‹ La séparation et les électionsChapitre 90 sur 146 · SÉPARATION A N T I D É M O C R A T I Q U E · texte numérisé non relu

SÉPARATION A N T I D É M O C R A T I Q U E

libéralités les pratiques religieuses des pauvres, c’est donner à leur fortune, un pouvoir excessif et parfois tyrannique. C’est faire œuore antidémocratique.

En retirant aux fabriques et aux menses les fondations charitables et scolaires qu’elles administraient, la loi de Séparation a encore atteint les pauvres. Elle leur enlève d’abord un grand nombre de secours qui leur viennent par l’intermédiaire du curé. Or que de misères intéressantes sont ainsi soulagées! Ce sont des familles momentanément nécessiteuses qui n’oseraient jamais frapper aux portes du bureau de bienfaisance ; ce sont des pauvres honteux qui, après avoir connu une honnête aisance, se condamneraient à la faim plutôt que de tendre la main à la charité publique. Les uns et les autres reçoivent avec reconnaissance l’assistance délicate et discrète de l’Église.

Ces fondations ainsi supprimées personne 11e songera à les reconstituer au profit de la bienfaisance officielle. Le mobile qui les avait provoqués était d’ordre religieux ; la charité religieuse étant proscrite, ce mobile disparaîtra et avec lui les libéralités qu’il avait inspirées. Les catholiques avaient confiance dans le ministère charitable du clergé; ils n’en ont aucune dans celui des Loges. Aussi retiendront-ils les libéralités que la loi leur interdit de faire passer par le canal de l’Eglise; et ainsi, les pauvres se trouvent dépouillés par une loi an-

tidémocratique des secours considérables qu'ils puisaient dans la charité chrétienne.

Quant aux fondations scolaires, ce n’est un mystère pour personne qu’elles profitent aux enfants du peuple. Qu’un curé découvre, parmi ses servants de messe, une intelligence vive unie à une réelle piété, lia aussitôt le désir de favoriser de tout son pouvoir les études secondaires d’un enfant si bien doué et grâce aux rentes établies en faveur des petits séminaires, il le fait admettre dans une de ces maisons, à d’excellentes conditions. Que de personnes qui se sont fait un nom, ont trouvé dans ces fondations le moyen de se préparer à d’honorables carrières dans la vie civile comme dans le clergé ! Il ne faudrait pas même chercher beaucoup pour en trouver jusque dans les rangs de la majorité sectaire et ce n’est pas sans indignation que l’on voit certains députés confisquer ces biens qui ont secouru leur jeunesse, et détruire ainsi le nid qui les a abrités *.

Ainsi, de quelque côté qu’on l’envisage, la loi de Séparation est dirigée contre les pamvres autant que contre l’Eglise. Gela ne doit pas nous étonner. Quoi qu’en disent des sectaires peu au courant de l’histoire, la vie du catholicisme s’est confondue avec

1. Parmi ces ingrats bénéficiaires des fondations religieuses, on cite tout particulièrement M. Dumont, député anticlérical du Jura, l’un des plus farouches partisans de la Séparation.

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