹ La séparation et les électionsChapitre 27 sur 146 · Discours du 9 juin 1905. Journal Officiel, p · texte numérisé non relu

Discours du 9 juin 1905. Journal Officiel, p

A11ENTAIS C 0 N T H K LE SUFFRAGE U N I V Ë R S E L

Loi sque des candidats libéraux, au courant du plan maçonnique, essayaient d’éclairer les populations eu leur montrant dans la loi de 1901 une guillotine déjà dressée contre les religieux et qu’une majoi i té sectaire ne manquerait pas de faire fonctionner, les défenseurs du bloc criaient à la calomnie.

Les élections eurent lieu; dupé par leurs déclarations hypocrites et se fiant à leur feinte modération., le pays envoya à la Chambre une majorité de députés anticléricaux. Aussitôt les demandes d’autorisation furent rejetées en masse; des milliers d écoles furent fermées, les ordres religieux expulsés et, maître de la France pour quatre ans, le bloc la traita en pays conquis.

Ainsi fera-t-on aux élections prochaines. On présentera aux électeurs la séparation comme une mesure libérale, prise dans l’intérêt de l’Église. On répétera, avecM. Lacombe, que l’on a rendu la liberté à la conscience catholique. Sous prétexte que des pensions provisoires sont laissées au clergé, on dira que le budget des cultes est maintenu. Sous prétexte que les églises resteront à la disposition des associations cultuelles, on dira que le culte est respecté et qu’en somme, la loi nouvelle n’apporte aucun grand changement. M. bienvenu-Martin, ministre des cultes, a déjà donné le modèle de ces déclarations trompeuses lorsqu’il disait à la Chambre : « bien dans la loi ne peut justifier vos alarmes. Les églises resteront ouvertes* les minis-

très du culte continueront d’habiter les presbytères, ies fondations religieuses seront respectées, le culte en un mot sera célébré comme aujourd’hui, avec cette seule différence qu’une partie du budget des cultes aura disparu b »

Mais on oubliera de dire que, selon les expressions de M. Briand « on peut reprendre tous ces avantages concédés aujourd’hui ; » et on ne répétera pas avec M. Ranc : « Ces concessions n’ont rien d’irréparable! »

On espère qu’ ainsi dupe par ces discours faussement modérés, le pays acceptera la séparation et renouvellera le mandat de la majorité qui 1 a votée , les élections une fois escamotées, la majorité jettera le masque et se montrera d’autant plus sectaiie qu’elle aura réussi. Alors la séparation apparaîtra dans toute sa rigueur; on ira jusqu’au bout de ses dispositions persécutrices et, comme M. Combes l’annonçait dans le discours prononcé a Lyon, le 3 septembre 1905, on fera subir à la loi toutes les modifications jugées nécessaires. La fausse modération aura préparé les kvoies a la persécution, comme M.. Waldeck-Rousseau a passe la main a M. Combes.

Voilà le calcul grossier qu’il laut dénoncer ! Avant les élections, il faut mettre en garde le peuple contre une duperie dont il a été déjà victime en 1902

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