‹ La séparation et les électionsChapitre 55 sur 146 · Antliyme-Saint-Paul. L 'Univers du 30 mars · texte numérisé non relu

Antliyme-Saint-Paul. L 'Univers du 30 mars

1 i tés s’en servaient pour des assemblées profanes, c’était avec leur permission spéciale. Si les corporations y venaient à certains jours, c’était pour y prier, en célébrant la solennité de leurs patrons ou les fêtes prescrites par leurs statuts. L’autorité religieuse restait toujours libre d’interdire dans ces églises les ingérences laïques qu’elle avait cru pouvoir quelque temps tolérer. Ce qui le prouve c’est un fait que M. Paul Constans a cité, sans le comprendre, parce qu’il va directement à l’encontre de sa thèse. L’abbé de Cluny, Raymond de Villeneuve, coiwoqua un jour les jurés et notables de la ville et leur dit : « Nous avons cru qu’il était bon de vous faire savoir que nous ne saurions admettre plus longtemps dans l’église des marchands ambulants, des réunions profanes autres que celles qui sont indiquées dans les actes de nos prédécesseurs , à certaines occasions, ou sur permission spéciale de l’évêque. » Il est d’ailleurs admis que si, à partir d’un certain moment, les porches furent fermés, ce lut précisément pour écarter des églises toute réunion profane et conserver à « la maison de Dieu » son caractère strictement religieux.

La destination des églises 1 mais elle est marquée par ce fait que, sans vandalisme, on ne peut les faire servir qu’au culte catholique. Allez visiter ces anciennes églises que les usurpations de la force ont transformées en temples protestants, Saint-

Pierre de Genève, les cathédrales de Lausanne et de Bâle, Saint-Laurent de Nuremberg, et vous aurez l’impression que le culte protestant n’a pas pu s’adapter à ces monuments qui n’étaient pas faits pour lui. Vous chercherez dans l’abside désolée l’autel disparu et vous trouverez que, sans lui, auquel elle servait de cadre, elle n’a plus de raison d’être. Les collatéraux et le déambulatoire avaient été faits pour permettre aux cortèges et aux processions de se dérouler dans l’intérieur de l’édifice; de quelle utilité sont-ils à une assemblée assise dans ses bancs pour entendre le prêche?

En désaffectant les églises, on leur a fait perdre toute leur valeur; tant il est vrai qu’elles tirent tout leur prix et toute leur raison d’être de leur destination exclusivement religieuse. C’est un socialiste anticlérical, M. Augagneur, qui a eu la franchise de le reconnaître : « Elles ne sont utilisables que pour V usage auquel elles ont été destinées . On a voulu faire des musées dans quelques-unes : les plus belles sont des églises gothiques dans lesquelles l’absence de lumière interdira à tout jamais l’installation d’un musée quelconque... Il n’est pas de ville un peu ancienne, un peu importante, dans laquelle on ne trouve une grange ou un entrepôt qui fut jadis église ou chapelle. Sa valeur est à peu près nulle1. »

Page 1