DE LA
Revue Bleue (articles de M. Lucien Maury).
Revue de Droit international et de Législation comparée
(articles de M. Aubert : Tomes XXVII, p. 529 et XXVIII,
Revue du Droit public et de la Science politique. Revue générale de Droit international public (article de
M. Schefer, tome VI, p. 267).
Zukunft (articles de N. Getz, 1894).
Journal « Le Temps » (articles de M. René Puaux). Journal « Le Times » (articles de M. Sven Hedin).
La Crise Scandinave.
Le 7 juin 1905, les représentants du peuple norvégien envoyaient au roi de Suède et de Norvège, Oscar II, une adresse où ils déclaraient que l'union établie en 1814 entre la Suède et la Norvège était dissoute :
« L'union établie en 1814, disaient-ils, a été, dès les premiers jours, comprise différemment par les deux peuples. Les Suédois se sont efforcés d'étendre la communauté qu'elle créait, tandis que les Norvégiens voulaient s'en tenir à la lettre du Rigsakt et conserver aux deux pays, pour les affaires que cette charte ne considérait pas comme affaires de l'union, leur autorité propre. » Pour comprendre les événements de l'année dernière, pour dégager les conséquences qu'ils pourront avoir pour l'avenir de la Scandinavie, il ne suffira donc pas d'étudier leur cause immédiate, la question des consulats, qui, de l'aveu des Norvégiens eux-mêmes, n'a été que le prétexte de la rupture entre les deux pays ; il nous faudra interroger l'histoire, examiner dans quelles conditions l'acte d'union est intervenu, quels en
sont les caractères, quelles sont les diverses interprétations qui en ont été données dans chacun des deux pays. En remontant ainsi dans le passé, il nous sera facile de voir que les difficultés incessantes qui devaient finalement aboutir à la rupture ne sont point nées seulement d'une interprétation diverse des textes, mais bien de l'incompatibilité d'existence de deux nations, ayant des mœurs, des coutumes, des aspirations, des traditions historiques différentes, et prêtes, l'une et l'autre, à sacrifier leurs intérêts les plus essentiels à leur esprit particulariste et à leur amour-propre national.