AVANT-PROPOS
Jusque vers la fin du xvm e siècle, la France eut une religion d'État, c'est-à-dire une religion si intimement associée à l'existence de la monarchie, qu'il fallait la professer pour être Français; elle présidait aux actes les plus importants de la vie sociale, aucun autre culte que le sien ne pouvait être exercé publiquement, et l'Église de France, empreinte comme la royauté d'un caractère vraiment national, semblait une des institutions primordiales, essentielles, de notre pays.
Comment le catholicisme vit-il peu à peu restreindre son empire et fut-il séparé de l'État auquel il était lié depuis tant de siècles? Quelles furent les causes et le caractère de la crise qui le détrôna? Quelle part l'incrédulité eut-elle dans cette révo-