Documents inédits du P. Theiner, p. 42 i
2. Lettres du 20 février et du 13 mars. — Sur vingt-quatre ecclésiastiques qui faisaient partie de l'Assemblée électorale de Paris, en décembre 1790, vingt prêtèrent le serment, un le refusa; nous ne sommes pas renseigné sur les trois autres.
3. Voir le compte rendu de Cahier de Gerville, ministre de rintérieur, 15 février 1791, dont l'assemblée, à l'unanimité moins quatre voix, ordonna l'impression : « On était préparé à la résistance des évèques (contre le décret du 27 novembre sur les serments), et personne n'en fut étonné; mais on ne pensait pas que les curés partageassent cette résistance. »
serment » fit entrevoir « à des gens d'esprit » un écueil contre lequel la Constitution échouerait 1 .
Cette crainte était mieux fondée que ne le pensait M" e Roland. L'Assemblée avait fait une faute ; elle eût dû comprendre que les serments prêtés ne seraient pas une garantie sérieuse et que les serments refusés entraîneraient à des mesures rigoureuses contre des prêtres heureux de se poser en victimes.
Vainement une pension de cinq cents livres fut accordée aux curés remplacés pour refus de serment (8 février 1791); vainement Talleyrand, dans un rapport fait au nom de comité de constitution, exposa, le 7 mai, que le simple refus de serment n'avait d'autre conséquence que de rendre inhabile à exercer au nom de la nation les fonctions ecclésiastiques rétribuées par elle. Les réfractaires n'en réussirent pas moins à passer pour des martyrs de la foi. Us persuadèrent à beaucoup de personnes que le serment impliquait une véritable infidélité à la religion, une sorte d'apostasie. Des prêtres faibles, d'esprit étroit, déjà refroidis par le rejet de la motion de Dom Gerle et pressentant des pas encore plus décisifs vers la liberté, se laissèrent effrayer par la crainte de passer pour schismatiques, de favoriser les progrès de l'esprit moderne; ils