Discours du 8 juin 1905. J. O., Cli. des dép., p
L’histoire de la Révolution nous montre que pour utiliser les églises que l’on venait de confisquer, on fut obligé de les dénaturer, de les mutiler. « On a fait des halles ou des marchés de Saint-
Etienne à Dijon, de Saint-Pierre à Sentis, de Sainte- Croix à London, du Vieux Saint-Sauveur à Caen, de Saint-Jean à Verneuil; des magasins militaires de Saint-Nicolas à Caen; une dépendance de la maison centrale de l’église abbatiale à Fontevrault; des théâtres de Saint-Aignan à Senlis et de Saint- Jean à Bagnères-de-Bigorre ; une école de Sain t- Mexine à Chinon; des musées de Saint-Didier à
Langres, de l’église dite Lamourguier à Narbonne, de l’Oratoire à Nantes L » Or il faut voir dans quel état ont été mises ces églises, à la suite de ces utilisations contre nature ! Des murs et des planchers ont le plus souvent coupé l’édifice, devenu ainsi méconnaissable et perdant toute valeur artistique; les vitraux ont été détruits ; les chapiteaux muti¬
lés ; les boiseries enlevées : une invasion de barbares n’eut pas mieux fait !
Le plus souvent d’ailleurs, on n’a pu utiliser dans ces édifices que les pierres, et on les a transformés en carrières. Ainsi sont tombés sous les coups des bandes noires de magnifiques monuments de l’art roman et de l’art gothique. « La basilique de Cluny, la plus vaste de l’Occident,